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Le tabac, premier ennemi du cœur des femmes

[ Publié le 11 octobre 2017 ]

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Quel est le facteur de risque cardiovasculaire qui est sans seuil ni d'intensité ni de durée de consommation, qui est le plus impliqué dans les accidents et décès cardiovasculaires précoces, qui entraîne un plus haut risque cardiovasculaire chez la femme que chez l'homme, dont la correction donne le bénéfice cardiovasculaire le plus important, qui permet d'éviter le plus d'accidents et de décès prématurés et qui a le plus progressé en France chez la femme ? Réponse : le tabagisme ! Alors il est urgent de tordre le cou aux 11 idées reçues suivantes.

 


En France, la première cause de décès des femmes est le cancer du sein.

Faux : actuellement, les maladies cardiovasculaires sont la première cause de décès des femmes en France suivant les dernières données disponibles (CépiDc) datant de 2014 :

  • maladies cardiaques (24 223 décès, 9%),
  • maladies cérébro-vasculaires (18 214 décès, 7%),
  • autres maladies vasculaires (17197 décès, 6%),
  • maladie coronaire (13 666 décès, 5%)
  • cancers du sein (11 946 décès, 4,4%)

 

Faire un accident cardiovasculaire, c'est la faute à pas de chance.

Faux : 9 facteurs expliquent 90% des cas d'infarctus du myocarde : 6 sont des facteurs de risque (cholestérol, tabac, hypertension artérielle, diabète, obésité abdominale et risques psycho-sociaux) et 3 sont des facteurs protecteurs (consommation de fruits et de légumes, activité physique et consommation modérée d'alcool).

 

Ne fumer que 3 cigarettes par jour n'entraîne pas de risque cardiovasculaire.

Faux : il n'est pas nécessaire de fumer beaucoup pour faire un accident cardiovasculaire (ACV). Les mécanismes mis en cause par le tabac pour faire un ACV sont dominés par la thrombose et le spasme, véritables starters des syndromes coronaires aigus. Par rapport à un sujet non fumeur et non exposé au tabac, un fumeur passif augmente de 30% son risque de faire un ACV et un fumeur léger (1 à 5 cigarettes par jour) de 30 à 50%.

 

Chez les femmes, fumer 3 à 5 cigarettes par jour est moins dangereux que chez les hommes.

Faux : le risque relatif d'infarctus du myocarde (IDM) est à un niveau plus faible de consommation chez la femme que chez l'homme. L'étude "Copenhagen City Heart" a montré que le risque relatif d'IDM était de 2,14 pour les femmes qui ne fument que 3 à 5 cigarette par jour alors que pour la même consommation chez les hommes ce risque n'est que de 1,03. Chez les hommes, le risque relatif est de 2,1 pour une consommation de 6 à 9 cigarettes par jour.

 

Le tabac est surtout responsable des IDM de plus de 50 ans.

Faux : le tabagisme est responsable quasi exclusif des IDM précoces des hommes et des femmes. Dans le registre français ALLIANCE qui rassemble 6448 IDM, les IDM de moins 50 ans sont dans 70 à 80% des cas (quelque soit le sexe) liés directement au tabac. Quant aux accidents vasculaires cérébraux (AVC), le tabagisme y est retrouvé chez 58% des patients de moins de 55 ans. 

Le tabac est la première cause de décès prématurée évitable, il est responsable de plus de 75 000 décès par an.

Chez les plus de 75 ans, le facteur de risque d'IDM majoritaire est l'hypertension artérielle. 

 

Le risque relatif d'IDM lié au tabac est plus élevé chez l'homme jeune.

Faux : dans une méta-analyse rassemblant 8 études prospectives (192 067 femmes et 74 720 hommes âgés de 40 à 89 ans), il a été montré que le risque relatif de maladie coronaire lié au tabac est de 8 chez les femmes âgées de 40 à 49 ans et de 5 chez les hommes du même âge. Le risque relatif d'IDM est donc plus important chez la femme jeune.

 

La fraction de maladie coronaire attribuable au tabac est plus importante chez l'homme.

Faux : chez les femmes fumeuses, la fraction de maladie coronaire attribuable au tabagisme est toujours supérieure ou égale à 70% quel que soit l'âge. Chez les hommes fumeurs cette fraction attribuable n'est que supérieure ou égale qu'à 50%. Une méta-analyse de 19 études de cohorte a montré que le risque relatif de maladie coronaire est augmenté de 25% chez les fumeuses par rapport aux fumeurs.

 

Les femmes jeunes font moins d'IDM.

Faux : en France entre 2002 et 2008, il a été observé une augmentation significative de l'incidence annuelle des hospitalisations pour IDM uniquement chez les femmes jeunes (âgées de 35 à 54 ans) alors que chez les hommes cette incidence diminue quel que soit l'âge. Entre 2008 et 2013, l'incidence annuelle des hospitalisations pour IDM a été significativement plus élevée chez les femmes entre 35 et 64 ans. Ces tendances défavorables pour les femmes jeunes sont liées au tabagisme, elles touchent 30% des femmes de 20 à 50 ans en 2014.

 

Par rapport aux femmes du même âge, les hommes jeunes sont plus à risque de décéder d'AVC.

Faux : le risque relatif (RR) de mourir d'un AVC est plus élevé chez les jeunes (30 à 59 ans) et chez les femmes jeunes par rapport aux hommes du même âge. Pour la tranche d'âge de 30 à 44 ans le RR est de 3,12 pour les hommes et de 4,61 pour les femmes et pour la tranche d'âge de 45 à 59 ans il est de 3,12 pour les hommes et de 4,61 pour les femmes.

 

Plus une femme arrête tôt de fumer moins elle meurt de maladie coronaire.

Vrai : Une étude de cohorte de 1,2 millions de femmes (20% de fumeuses, 28% d'ex-fumeuses et 52% de non fumeuses) suivies en moyenne 12 ans a montré que, par rapport aux non fumeuses, le risque relatif de décéder d'une maladie coronaire était de 6,66 pour les fumeuses de moins de 60 ans, de 4,79 pour celles de 60 à 69 ans et de 3,30 pour celles de 70 ans et plus.

Dans cette étude, le fait d'arrêter de fumer avant 40 ans élimine 90% du risque et avant 30 ans presque 100% du risque.

 

Quel que soit le sexe, en cas de cumul des facteurs de risque, les risques respectifs s'additionnent.

Faux : en cas de cumul des facteurs de risque cardiovasculaire, les risques respectifs de chaque facteur ne s'additionnent pas, ils se multiplient.

Le risque relatif d'IDM pour le tabac est de 2.9, pour le diabète de 2.4, pour l'hypertension artérielle (HTA) de 1.9, pour le cholestérol de 3.3.

En cas de cumul du tabac, du diabète et de l'HTA, le risque relatif est alors de 13.

En cas de cumul du tabac, du diabète, de l'HTA et du cholestérol il est de 42.3.

A ces 4 facteurs de risque, si vous ajoutez l'obésité et les risques psycho-sociaux le RR est alors de 333.7.

 

L’arrêt du tabac est donc un objectif prioritaire pour prévenir le risque cardiovasculaire en particulier chez les femmes. Chez celles-ci on note en France une forte augmentation du tabagisme en particulier chez les jeunes. L'impact cardiovasculaire du tabac est plus important chez les femmes que chez les hommes. Ce facteur de risque est dominant chez la femme jeune, il est sans seuil ni d'intensité ni de durée de consommation. Pour les fumeuses le bénéfice cardiovasculaire d'un sevrage le plus précoce possible est majeur !

 

Pour en savoir plus :



NOTRE EXPERT

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  • Hervé Gallois, cardiologue

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