Mon compte

Pas encore de compte ?  Créer un compte

Accueil > Toutes les actualités santé > Vaccins : encore trop d'idées reçues

Toutes les actualités santé

Vaccins : encore trop d'idées reçues

[ Publié le 20 janvier 2016 ]
Cliquez sur les visuels agrandir

Depuis plusieurs années, un mouvement de défiance vis-à-vis des vaccins s'est installé en France. En témoigne une couverture vaccinale contre certaines infections (grippe, papillomavirus) qui recule. A l'heure où le ministère de la Santé annonce un plan pour relancer la politique de la vaccination, nous faisons le point sur les idées reçues.

La plupart des vaccins sont inutiles car ils protègent de maladies qui ont disparu.

FAUX. Diphtérie, poliomyélite, tétanos… Autant de maladies dont on connaît le nom sans jamais les avoir rencontrées. Alors, à quoi bon s'en prémunir ? En réalité, si ces affections sont devenues rarissimes, « c'est parce qu'une couverture vaccinale élevée empêche leur réapparition », explique le Pr Daniel Floret, président du Comité technique des vaccinations. En d’autres termes, il suffirait d'arrêter de vacciner largement la population pour les voir émerger à nouveau. « Les pays qui ont arrêté brutalement la vaccination anti-diphtérie, comme lors de l’implosion du bloc soviétique par exemple, ont vu resurgir de grandes épidémies. »

 

Le vaccin contre l'hépatite B est responsable de cas de sclérose en plaques.

FAUX. C'est une idée tenace qui circule depuis les années 1990. « La France est l'un des seuls pays du monde dans lequel cette question continue d'être posée, constate le Pr Floret. Il existe pourtant un consensus scientifique international clair sur le sujet. » De fait, toutes les grandes études montrent qu'il est impossible d'établir un lien de causalité entre la vaccination contre l'hépatite B et les maladies dites « démyélinisantes », comme la sclérose en plaques. Quant aux rares travaux discordants, « ils sont entachés de biais méthodologiques et ne sauraient remettre en question les conclusions de toutes les agences sanitaires », en France comme à l'étranger.

 

Seuls trois vaccins sont obligatoires. Les autres ne sont donc pas vraiment utiles.

FAUX. « Le fait d'avoir en France certains vaccins obligatoires et d'autres seulement recommandés n'est pas cohérent, regrette le Pr Floret. Cela pourrait laisser croire que ces derniers ne sont pas nécessaires. » Or, les maladies contre lesquelles ils protègent peuvent se révéler gravissimes. C'est notamment le cas de la rougeole, qui réapparait depuis quelques années. « Depuis 2008, plus de 50 000 cas ont été enregistrés en France. Ils se sont traduits par 10 décès. La coqueluche peut provoquer de très graves détresses respiratoires, la rubéole chez la femme enceinte entraîne des malformations fœtales, l'hépatite B cause 1 000 morts par an… » Se vacciner contre ces maladies permet non seulement de s'en protéger individuellement, mais aussi d'éviter leur prolifération dans la population. C'est le côté altruiste des vaccins.

 

Le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole majore les risques d'autisme.

FAUX. C'est pourtant ce qu'affirmait une étude – réalisée sur seulement 12 patients –publiée en 1998 dans une prestigieuse revue scientifique, suscitant de vives inquiétudes. Quelques années plus tard, « il a été clairement établi que l'article ne constituait qu'une fraude scientifique, entachée de profondes irrégularités, dont l'auteur était en situation de conflit d'intérêt majeur. » L'étude a par la suite été retirée par la revue qui l'avait publiée et aucun des travaux menés depuis n'a pu établir de corrélation entre ce vaccin et l'autisme.

 

Les vaccins multivalents (qui protègent de plusieurs maladies en une seule injection) épuisent le système immunitaire des jeunes enfants et majorent les risques d'effets secondaires.

FAUX. « Le système immunitaire des enfants est équipé pour répondre à des stimulations bien plus importantes que tous les vaccins auxquels ils pourraient être soumis », assure Daniel Floret. Dans leur vie quotidienne, les enfants sont exposés à de multiples antigènes – des virus aux bactéries – qui sollicitent bien plus leur immunité que ne le font les vaccins. Les vaccins multivalents « n’ont été autorisés qu’après que les études aient démontré qu’ils avaient une efficacité équivalente à celle des vaccins administrés de manière individuelle, et qu’ils n'induisaient pas d'effets indésirables supplémentaires. Surtout, ils offrent l'avantage de diminuer le nombre total d'injections. »

 

Se vacciner contre la grippe ne permet pas d'être protégé à coup sûr et risque même de provoquer la maladie.

VRAI et FAUX. Les vaccins contre la grippe protègent contre 3 ou 4 virus différents. Il est vrai que leur efficacité n'est pas assurée. « Elle varie, selon les années, entre 40 et 85 % des personnes vaccinées, explique le Pr Floret. Mais même dans ces conditions, ces vaccins permettent de réduire sensiblement la probabilité d'être contaminé et évitent ainsi plusieurs milliers de morts par an. » La grippe n'a en effet rien d'un simple rhume. C'est une maladie dont les complications peuvent être redoutables, en particulier chez les personnes fragiles (sujets âgés ou atteints de maladies chroniques). Enfin, pas de crainte de développer la grippe à cause du vaccin : il s'agit d'un produit inactivé qui ne reproduit pas la maladie a minima, mais se contente de produire des anticorps protecteurs.

 

Vincent Delfau (Tribune Santé)

 

Le chiffre : trois

C'est le nombre de vaccins obligatoires en France dans la population générale : diphtérie, poliomyélite et tétanos (réunis dans un seul produit appelé DT-Polio). Les autres vaccinations inscrites au calendrier vaccinal n'ont qu'un caractère recommandé : rougeole, oreillons, rubéole, BCG, hépatite B, coqueluche, haemophilus influenzae de type b, pneumocoque, méningocoque C, papillomavirus, grippe. En Europe de l’Ouest, seules la France et l'Italie ont de telles obligations vaccinales.  

 

Un plan pour relancer la confiance

Le plan pour la rénovation de la politique vaccinale, présenté le 12 janvier par la ministre de la Santé, Marisol Touraine, vise à redonner confiance en la vaccination. Au programme notamment, la mise en place, tout au long de 2016, d'une vaste concertation citoyenne « pour comprendre et lever les inquiétudes », indique la ministre. En fin d'année, à l'issue de cette phase, un comité d'orientation formulera des conclusions. Marisol Touraine n'exclut pas alors la possibilité de lever l'obligation vaccinale, la cohabitation des vaccins obligatoires et facultatifs constituant « une source de confusion ». Autre mesure prévue dans le plan : obliger les industriels à mettre en place des programmes de gestion des pénuries via la constitution de stocks de vaccins et la mise en place de chaînes alternatives de fabrication. 

Mots-clefs : Prévention , Vaccin

Avec votre code Mutuelle, accédez en plus aux blogs santé réservés

S'INFORMER