Mon compte

Pas encore de compte ?  Créer un compte

Accueil > Toutes les actualités santé > Les Françaises toujours au top de leur santé ?

Toutes les actualités santé

Les Françaises toujours au top de leur santé ?

[ Publié le 7 mai 2014 ]
Cliquez sur les visuels agrandir

Même si les femmes ont davantage recours aux soins que les hommes et sont plus sensibles aux messages de prévention, elles ne sont pas épargnées par la maladie. Ainsi du cancer du poumon ou de l’accident vasculaire cérébral (AVC) qui gagnent du terrain. L’espérance de vie des Françaises est-elle pour autant menacée ? Pas si sûr.

En matière de santé, les femmes sont de loin le « sexe fort ». Championnes de la longévité, les Françaises voient toutefois leur espérance de vie en bonne santé stagner depuis quelques années. Depuis 2010, les femmes vivent en moyenne 85,3 ans (soit l’une des longévités les plus élevées en Europe), contre 78,2 ans pour les hommes (1). Mais les uns comme les autres vivent, à parité égale, environ 60 ans « sans incapacité », autrement dit sans être affectés par des maladies chroniques.

 

« On imaginait que l’espérance de vie sans incapacité allait augmenter, mais cela ne se produit pas, reconnaît le Pr Jean-Marie Robine, directeur de recherche à l’Inserm et professeur à l’Ecole pratique des hautes études (EPHE). Les hommes ont comblé leur retard et presque rejoint le niveau des femmes. Mais celles-ci continuent de vivre plus longtemps. »

 

A âge égal, les femmes déclarent cependant davantage de limitations fonctionnelles que les hommes. Ces incapacités résultent en partie de conditions de travail pénibles au cours de leur vie professionnelle : travail de nuit, travail répétitif entraînant des troubles musculo-squelettiques (TMS), accidents du travail, etc. Les femmes se retrouvent également plus souvent en situation d’isolement du fait, notamment, de l’aptitude des hommes à se remettre plus facilement en couple après une rupture, mais aussi de leur espérance de vie, plus courte.

 

Trois fois plus de cancers du poumon

Malgré les progrès indéniables de la médecine (vaccination, dépistage, meilleure prise en charge des accouchements, etc.), la santé des femmes donne l’impression de décliner. Ainsi du cancer du sein, l’un des cancers les plus fréquents en France et la première cause de décès par cancer chez la femme. « Même s’ils sont découverts à un stade plus précoce, le cancer du sein (fatal à 522 000 femmes en 2012) et du col de l’utérus sont toujours en augmentation, note le Dr Nasrine Callet, gynécologue-oncologue à l’Institut Curie (Paris). Et en ce qui concerne le cancer du poumon et les accidents cardiovasculaires, la courbe de mortalité rejoint indéniablement celle des hommes. Tout cela est dû, pour une grande part, à la hausse du tabagisme chez des femmes de plus en plus jeunes. » Chez la femme, l’incidence du cancer du poumon a triplé au cours de ces vingt dernières années. En 2015, il tuera plus de femmes en Europe que le cancer du sein.

 

Autre donnée préoccupante, la surexposition des femmes aux risques psychosociaux. Davantage concernées par la précarité que les hommes, elles sont fréquemment victimes d’anxiété, de dépression, de stress et de surmenage, des états potentiellement délétères pour la santé. Ils pourraient expliquer, en partie, le nombre croissant d’accidents vasculaires cérébraux chez les femmes, même si le vieillissement reste le principal facteur de risque. En France, l’AVC représente la première cause de mortalité féminine, la troisième chez les hommes. Faut-il pour autant en déduire que les femmes se portent moins bien qu’auparavant ?

 

« En réalité, on a la sensation que leur santé se détériore car elles sont plus vigilantes que les hommes, nuance le Pr Jean-Marie Robine. Elles ont une vraie connaissance de la santé et consultent plus facilement quand elles ne vont pas bien. Il y a donc plus de risques pour que les femmes, même si elles sont en meilleur état de santé que les hommes, se déclarent en moins bonne forme qu’eux. »

 

Une meilleure résistance

L’heure n’est pas encore venue de s’inquiéter pour la santé des femmes en France. « Il n’y a pas de marqueur qui montre que la santé des femmes se dégrade, souligne le Pr Robine. Il est vrai que les femmes se plaignent d’être stressées, fatiguées. Elles se sentent en moins bonne forme qu’il y a cinquante ans, mais cela ne les empêche pas de vivre plus longtemps. » Avec ce que cela implique de complications liées à l’âge. De par leur longévité, les femmes sont effectivement en première ligne.

 

« Les cancers sont nombreux, les maladies cognitives et neurologiques aussi, précise le Dr Nasrine Callet. Mais aujourd’hui, l’âge n’est plus une barrière : on peut traiter des femmes de 80 ans de la même manière que des femmes de 40 ans. Elles vieillissent mieux que les hommes, mais au prix de traitements plus lourds. » Contrairement à ces derniers, les femmes ont, en effet, une plus grande capacité à survivre à des états de santé dégradés. « Face aux incapacités, les hommes veulent continuer à avoir le même rythme, analyse le Pr Jean-Marie Robine. Les femmes, elles, s’ajustent en changeant d’activité, en recourant aux soins etc. En clair, elles mettent en place des modalités de survie. »

 

Enfin, l’attention des Françaises à la prévention reste inchangée et, en tout cas, toujours plus aiguë que chez le sexe dit fort. Vaccination, dépistage, nutrition, activité physique… Les femmes sont même plus attentives qu’auparavant à leur santé, ainsi qu’à celle de leurs enfants. Pas prêtes, autrement dit, de lâcher la corde.

 

Ariane Langlois (Tribune Santé)

 


(1) Source Institut national des études démographiques (Ined) : www.ined.fr

Maladies cardiaques : les femmes mal diagnostiquées

Pourquoi le taux de mortalité par infarctus est-il plus élevé chez les femmes que chez les hommes ? Intrigués par ce constat, des chercheurs de l’Université McGill de Montréal (Canada) ont mené l’enquête. Selon les conclusions de leur étude, publiée dans le Journal de l’Association médicale canadienne, cela tiendrait au fait que les femmes sont encore trop souvent victimes de mauvais diagnostics. Dans bien des cas, leur malaise est attribué – à tort – à une crise d’angoisse. Résultat, elles ne bénéficient pas rapidement des examens ou des soins appropriés (électrocardiogrammes, défibrillations), au contraire des hommes.

En savoir plus : www.cmaj.ca

Avec votre code Mutuelle, accédez en plus aux blogs santé réservés

S'INFORMER

CHOISIR

logo_3935_ColDroite



Cholestérol, hypertension : votre médecin vous conseille de perdre du poids.

Nos diététiciennes vous aident à modifier vos habitudes alimentaires !

En savoir plus

ECHANGER