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Troubles visuels chez l'enfant : savoir les reconnaître

[ Publié le 7 février 2014 ]
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Les troubles visuels de l’enfant sont relativement fréquents. Parfois difficiles à repérer, ils doivent cependant être traités vite. Panorama des signes qui doivent alerter les parents.

« Sur 750 000 enfants qui naissent chaque année en France, 100 000 présentent ou présenteront un problème de vision », indique le Pr Claude Speeg-Schatz, chef de service d’ophtalmologie au CHRU de Strasbourg. Le plus souvent, il s’agit d’un trouble de la réfraction : myopie (vision floue de loin), hypermétropie (vision floue de près) ou astigmatisme (vision floue de loin et de près). Les strabismes sont également fréquents : « Ils constituent 30 % des troubles visuels de l’enfant ». S’y ajoutent les pathologies oculaires organiques qui, bien que plus rares, représentent tout de même 10 % des cas : cataracte congénitale, glaucome congénital, rétinoblastome… Autant d’affections qui, en dépit d’une gravité variable, peuvent être la cause d’une amblyopie, c’est-à-dire d’une baisse de la vision de l’œil atteint, dit alors « paresseux ».

 

Un dépistage précoce

Or il est important de détecter cette amblyopie le plus tôt possible. Sans un traitement précoce, elle peut en effet provoquer une perte irréversible de la vision binoculaire (en relief). Au-delà de 6 ou 7 ans, période qui correspond à la fin de la maturation du système visuel, il est trop tard pour agir !

 « Le dépistage doit être effectué avant l’âge de 2 ans et demi, voire avant 1 an pour les familles à risque », insiste le Pr Speeg-Schatz. Le carnet de santé prévoit bien un calendrier de dépistage comprenant 11 examens de la naissance jusqu’aux 14 à 18 ans de l’enfant. Mais ceux-ci ne sont « malheureusement pas toujours bien réalisés », estime la spécialiste. C’est là qu’interviennent les parents, dont le rôle est primordial pour repérer certains signes d’appel. En cas d’antécédents familiaux de strabisme ou de troubles de la réfraction importants, ou encore lorsque l’enfant est très prématuré, la plus grande vigilance s’impose.

En dehors de ces situations à risque, il faut également s’inquiéter en présence d’un enfant qui louche – quel que soit son âge – ou qui a de trop petits ou de trop grands yeux. Ces derniers peuvent révéler une « mégalocornée » ou un glaucome, surtout lorsqu’ils larmoient. Quant à un reflet blanc dans le noir de la pupille, il est le signe d’un rétinoblastome ou, plus fréquemment, d’une cataracte.

De même, un regard inexpressif, des clignements des yeux, plissements ou frottements accompagnés de maux de tête, la fermeture d’un seul œil au soleil, des mouvements involontaires des globes oculaires de droite à gauche (nystagmus), un torticolis… doivent alerter les parents.

 

Différentes prises en charge

Face à de tels symptômes, la consultation d’un ophtalmologiste est indispensable pour confirmer, ou non, l’existence d’un trouble visuel. Outre un bilan anatomique et des examens ophtalmologiques, le spécialiste pourra réaliser différents tests, notamment lorsque l’enfant ne maîtrise pas encore le langage. L’un d’eux consiste à placer un cache devant un œil, puis à observer comment l’enfant répond avec l’autre œil en fixant ou en suivant un objet. S’il ne voit pas bien d’un œil et que le bon est caché, il réagira en cherchant à retirer le cache, en criant ou en pleurant.

Le traitement de l’amblyopie fait appel au même procédé : le bon œil est caché de façon à stimuler celui qui ne fonctionne pas bien. Le port de lunettes permet de corriger les troubles de la réfraction. Enfin, dans le cas d’un strabisme, l’injection de toxine botulique est « très efficace pour relâcher les muscles oculomoteurs chez les tout-petits », affirme le Pr Solange Milazzo, ophtalmologiste au CHU d’Amiens. Le recours à la chirurgie n’intervenant qu’après l’âge de 2 ans et demi à 3 ans.

 Valérie Van Den Bos (Tribune Santé)

Maturation visuelle : du noir et blanc à la couleur

Quand l'enfant naît, il voit flou, uniquement de près, pas sur les côtés, et en noir et blanc. La vision est un système sensoriel qui a besoin d’être stimulé pour se développer. « Les premières années de vie sont essentielles, et en particulier la marche qui permet de stimuler la vision de loin », explique le Pr Solange Milazzo.

La maturation visuelle concerne tour à tour « la discrimination de l’espace environnant, la reconnaissance des visages, l’acuité visuelle, la sensibilité aux contrastes, le champ visuel, les couleurs, le relief ainsi que le fonctionnement réflexe et volontaire des muscles oculaires », précise le Pr Claude Speeg-Schatz. C’est ainsi que l’acuité visuelle, qui permet de discerner les détails, progresse de 1/20e à la naissance à 4/10e à 1 an et à 10/10e vers 4 ou 5 ans, pour culminer à l’adolescence.

La perception des couleurs se fait également progressivement, en commençant par le rouge que le nourrisson distingue à partir de 1 mois, puis le vert à 2 mois et, enfin, toutes les couleurs vers 4 mois. Mais la maturation totale n’est pas atteinte avant l’âge de 13 ou 14 ans.


Mot-clef : Oeil

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