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Trois questions au Docteur Denys Coester anesthésiste réanimateur, praticien en hypnose médicale : « Aujourd'hui, l'anesthésie est très sécurisée. »

[ Publié le 12 octobre 2015 ]

Le grand public connaît surtout les anesthésies locale, générale ou péridurale.

Existe-t-il d’autres façons d’anesthésier ?

Dr Denys Coester  - 

Les anesthésies locales, pratiquées directement sur la partie du corps à opérer, et les anesthésies locorégionales faites à distance, comme, par exemple, la péridurale, sont parfois associées à une sédation. C’est l’utilisation de produits sédatifs et/ou antidouleurs destinés à assurer le confort du patient et à faciliter les soins. Elle peut être associée à l’hypnose voire remplacée par celle-ci. L’hypnose permet d’utiliser des doses très légères de produits anesthésiants, voire aucun produit. Cette technique a été introduite en Europe dans les années 90 par Marie-Elisabeth Faymonville, professeure en anesthésie au CHU de Liège (Belgique) qui l’utilisait au bloc opératoire en association avec une sédation légère et une anesthésie locale. Elle a d’abord été pratiquée lors d’interventions sur la thyroïde et pour la chirurgie dite « de surface » (concernant la peau, la chirurgie esthétique…). Aujourd’hui, elle est aussi employée pour de la chirurgie plus profonde : ablation de tumeurs du sein, hernies inguinales (grosseur à l’aine), endoscopies…voire même cœlioscopies (chirurgie intra abdominale) de courte durée. Quant à l’acupuncture, elle n’est pas utilisée en France en anesthésie, alors qu’elle l’est dans cette application en Asie.

 

Ces techniques sont-elles moins invasives ?

Dr Denys Coester  - 

Oui, car elles permettent de diminuer de façon importante, voire de supprimer, l’utilisation des anesthésiques intraveineux. La récupération post-opératoire est plus rapide. Le stress du patient, moindre. Ainsi, seule ou avec une péridurale allégée, l’hypnose est notamment utilisée pour le traitement des douleurs aigües pendant l’accouchement. Aujourd’hui, la crainte d’un accident de péridurale est anecdotique et l’anesthésie est très sécurisée. D’une façon générale, l’hypnose ne doit pas être considérée comme une alternative, mais comme un complément à l’anesthésie. Elle est pratiquée au bloc opératoire par un anesthésiste qui peut passer immédiatement à l’anesthésie générale si l’état du patient le nécessite.

 

Quelles sont les nouveautés en matière d’anesthésie ?

Dr Denys Coester  - 

Il existe à la fois des drogues à élimination rapide et de nouvelles techniques. Côté drogues, l’anesthésie et l’analgésie (action contre la douleur) multimodales sont utilisées couramment dans toutes les interventions potentiellement douloureuses avec différents traitements antalgiques comme la kératine ou le clonidine permettant la diminution de la morphine. Côté techniques, l’indice bispectral consiste en la pose d’une électrode placée au niveau du cerveau permettant de doser l’anesthésie selon la réponse cérébrale. L’AIVOC (Anesthésie Intraveineuse à Objectif de Concentration) est le pilotage par un logiciel de l’utilisation d’une drogue selon l’âge, le sexe et le poids du patient pour lui administrer la dose avec l’effet désiré. Enfin, l’échographie sert à repérer les nerfs sous-cutanés ce qui facilite leur « endormissement » précis. Le praticien adapte ainsi aisément la dose du produit anesthésiant. Non invasive, cette technique, qui remplace peu à peu la stimulation électrique désagréable pour le patient, se pratique sans inconfort.

 

Propos recueillis par Nadine Allain

 

Mot-clef : Anesthésie

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