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Actualités santé

Sonia Lebreuilly : "Les jeunes redoutent le sida, mais ils savent en général peu de choses de la maladie"

[ Publié le 3 décembre 2013 ]

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Plus de trente ans après le début de l’épidémie de sida, la prévention contre la maladie est toujours indispensable, notamment auprès des plus jeunes. Sonia Lebreuilly, socio-sexologue et éducatrice en santé sexuelle, nous parle de la connaissance qu’en possèdent les ados aujourd’hui.

Comment les adolescents perçoivent-ils le sida ?

Sonia Lebreuilly  - 

Je rencontre régulièrement des élèves de classe de 3ème, de 14 ans environ, et le sida reste quelque chose de flou dans leur esprit. D’un côté, ils savent qu’il s’agit d’une maladie, que l’on peut en mourir et ils en ont assez peur. De l’autre, ils ne savent pas comment on peut être contaminé par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Certains pensent que l’on peut tomber malade en embrassant une personne infectée, ou en s’asseyant sur des toilettes contaminées… A cet âge, ils n’ont le plus souvent pas encore eu de rapport sexuel et ne se sentent pas concernés par le risque d’infection. C’est plutôt au moment du lycée que les jeunes ont leur premier rapport, et que des couples commencent à se former. A cet âge, une majorité d’entre eux a le réflexe du port du préservatif, que ce soit pour se protéger des infections sexuellement transmissibles ou d’une grossesse non désirée.

 

Que devez-vous leur apprendre ?

Sonia Lebreuilly  - 

Notre rôle est d’abord de leur dire qu’il existe trois voies de transmission du VIH : sexuelle, sanguine et maternelle. Les informer sur tous les modes de contaminations possibles, c’est leur permettre de se protéger efficacement du sida, et des autres infections sexuellement transmissibles telles que les hépatites B et C. Nous leur apprenons également les notions de base concernant ces maladies. Nombre d’entre eux ne savent pas que le VIH désigne le virus, et que le sida désigne le syndrome, qui peut survenir plusieurs années après l’infection. Nous leur parlons aussi de grossesse et de contraception. Toutefois, les informations qu’ils reçoivent à l’école ne représentent qu’un bagage minimum, l’éducation à la sexualité égalitaire étant insuffisante en France. Les adolescents n’en retirent souvent qu’un aspect préventif pour leur santé. En tant qu’éducateurs, il est indispensable d’étendre sur les aspects du désir, du plaisir, du respect…

 

Qui doit parler du sida à un adolescent, et comment le faire ?

Sonia Lebreuilly  - 

Si la loi prévoit 3 heures d’éducation à la sexualité par année scolaire dès la maternelle, dans les faits il y en a beaucoup moins, en raison du manque de moyens. Dans la plupart des cas, les établissements scolaires proposent des interventions en classes de 4ème ou de 3ème, puis parfois au lycée. Ces ateliers proposent principalement de la prévention et n’arrivent pas forcément au bon moment dans la vie des jeunes, qui ne se sentent pas toujours prêts à parler de sexe. Il ne faut donc pas hésiter, lorsque l’on est parents, à parler du sida et des sujets en lien avec la sexualité à son enfant lorsqu’il le souhaite. En parler tôt, avant le début de la vie sexuelle, permettra au jeune de s’affranchir de ses craintes liées à la santé au moment de l’acte. Si les parents ne se sentent pas capables d’aborder ces questions avec leur enfant, ils peuvent l’orienter vers un centre de planification ou d'éducation familiale, un infirmier scolaire, un médecin généraliste, un gynécologue…

 

Propos recueillis par Lucie Pehlivanian / © Citizen Press.

 

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