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Actualités santé

Dr Catherine Boiteux : "Pour aider un proche déprimé, il faut se montrer présent"

[ Publié le 25 mars 2015 ]

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Si les coups de blues font partie de la vie, il est souvent difficile de savoir comment réagir face à un proche déprimé. Le Dr Catherine Boiteux, psychiatre, nous donne les clés pour l’aider.

Comment reconnaître un proche qui déprime ?

Dr Catherine Boiteux  - 

Le signe le plus visible de la déprime et de la dépression, celui qui attire l'attention, est la tristesse. La dépression peut aussi se cacher derrière une irritabilité, une agressivité, une perte d'intérêt pour ses passe-temps, une difficulté à se concentrer... S’il est normal de se sentir triste suite aux épreuves de la vie, il faut veiller à ce que cette tristesse ne s'installe dans la durée et que le coup de cafard ne se transforme en dépression. Les épisodes de dépression peuvent survenir après un événement difficile : la perte d'un être cher, une rupture amoureuse... Ils peuvent aussi apparaître après un événement positif comme le mariage d'un enfant et son départ du foyer, ou après un grand changement tel qu’un déménagement. C’est la durée des symptômes qui différencie déprime et dépression. Ainsi, la déprime passagère ne dure que quelques jours ou semaines tout au plus. Elle « s'oublie » au cours de la journée : lors d'une soirée entre amis ou d’une séance de cinéma par exemple. La dépression se traduit au contraire par un état de tristesse continu et durable.

 

Comment aider un proche déprimé ?

Dr Catherine Boiteux  - 

En se montrant présent, même un peu plus qu’à l’habitude. Il ne faut pas rester en retrait en espérant que la personne règle son problème seule, mais au contraire, lui rendre plus souvent visite ou l'appeler. Il s'agit simplement de lui montrer que nous avons bien perçu sa souffrance, que cela nous touche et nous inquiète. La dépression ne doit pas être considérée comme une faiblesse ou banalisée. Le risque est le suicide et cela ne doit pas être tabou. Il faut au contraire amener son proche à en parler sans tarder. En pratique, on peut lui poser des questions, telles que : « As-tu des idées noires en ce moment ? ». Cela marque la gravité de la situation et montre que l'on est à son écoute. On peut aussi commencer à lui parler d'une aide professionnelle, de soins. C'est d'autant plus important que certaines personnes ne réalisent pas qu'elles vont mal et peuvent laisser la situation s'aggraver en l'ignorant.

 

Vers qui peut-on se tourner ?

Dr Catherine Boiteux  - 

On peut amener la personne à consulter son médecin traitant dans un premier temps, qui est souvent celui qui la connaît le mieux. Le médecin généraliste n'a pas forcément tous les outils pour traiter les troubles mentaux et pourra orienter la personne vers un psychiatre. Celui-ci conviendra alors avec la personne des soins adaptés à son état de santé et à son individualité. Une déprime passagère qui ne relève pas de soins médicaux, psychiatriques, peut aussi faire l’objet d’une démarche personnelle psychothérapeutique. Par ailleurs, lorsque l’un de nos proches souffre d’une dépression, on peut soi-même consulter un thérapeute si l'on en ressent le besoin. On peut aussi se rapprocher d'associations rassemblant des proches de patients, telles que l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam). Celles-ci proposent des lieux d’échange avec des personnes ayant vécu une situation similaire à la sienne, et fournissent des conseils, une écoute...

 

Propos recueillis par Lucie Pehlivanian / © Citizen Press.

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