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Actualités santé

Dominique Maurel : "De nombreux troubles psychiques se déclarent entre l'adolescence et le début de l'âge adulte"

[ Publié le 8 octobre 2014 ]

Trouble bipolaire, schizophrénie, anorexie, boulimie, addictions… Les troubles psychologiques surviennent le plus souvent durant la jeunesse. Si bien qu’il est parfois difficile de différencier un trouble débutant d’une simple crise d’adolescence. Dominique Maurel, psychologue du service écoute-famille de l'Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam), nous parle de cette période complexe à appréhender.

A quel moment de la vie des troubles psychiques peuvent-ils apparaître ?

Dominique Maurel  - 

En règle générale, les troubles psychotiques, tels que la schizophrénie ou les troubles bipolaires, se déclarent entre 15 et 25 ans. Ils peuvent également survenir plus tard, comme à la suite d’un événement émotionnellement fort : perte d’un être cher, licenciement… L’élément déclencheur révèle alors une fragilité qui existait déjà depuis plusieurs années, mais qui ne s’était pas manifestée, notamment grâce un rythme de vie stable. Les troubles du comportement alimentaire –anorexie mentale, boulimie- surviennent aussi le plus souvent à l’adolescence. En ce qui concerne la dépression, transitoire ou chronique, l'âge d'apparition est plus variable.

 

Comment repérer un trouble psychique chez l’un de nos proches ?

Dominique Maurel  - 

Lorsqu’il se met à avoir une conduite inhabituelle qui traduit un malaise, il y a une période plus ou moins longue durant laquelle nous ne comprenons pas ce qui se produit. Parfois, nous ne reconnaissons pas notre proche. Le signe d’alerte se traduit souvent par un comportement que l’on peut qualifier de "bizarre". Il tient des discours incohérents, délirants, se sent persécuté… Son comportement étrange se répète, et parfois les indices s’accumulent : échec scolaire, rupture avec les amis, isolement, refuge dans les jeux vidéos… La situation devient invalidante pour la personne, au point qu’il se prive de sommeil, qu’il ne partage plus de moments en famille, qu'il s'isole et se replie sur lui-même, qu’il ne parvienne plus à se rendre en cours ou au travail et qu'il s'installe dans une dynamique d'échec… S’il est jeune, les symptômes d’une pathologie peuvent se confondre, dans un premier temps, avec ceux d’une crise d’adolescence. C’est pourquoi le diagnostic est souvent posé avec du retard.

 

Comment réagir face à un proche souffrant d’un trouble psychique ?

Dominique Maurel  - 

En cas de doute, à partir du moment où l’on soupçonne une fragilité chez notre proche, il est important de l’inciter à consulter un médecin. Cela peut-être son médecin traitant dans un premier temps, puis un psychiatre ou un psychologue. Les centres médico-psychologiques, qui maillent le territoire, proposent également des soins adaptés pour les adultes et les enfants. Si la personne en souffrance se plaint de son état, il sera plus simple d’aborder avec elle la question d'une aide spécialisée. Si elle n’a pas conscience que son attitude pose problème, il ne faut surtout pas la braquer en lui assénant "tu es malade". On peut l’accompagner vers l’idée des soins en lui parlant de la souffrance que l’on perçoit chez elle, et en lui disant que des professionnels sauront prendre en charge cette douleur.

 

Propos recueillis par Lucie Pehlivanian / © Citizen Press.

 

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