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Actualités santé

Asthme et tabac : les liaisons dangereuses

[ Publié le 17 mai 2016 ]

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«Chez un enfant, le tabagisme passif multiplie par deux le risque d’asthme. »

Le tabagisme favorise-t-il la survenue de l’asthme et/ou l’aggrave-t-il ?

Philippe Arvers, addictologue  - 

L’asthme est une maladie caractérisée par une inflammation chronique des bronches et des bronchioles, ces fins conduits où circule l’air pour arriver aux poumons, qui rend la respiration difficile. Cette inflammation est favorisée par certaines substances toxiques irritantes (acroléines, dérivés du benzène…) se trouvant dans la fumée du tabac. On peut devenir asthmatique et/ou constater une aggravation de cette maladie parce que l’on fume soi-même, mais aussi à cause de la fumée de son entourage. Le fait d’aérer pendant une heure un appartement ou une voiture pour se donner bonne conscience ne suffit pas. La fumée du tabac est persistante bien au-delà. Le Plan anti-tabac présenté par la ministre de la Santé en septembre dernier prévoit notamment l’interdiction de fumer en voiture en présence d’enfants de moins de 12 ans. Une mesure extrêmement difficile à appliquer et…pourquoi protéger uniquement les enfants ? Il faudrait surtout que tout le monde comprenne que ne pas fumer, c’est non seulement préserver sa santé mais aussi respecter la santé des autres !

 

L’asthme est-il plus difficile à traiter chez un fumeur ?

Philippe Arvers, addictologue  - 

Son tabagisme diminue l’efficacité des traitements à base de corticoïdes chez un asthmatique continuant à fumer. En revanche, arrêter de fumer lui permettra de mieux contrôler son asthme. Moins fréquentes, les crises deviennent aussi moins intenses et le traitement est plus performant. Le médecin se sert d’un spiromètre pour mesurer la capacité pulmonaire. Chez un fumeur asthmatique, elle est diminuée : c’est l’obstruction bronchique. Toutefois, avec l’arrêt du tabac, elle va s’améliorer progressivement. La cigarette contient des goudrons engluant les cils tapissant les bronches. Quand on arrête le tabac, on ressent au début une irritation, voire une toux et l’ancien fumeur a tendance à considérer que son état ne s’arrange pas. En fait, ce phénomène signifie qu’avant, ses bronches étaient anesthésiées par les goudrons. L’arrêt du tabac les libèrent de ces goudrons. Les cils vont repousser. L’irritation disparaîtra peu à peu et l’ancien fumeur retrouvera le goût des aliments et l’odorat.

 

Les enfants sont-ils sujets à l’asthme lorsqu’ils grandissent dans un environnement pollué par la fumée du tabac ?

Philippe Arvers, addictologue  - 

Oui. Pour un enfant, le fait d’avoir été exposé dans le ventre de sa mère au tabagisme de celle-ci induit déjà un risque d’asthme. Qui est évidemment majoré si son père et ses autres proches fument aussi. Par rapport à un enfant évoluant dans une atmosphère saine, le risque d’asthme est multiplié par 1,5 à 2 chez le petit exposé au tabagisme passif in utero ou dans la petite enfance. Quand la famille est déjà atteinte d’asthme, il le multiplie par 2,6 ! Lorsqu’il y a à la fois tabagisme passif et antécédents familiaux, le risque est multiplié par 12 ! Pire, des études récentes montrent que le tabagisme des grands parents, voire des arrières grands parents peut aussi se traduire par de l’asthme pour un enfant. C’est la transmission intergénérationnelle. Il faudrait alerter à ce sujet les couples souhaitant devenir parents. Arrêter de fumer à deux est plus motivant et augmente la fécondité.

 

Propos recueillis par Nadine Allain

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