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Actualités santé

Annabelle Bétizeau : "Stress au travail : c'est un acte citoyen de ne pas laisser une personne se noyer !"

[ Publié le 10 avril 2015 ]

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De nombreux salariés se sentent aujourd’hui exposés au stress au travail. Mais s’agit-il d’une faiblesse de leur part ou de la réaction normale à une situation difficile ?

Annabelle Bétizeau  - 

Ce n’est jamais une faiblesse. Ce sont souvent des perfectionnistes, de « bons soldats » sans antécédents de troubles psychologiques. A un moment donné, ils subissent une surcharge de travail associée à un manque d’autonomie et de reconnaissance. Ils reçoivent des instructions contradictoires, sont victimes de maladresses de management, voire d’un véritable harcèlement moral. Compétition, mondialisation, perte de sens. La pression n’est jamais tarie. Souvent sans explication de leur encadrement. Ils se retrouvent alors en burn-out ou syndrome d’épuisement professionnel avec des symptômes multiples allant parfois jusqu’au malaise cardiaque : irritabilité, insomnies, problèmes de dos…Dans les ¾ des cas, l’organisation du travail est en cause.

 

A qui s’adresser ? Peut-on le faire à son responsable ?

Annabelle Bétizeau  - 

Le premier interlocuteur doit être le médecin du travail, tenu au secret médical. Mais un salarié se sentant fragilisé se méfiera. En outre, les médecins du travail n’ont pas tous été formés de la même façon sur l’accueil et la gestion du burn-out non encore reconnu officiellement comme une vraie maladie. Le DRH : il a l’obligation de veiller au respect des droits des salariés. Mais il peut éprouver des difficultés à juger la situation. Certains salariés camouflent leur souffrance. Le burn-out peut être dû à de mauvaises relations entre collègues, certains managers manquant d’autorité ne jouent pas le rôle de régulateur des équipes. Le CHSCT* : a été mis en place pour prévenir notamment les accidents du travail dans les métiers à risques. Ses membres doivent dénoncer les anomalies et agir auprès des dirigeants. Si l’entreprise veut mettre en œuvre une solution, elle doit le faire en partenariat avec le CHSCT. A noter qu’il y a encore peu de psychologues en entreprise, mais il existe parfois des cellules d’écoute. Quant à s’adresser à son responsable, si c’est lui le harceleur, c’est plus délicat. L’informer par mail ou par courrier recommandé de votre souffrance au travail risque d’être considéré comme une déclaration de guerre. Mais, sans trace écrite, en cas d’action devant les prud’hommes, l’employeur pourra toujours prétendre qu’il ne savait pas.

 

Peut-on ou doit-on intervenir quand on repère du stress chez un collègue ?

Annabelle Bétizeau  - 

C’est un acte citoyen de ne pas laisser une personne se noyer dans son stress. Même si elle est réticente, ses collègues ou son responsable peuvent lui dire : « tu ne peux pas continuer ainsi ». Certaines personnes ne pleurent jamais, mais il faut s’alerter d’une modification de comportement : changement de caractère, tenue devenue négligée, tics, alcoolisation…L’employeur ou ses collègues peuvent contacter le médecin du travail. Pour ne pas l’inquiéter inutilement, par délicatesse, celui-ci pourra convoquer le salarié sous un prétexte quelconque.

 

* CHSCT : Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail.


Propos recueillis par Nadine Allain

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