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Actualités santé

Accès aux soins des personnes en perte d'autonomie : trois questions à Pascale Stephan

[ Publié le 1 octobre 2015 ]

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L’accès aux soins est un droit fondamental. Pourtant, tous les citoyens n’en bénéficient pas équitablement. Pour les personnes en perte d’autonomie, passer une simple radio ou consulter un médecin peut relever du parcours du combattant. Pascale Stephan, responsable du Service de réadaptation et insertion sociale et professionnelle (Srisp) au Centre mutualiste de rééducation et de réadaptation fonctionnelles (CMRRF) de Kerpape en Bretagne, décrypte ce phénomène. Et propose des solutions pour améliorer la situation.

Quels sont les freins à l’accès aux soins pour les personnes en perte d’autonomie ?

Pascale Stephan  - 

Le premier frein, c’est l’accessibilité des lieux de soins. Une femme âgée en perte d’autonomie, par exemple, doit faire des mammographies comme toutes les femmes de plus de cinquante ans. Or, ce n’est pas facile lorsque le seul cabinet de radiologie du secteur n’est pas accessible en fauteuil roulant ! Bien souvent, la perte d’autonomie est aggravée par les pathologies ordinaires. Une simple tendinite devient un drame pour une personne en fauteuil, car elle ne peut tout simplement plus de déplacer ! Le problème est aussi culturel en France : notre médecine est plus curative que préventive. On gère les difficultés au moment où elles se posent ; on n’essaie pas forcément de les anticiper. Il faudrait changer cet état d’esprit.

 

Comment chacun peut-il agir pour faciliter cet accès aux soins ?

Pascale Stephan  - 

Au niveau législatif, les choses ont bien progressé depuis quelques années. La loi sur l’accessibilité de 2005, malgré ses retards de mise en œuvre, fait que les bâtiments qui accueillent du public sont globalement de plus en plus accessibles. Mais il faut être conscient que les difficultés d’accès aux soins ne sont pas les mêmes selon que l’on habite en zone rurale ou en zone urbaine. Etre en perte d’autonomie dans un « désert médical », c’est un double problème ! Il est d’autant plus important de repérer ces personnes, de les informer, de les orienter. C’est le rôle des centre communaux d’action sociale, des Espaces santé seniors qui « font remonter » les situations dont ils ont connaissance. L’alerte peut aussi être donnée par les auxiliaires de vie, les aidants familiaux, voire par les proches ou les voisins. Encore faut-il qu’ils soient sensibilisés à la question, formés pour avoir les bons réflexes et délivrer la bonne information. Il y a un aspect sociétal dans la perte d’autonomie qui appelle une nécessaire solidarité.

 

Quel est le rôle des professionnels de santé ?

Pascale Stephan  - 

Il est fondamental ! Lorsqu’ils reçoivent une personne âgée qui souffre d’une pathologie quelconque, ils sont les mieux placés pour évaluer s’il y a un risque de perte d’autonomie. Un dentiste, une infirmière peuvent aussi servir de relais vers les services sociaux : encore faut-il songer à le faire… Il y a également de nombreuses initiatives locales qui mériteraient d’être généralisées. Au Centre de Kerpape, nous avons créé des équipes mobiles de médecine physique et de réadaptation . Elles interviennent à domicile, sur demande du médecin traitant, et évaluent la situation de la personne dans sa globalité. Parfois, il suffit d’adapter les soins pour éviter une hospitalisation. L’objectif est d’agir avant que la perte d’autonomie ne devienne ingérable.

 

Propos recueillis par Cédric Portal

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