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Résistance aux antibiotiques : faut-il s'inquiéter ?

[ Publié le 15 novembre 2017 ]

Depuis le début des années 2000, des campagnes nous sensibilisent à la nécessité de diminuer la consommation des antibiotiques. Excessive, elle entraîne parfois une antibiorésistance, c’est-à-dire une défense des bactéries contre ces médicaments qui peut se révéler préoccupante.

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Dès le milieu des années 1990, les chercheurs ont alerté sur ce phénomène qui ne cesse de s’amplifier au point qu’en avril 2014 l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) indiquait dans son premier rapport mondial sur la résistance aux antibiotiques : « Cette grave menace n’est plus une prévision, mais bien une réalité dans chaque région du monde. »

 




Des médicaments qui deviennent inefficaces

Les antibiotiques ont sauvé des millions de vies depuis la Seconde Guerre mondiale. Il en existe plusieurs familles (pénicilline, sulfamides, érythromycine, etc.). Efficaces sur les bactéries qu’ils tuent ou neutralisent, ils ont diminué la mortalité par des maladies infectieuses comme la tuberculose, la pneumonie ou la septicémie.

Quelques années après l’introduction de chaque famille d’antibiotiques, sont apparus chez ces bactéries des systèmes de défense : par mutation ou le plus souvent par échange de gènes avec d’autres bactéries (y compris non pathogènes qui vivent dans notre organisme), elles deviennent résistantes à une famille d’antibiotiques ou à plusieurs.

Leur utilisation extrêmement large, répétée et parfois mal dosée a étendu ce phénomène, d’autant plus que les humains ne sont pas les seuls consommateurs : selon l’OMS, 50 % des antibiotiques sont destinés aux animaux d’élevage à qui on les administre systématiquement dans certains pays comme les Etats-Unis pour favoriser leur croissance. L’humain peut recevoir ces bactéries résistantes issues des élevages, soit directement soit par son alimentation. Le rejet d’antibiotiques dans l’environnement participe aussi aux développements de bactéries multirésistantes (BMR).

 

Des enjeux collectifs et individuels

Des souches deviennent résistantes à plusieurs antibiotiques, parfois à tous. Dans ce dernier cas, on parle de toto-résistance, une situation rare mais en progression, particulièrement préoccupante puisqu’elle aboutit à une impasse thérapeutique – le corps médical n’a alors plus de solution pour soigner le patient.

Ce phénomène des antibiorésistances est mondial. En Europe, il est bien plus faible dans les pays du Nord (1% en Norvège et en Suède) que dans les pays du Sud (plus de 25 % en Espagne, en Italie, en Grèce et au Portugal). C’est chaque année 25 000 personnes qui décèdent en Europe à cause de ces BMR. Aux Etats-Unis, les chiffres de mortalité sont similaires.

Malgré des campagnes de sensibilisation, la France continue d’avoir un niveau de consommation d’antibiotiques anormalement élevé, deux fois supérieur à celles de l’Allemagne et de l’Angleterre.

 

Des solutions issues de la recherche... et de chacun

Paradoxalement une solution est de créer de nouveaux antibiotiques efficaces sur les BMR en veillant désormais davantage à l’apparition de résistances. La phagothérapie représente une autre piste qu’explorent actuellement les scientifiques ; découverts en 1917, des virus appelés phages détruisent des bactéries spécifiques.

Au niveau individuel, chacun doit s’efforcer de moins consommer d’antibiotiques. Rappelons qu’ils ne sont pas efficaces en cas d’infection virale (grippe, rhino-pharyngite, la majorité des angines, etc.). Ils doivent également être mieux pris, sans surdosage, ni sous-dosage (on arrête le traitement avant le terme prescrit par le médecin parce qu’on va mieux), ni automédication (on reprend les comprimés prescrits précédemment pour soi ou un proche parce que les symptômes sont identiques). Enfin s’il reste des médicaments une fois le traitement terminé, il faut les ramener chez le pharmacien et ne pas les jeter à la poubelle, encore moins dans l’évier ou les toilettes, afin de ne pas les répandre dans l’environnement.

Par ailleurs, à la source, l’hygiène reste le meilleur moyen pour éviter les infections et donc le recours aux antibiotiques, ce qui commence par un lavage des mains fréquent et en particulier systématique lorsqu’on sort des toilettes. Dans le même ordre d’idée, les vaccinations contre des maladies bactériennes empêchent qu’elles surviennent et donc réduisent le risque de se trouver face à une antibiorésistance pour les traiter.       

 

Corinne Renou-Nativel

Mots-clefs : Antibiotique , Médicament

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