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Actualités santé

Le conseiller médical en environnement intérieur (CMEI)

[ Publié le 28 septembre 2017 ]

Métier récent, le conseiller médical en environnement intérieur (CMEI) intervient à domicile pour évaluer les facteurs de troubles respiratoires et sensibilise lors d’interventions collectives. Présentation de ces missions par Catherine Motte, conseillère médicale en environnement intérieur à Clermont-Ferrand.

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- Quel est le rôle du conseiller médical en environnement intérieur (CMEI) ?

Catherine Motte - Nous sommes formés pour rechercher des sources de polluants dans les lieux de vie des patients atteints de maladie respiratoire : l’habitation, l’école et les lieux de garde pour les enfants, les lieux de travail. Nous conseillons aussi le patient ou l’entourage de l’enfant pour améliorer la qualité de l’air lorsqu’il est exposé à des situations et produits nocifs pour sa santé. Des appareils permettent de mesurer la présence de polluants, mais aussi de les mettre en évidence de façon pédagogique, visuelle. Le cœur de cible du métier est l’enfant asthmatique. 30 % des personnes nées après 1980 souffrent d’allergies respiratoires, alors que la proportion était de 4 % en 1968. Les patients allergiques sont aussi souvent atteints de rhinites allergiques.

 

- Qui peut faire appel au CMEI et selon quelles modalités ?

Catherine Motte - Nous intervenons pour des diagnostics individuels sur prescription médicale. C’est le généraliste, le pédiatre, l’allergologue, le pneumologue ou l’ORL qui demande ce diagnostic au domicile avec l’accord du patient pour recevoir un conseiller médical. Cette visite permet de compléter l’historique clinique établi par le médecin. Elle dure entre 1h30 et 2h, selon la taille de la maison. Avec un questionnaire, nous passons en revue les gênes respiratoires, leur périodes dans la journée et l’année, leurs circonstances pour définir leurs origines. Tous les symptômes et traitements sont listés. Nous vérifions également si le traitement est suivi et bien compris – certains patients ne sont pas à l’aise avec la différence entre traitements de fond et de crise. La maison est visitée pièce par pièce en privilégiant la chambre, le lieu de vie. Mais nous passons en revue également le métier, les habitudes, les loisirs qui peuvent conduire à passer du temps dans le sous-sol, le garage, à manipuler du compost, etc.

L’observation est visuelle mais aussi olfactive. Des odeurs sont représentatives de moisissures ou d’une mauvaise ventilation. Nous évoquons les différences et la complémentarité indispensable entre la ventilation, par VMC ou par bouches d’air, et l’aération, le fait d’ouvrir les fenêtres à un moment de la journée, nécessaire également pour évacuer l’humidité causée par les douches, la cuisson des aliments, le repassage, la transpiration, etc. Un compte-rendu de la visite est envoyé au médecin et au patient avec des conseils et des moyens d’éviction, comme remplacer une literie composée de plumes par une literie synthétique, cesser d’utiliser des bougies parfumées, proposer des alternatives naturelles et économiques aux produits d’entretiens industriels, etc. Neuf mois après la visite, nous recontactons le patient pour connaître l’impact des conseils donnés, les éventuels freins à leur mise en œuvre, l’évolution du traitement, etc. En Auvergne, l’Agence régionale de santé prend en charge ces visites qui peuvent être ailleurs à la charge du patient.

 

- Outre les visites individuelles, quelles sont les autres interventions du conseiller médical en environnement intérieur ?

Catherine Motte - Nous sommes sollicités pour des actions de sensibilisation collective à la qualité de l’air intérieur. Souvent on se croit plus à l’abri dans les locaux qu’à l’extérieur. Mais les produits d’entretien, les meubles, les parquets stratifiés, les peintures larguent dans l’air des composés organiques volatiles (COV) qui se révèlent irritants voire allergisants, comme peuvent l’être les moisissures et les animaux de compagnie. Les mairies, les mutuelles, les maisons de quartier, les caisses de retraite organisent des réunions publiques sur ces sujets et nous sollicitent pour les animer. Dans le cadre d’une nouvelle réglementation sur les lieux collectifs qui accueillent des jeunes enfants, nous sensibilisons les nourrices à la nécessité d’être vigilantes quant à la qualité de l’air dans le logement où elles les gardent. En Auvergne, le Conseil général nous a demandé de sensibiliser des puéricultrices et des sages-femmes afin qu’elles évoquent avec les futurs parents les précautions à prendre pour éviter les substances nocives qui se dégagent dans les chambres repeintes, équipées de meubles neufs pour accueillir les nouveaux-nés.      

 

Propos recueillis par Corinne Renou-Nativel

 

Pour en savoir plus :

Site des conseillers médicaux en environnement intérieur (CMEI)

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