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Actualités santé

Egoutier : un métier à risque microbiologique

[ Publié le 25 septembre 2017 ]

Travail dans l'obscurité, exposition aux odeurs putrides, humidité permanente, etc. La profession d'égoutier comporte de nombreux facteurs de pénibilité. Lesquels induisent des risques pour la santé. Afin d'en évaluer l'impact, une campagne de mesures de polluants biologiques a été menée sous les pavés parisiens par la Caisse d'Assurance-maladie d'Île-de-France (CRAMIF). Ses résultats inquiétants ont incité les autorités sanitaires à émettre des recommandations dans le but de protéger ces travailleurs.

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En 2004, l'Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) a publié les résultats d'une étude de mortalité chez les égoutiers, réalisée à la demande de la Ville de Paris.

Elle a mis en évidence une surmortalité toutes causes de 25 % sur la période 1970-1999. Afin d'évaluer les facteurs de risques de cette profession, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a commandé une campagne de mesures des polluants biologiques dans l'air des égouts parisiens.

Les mesures « mettent en évidence des concentrations en endotoxines et flores microbiennes dans l'air des égouts très souvent non satisfaisantes, parfois préoccupantes et exceptionnellement inacceptables ». Ces observations pourraient expliquer les effets aigus ainsi que certains symptômes respiratoires chroniques rapportés dans les études de morbidité.

 

Moisissures et incidents

En outre, les mesures ont mis en évidence la présence de moisissures reconnues comme génotoxiques et cancérigènes. Le réseau dans lequel évoluent quotidiennement les égoutiers se révèle bel et bien « un milieu particulièrement insalubre », soulignent les auteurs du rapport.

Autre point d'importance, les chercheurs ont pu observer pendant les prélèvements « plusieurs types d'incidents pouvant être des facteurs de risques supplémentaires et pouvant être facilement évités ». Il s'agit notamment de défauts de ventilation, d'exposition directe aux eaux usées par des projections dans l'oeil, des pannes de masques à ventilation assistée, etc.

 

Plus de protection individuelle et collective

Afin de réduire ce type d'incidents et d'améliorer les conditions de travail des égoutiers, l'Anses valide les recommandations du Comité d'experts spécialisé (CES) « Evaluation des risques liés aux milieux aériens » de la CRAMIF.

Ainsi « une diminution de l'exposition des égoutiers aux endotoxines, bactéries et moisissures devrait s'appuyer d'abord sur des actions techniques ciblant une baisse des concentrations dans l'air », conseillent les auteurs. L'Anses « appelle les employeurs de tous les professionnels travaillant dans un réseau au contact des eaux usées à mettre à disposition de tous les travailleurs un dispositif de douche intégrée et de vêtements de rechange ».

De plus, ils devraient également « en fonction de la durée du chantier, adapter le dispositif avec par exemple un camion équipé, une unité mobile de décontamination sur remorque ou un sas souple avec kit de douche autofixable ».

Enfin, les employeurs sont incités à « caractériser la nature des agents pathogènes présents dans l'air des égouts ». Car cette campagne de prélèvements « ne visait que quelques paramètres microbiologiques ».

Source : Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), 20 septembre 2017

(Destination santé ©)

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