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Actualités santé

Nouvelles mesures pour diminuer la consommation d'alcool : une adoption incertaine

[ Publié le 10 mai 2017 ]

Les experts de l'INCa et de Santé publique France ont publié le jeudi 4 mai 2017 un nouveau rapport axé sur la réduction des risques liés à l'alcool. Plusieurs propositions, jugées satisfaisantes par les acteurs de la prévention, y figurent. Parmi elles, limiter la consommation à 10 verres par semaine avec 2 jours d'abstinence ou encore améliorer la visibilité des pictogrammes sur les bouteilles. Mais en période de transition politique, ces mesures prendront-elles forme ?

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« Consommé modérément, le vin protègerait le cœur ». Ou encore « une faible consommation équivaut à un risque zéro pour la santé ». Les idées reçues sur l'alcool circulent depuis plusieurs années pour justifier des consommations mal contrôlées.

Mais dans leur rapport publié le 4 mai 2017, l'INCa et Santé publique France entendent renforcer la consommation à moindre risque et susciter la responsabilité des citoyens devant leurs verres.

Le tout en 10 propositions :

  • « Informer des risques de l'alcool pour la santé au cours de la vie entière, qui augmentent en fonction de la quantité consommée. Recommander de ne pas consommer plus de 10 verres par semaine et pas plus de 2 verres par jour avec deux jours sans consommation » afin de limiter la consommation chronique pouvant aller vers l'addiction ;
  • « Informer les professionnels de santé sur ces nouveaux repères, améliorer la prévention et la prise en charge de l'alcoolodépendance » ;
  • S'assurer que le message et ces nouveaux repères passent bien auprès du grand public ;
  • « Renforcer les informations sanitaires obligatoires (...) afin de contrebalancer la publicité pour l'alcool » ;
  • « Taxer les boissons alcoolisées en fonction de la quantité d'alcool et non pas en fonction du type de boisson ». L'idée étant de limiter la croyance selon laquelle le vin, certes moins fort que d'autres boissons mais régulièrement consommé, ne présente que peu de risque pour la santé ;
  • Coordonner la prévention des dommages sanitaires et sociaux entre les différents acteurs de l'Etat (Santé, Finances, Agriculture...) » ;
  • « Créer un fonds dédié à la prévention et à la recherche indépendante sur l'alcool, financé par une partie des taxes sur l'alcool » ;
  • « Faire évoluer l'avertissement sanitaire » en imposant le message « Toute consommation d'alcool comporte des risques pour votre santé » à la place de l'actuel « A consommer avec modération » ;
  • « Faire figurer sur l'étiquette le nombre de verres standard, le nombre de calories par verre, un avertissement sanitaire et rendre plus visible le pictogramme Femme enceinte » ;
  • « Renforcer l'encadrement de la publicité sur Internet qui touche tous les publics, notamment les jeunes. »

 

Passer des mots à l'action ?

« Ces idées sont très satisfaisantes en matière de prévention. Les assertions sur un bénéfice supposé pour la santé de la consommation d'alcool ont toutes été démenties », note le Dr Bernard Basset, vice-président de l'Association nationale de prévention en alcoologie et en addictologie (Anpaa).

Mais en pleine transition présidentielle, ces dernières restent pour l'instant couchées sur le papier. Prendront-elles vie dans les mois à venir ? « On ne peut encore le dire. Tout dépendra de la stratégie déployée par le prochain ministère en charge de la santé. Ces mesures ont cependant le mérite d'exister et pourront servir de base au prochain gouvernement pour renforcer la lutte contre le tabagisme et l'alcoolisme ».

Deux axes d'ailleurs affichés comme prioritaires dans la politique de santé publique du président fraichement élu, précisait le Pr Jérôme Salomon, chargé du programme santé d'Emmanuel Macron, sur le site du Journal international de la médecine (JIM) le 18 avril dernier.

Sources : « Avis d'experts relatif à l'évolution du discours public en matière de consommation d'alcool en France organisé par Santé publique France et l'Institut national du cancer », publié le 4 mai 2017. Entretien avec le Dr Bernard Basset, vice-président de l'Association nationale de prévention en alcoologie et en addictologie, le 9 mai 2017. Communiqué de l'Association nationale de prévention en alcoologie et en addictologie (Anpaa), le 4 mai 2017.

(Destination santé ©)

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