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Asthme professionnel : comment réagir ?

[ Publié le 3 mai 2017 ]

L’asthme est l’une des maladies respiratoires professionnelles les plus fréquentes. Or elle peut poser problème dans le maintien de l’emploi du salarié. Pour mettre en place des solutions efficaces, sa prise en charge précoce est indispensable.

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L’asthme professionnel porte bien son nom : il est véritablement causé par le travail. Que l’on soit asthmatique ou non, tout le monde peut être touché un jour. En France, on estime que 20 % des asthmes de l’adulte sont liés au travail, mais il est difficile d’obtenir un chiffre exact car l’origine professionnelle est loin d’être entièrement reconnue. On distingue ainsi l’asthme professionnel de type allergique, induit par un sensibilisant, de l’asthme professionnel décrit comme « symptôme d’irritation bronchique », induit par les irritants.

Leurs symptômes ne diffèrent pas de l’asthme classique. Essoufflements, toux, respiration sifflante, sécrétions de mucus, crachats, sensation d’oppression au niveau de la cage thoracique, crises nocturnes… sont des signes non négligeables qui incitent à consulter.

« Cependant, le véritable facteur d’alerte est le contexte dans lequel la maladie survient et la temporalité, précise le Dr Catherine Lemiere, pneumologue et professeur de médecine à l’université de Montréal (Canada), considérée comme l’une des meilleures spécialistes au monde de l’asthme professionnel. Si le salarié est asthmatique au départ et que son état se détériore du jour au lendemain, il faut s’interroger. C’est encore plus caractéristique chez une personne qui n’a jamais fait d’asthme de sa vie et qui, subitement, présente des crises importantes. »

Une rhinite allergique (éternuements, écoulement nasal…) précède souvent ces épisodes. Une pause de quelques jours permet enfin de mettre la puce à l’oreille : « En général, l’état de santé s’améliore durant le week-end ou pendant les vacances, puisqu’il n’y a plus d’exposition à la substance. L’asthme revient dès que l’on reprend le travail. »

 

Des métiers à risque

Si l’âge ne joue aucun rôle dans l’apparition des symptômes, des milieux à risque sont, en revanche, bien identifiés. Boulangers-pâtissiers, coiffeurs, peintres automobiles, travailleurs du bois, agents des services hospitaliers et des laboratoires, agents de nettoyages, salariés en animalerie ou en manucure, hygiénistes dentaires arrivent en tête des professions les plus touchées.

Et pour cause, tous ces salariés manipulent quotidiennement des sensibilisants, responsables de l’asthme professionnel : des agents protéiques (farine, latex, protéines animales, formaldéhyde…) ou chimiques (persulfates alcalins, isocyanates, ammoniums quaternaires, acrylates…). La liste ne cesse de s’allonger. Actuellement, plus de 400 substances chimiques ont déjà été mises en cause dans le risque allergique, mais ce recensement est loin d’être exhaustif.

« Ce qui est aussi compliqué, note Catherine Lemiere, c’est que la maladie peut se manifester quelques semaines à peine après l'exposition initiale ou de nombreuses années plus tard, rendant plus difficile l’identification de la substance allergène concernée. »

Un interrogatoire poussé, une attention accrue de la part du salarié quant à l’apparition de ses symptômes et des examens sont nécessaires pour valider un asthme professionnel. Mesure du débit expiratoire de pointe (DEP) et tests d’allergies cutanés sont fréquemment réalisés. « On peut aussi compléter par des tests à la méthacholine ou à l’histamine pour mesurer la réactivité et l’inflammation bronchiques, durant des périodes au et hors travail. On peut également réaliser un test de provocation bronchique spécifique, en exposant le patient – dans un cadre médical – à l’agent suspecté, ce qui donne plus aisément la réponse finale. »

 

Faire reconnaître la maladie

Première démarche à effectuer : en parler sans tarder à son médecin traitant et au médecin du travail, de manière à vérifier la causalité de l’asthme et mettre en place un traitement adapté (à base de corticoïdes inhalés le plus souvent). En France, l’asthme professionnel est reconnu comme affection de longue durée (ALD) et, donc, pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie, à condition que les tests attestent de l’origine professionnelle.

Si la personne est salariée, le médecin du travail se met ensuite en relation avec les instances dirigeantes de l’entreprise. Laquelle est tenue de préserver la santé physique (et mentale) de ses employés (article L. 4121-1 du Code du travail). « Des mesures collectives de prévention peuvent ainsi être mises en place de manière précoce, développe Catherine Lemiere. Port de masque, réduction ou substitution des sensibilisants mis en cause, réaménagement des locaux ou ventilation plus performante permettent aux salariés d’être moins exposés. »

Parfois, ce n’est hélas pas suffisant. Difficile pour un boulanger d’éviter de manier la farine… Lorsque l’état de santé s’aggrave, il n’y a plus qu’une seule solution : un changement de poste, voire une reconversion. « Un cas de figure pas toujours simple, surtout pour les personnes qui travaillent à leur compte », reconnaît Catherine Lemiere qui préconise un véritable accompagnement en la matière. C’est aussi en amont, quand cela est possible, qu’il convient d’intervenir, lors du choix d’orientation d’un jeune asthmatique, par exemple, afin de ne pas compromettre par la suite son insertion professionnelle.

 

 Ariane Langlois (Tribune Santé)

 

L’importance du DEP

La mesure du DEP, ou débit expiratoire de pointe, est utile pour connaître la vitesse maximale du souffle du patient. Il s’agit d’un examen simple, réalisé au cours d’une expiration forcée à l’aide d’un petit appareil portable. En pratique, le patient réalise souvent lui-même cette mesure durant la journée, pendant son travail mais aussi en dehors, sur plusieurs semaines. Ce journal de bord (heures des mesures, produits utilisés…) permet d’établir les variations du DEP en fonction de l’activité et de relier plus facilement les crises à une substance. Seul problème : la fiabilité de cette méthode reste subordonnée à la bonne volonté du patient et au temps dont il dispose pour effectuer les mesures.

Mots-clefs : Asthme , Santé travail

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