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Actualités santé

Troubles musculo-squelettiques : l'atout de la prévention

[ Publié le 28 avril 2017 ]

Première maladie professionnelle reconnue en France, les troubles musculo-squelettiques (TMS) touchent plus de 40 000 personnes chaque année. Un constat s’impose : plus le repérage est précoce, plus les solutions sont efficaces.

troubles-musculo-squelettiques

En 2015, les troubles musculo-squelettiques (TMS) ont représenté plus de 87 % des maladies professionnelles ayant entraîné un arrêt de travail et 40 % des séquelles ayant conduit à un statut d’invalidité. Agroalimentaire, métallurgie, construction automobile et BTP concentrent la majorité des cas. Mais le risque est également présent aujourd’hui dans les activités du tertiaire, comme la bureautique (travail sur écran) ou les services à la personne. Chez les salariés âgés de 20 à 59 ans, les femmes sont les premières victimes de ces affections qui touchent les articulations (muscles, tendons, ligaments, capsules articulaires…).

 


Difficile d’y échapper tant les facteurs de risques sont nombreux : niveaux de force trop élevés, manutention manuelle, gestes répétitifs, postures articulaires extrêmes ou à l’inverse trop statiques, charge de travail excessive, standardisation des modes opératoires, pression ou manque de soutien de la hiérarchie… Le nombre de TMS pris en charge par la branche Accidents du travail/Maladies professionnelles de l’Assurance maladie a augmenté de 60 % en dix ans.

 

Un constat qui a amené la Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés(Cnamts) à se mobiliser pour sensibiliser les employeurs. « On sait aujourd’hui que le dépistage, mis en œuvre précocement, permet d’apporter des solutions satisfaisantes pour tout le monde, note Laurent Claudon, responsable du laboratoire Physiologie-Mouvement-Travail au sein de l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS). Pour faire bouger les choses, les salariés doivent oser en parler. »

 

10 millions de journées de travail perdues

Mais à qui s’adresser ? « En premier lieu au médecin du travail, qui est l’interlocuteur privilégié. On peut aussi se rapprocher de sa direction, des instances représentatives du personnel ou de la personne spécifiquement désignée par l’entreprise pour travailler sur les TMS, si elle existe », précise Laurent Claudon.

 

Malgré la forte prévalence de ces affections, il n’existe pas encore de réglementation spécifique à ce sujet. Selon l’article L. 4121-1 du Code du travail, l’employeur a pour obligation générale de préserver la santé physique et mentale de ses salariés. « C’est dans son intérêt de mettre en place une démarche de prévention. N’oublions pas que les TMS sont également responsables d’une grosse perte financière pour les entreprises », indique le chercheur de l’INRS. Absentéisme, turn-over, impact sur la productivité et la qualité… En 2012, les TMS ont causé la perte d’environ 10 millions de journées de travail et coûté 1 milliard d’euros, selon la Cnamts.

 

Face à de tels coûts, l’employeur a tout intérêt à se préoccuper des éventuels dysfonctionnements au sein de son entreprise. « Il peut, tout d’abord, informer ses salariés de la démarche de prévention qu’il souhaite mettre en œuvre, de manière à ce que ceux-ci puissent contribuer aux actions en cours », souligne Laurent Claudon. Ergonomes consultants, organismes extérieurs (Aract, Carsat…) peuvent aider à mettre au point un plan d’action. Lorsque les moyens humains et financiers sont dégagés, le dépistage peut débuter. « L’investigation commence souvent auprès des services de santé au travail. Des questionnaires et des entretiens sont aussi proposés aux salariés. On recherche des données sur d’éventuelles reconnaissances de maladies professionnelles, l’absentéisme, les restrictions d’aptitudes… » Cet état des lieux permet d’envisager la phase suivante : l’adaptation des situations de travail problématiques. 

 

De multiples solutions

Bien sûr, chacun, à son niveau, peut essayer de limiter les risques. Réduire la répétitivité des gestes, revoir sa posture (plier les genoux et pousser sur les jambes pour soulever une charge plutôt que forcer avec le dos, par exemple, ou éviter l’extension prolongée du cou, le travail au-dessus du niveau des épaules…), utiliser les appareils éventuellement mis à disposition par l’employeur pour soulager les efforts, mettre à profit les temps de pause pour favoriser la récupération, avec des exercices de relaxation par exemple, avoir une activité physique (course à pied, vélo d'appartement, piscine...) sont déjà des éléments qui peuvent améliorer le quotidien.

 

Mais c’est surtout au niveau collectif que l’employeur doit agir, en mettant en place des solutions de prévention. Celles-ci sont nombreuses et inhérentes au type de travail effectué. Il peut s’agir de revoir la conception des équipements de travail, des produits de fabrication, ainsi que l’organisation du travail. Le champ d’action est large, estime Laurent Claudon : « On peut, par exemple, utiliser davantage d’aides techniques pour limiter les manutentions manuelles, courber un outil plutôt qu’un poignet, choisir des machines moins vibrantes. » Ralentir la cadence, pratiquer davantage l’alternance des tâches, mettre à disposition des salariés des équipements de protection pour mieux répartir les forces de pression, diminuer les facteurs de stress sont des options qui peuvent également être envisagées,détaille-t-il.

 

Autant le savoir : avant d’observer une véritable amélioration des conditions de travail, il faut compter des mois, voire des années. Mieux vaut donc initier des changements, quand ils s’imposent, le plus tôt possible.  

 

Ariane Langlois (Tribune Santé)

 

Le coup de pouce de l’Assurance maladie aux employeurs

Depuis 2014, l’Assurance maladie a mis en place un programme pour accompagner les entreprises qui souhaitent renforcer la prévention des TMS. Objectif : limiter leur nombre et, ainsi, contribuer à faire baisser l’absentéisme et améliorer le climat social. Nulle intervention extérieure, mais un suivi personnalisé sur quatre ans, accompagné d’une aide financière pour les petites et moyennes entreprises.

En savoir plus : TMS Pros

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