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Hypnose en chirurgie : une pratique en expansion

[ Publié le 18 avril 2017 ]

Basée sur le pouvoir des mots, l'hypnose modifie l'état de conscience des patients. Sorte de dissociation de l'esprit et du corps, cette technique employée en chirurgie favorise la mise en veille naturelle du malade plutôt que l'endormissement total. Mais comment fonctionne l'hypnose ? Les précisions de deux spécialistes de cette pratique au centre hospitalier universitaire (CHU) de Nantes.

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Privilégier la méthode naturelle qu'est l'hypnose à l'anesthésie classique, tel est le choix de certains patients à l'approche d'une opération. « Cette technique est envisagée pour les interventions de surface, souvent réalisées en endoscopie, comme l'opération des glandes thyroïdiennes, mammaires ainsi que les hernies inguinales et les hystéroscopies* », précise le Pr Eric Mirallié, chirurgien au centre hospitalier universitaire (CHU) de Nantes.

En effet, « les interventions plus profondes et douloureuses, en orthopédie par exemple, nécessitent l'injection d'anesthésiants puissants pour assurer l'endormissement complet du malade ».

 

Le patient perd toute notion du temps

Par le pouvoir des mots, en 10 minutes environ, le praticien induit chez le patient un état de conscience caractérisé par une indifférence à l'extérieur. Contrairement aux idées reçues, il ne s'agit pas d'une déconnexion totale de l'environnement, comme on peut le voir sur certains plateaux télé.

« Juste avant l'intervention, nous demandons au patient de choisir un milieu agréable dans lequel il souhaite s'évader », décrit Caroline Legere-Vendeix, infirmière spécialisée en hypnose au CHU de Nantes. Un maximum de détails sensitifs, auditifs et olfactifs est récolté avant de commencer le voyage virtuel par la parole. Ainsi occupé, pendant un temps illimité (le patient perd toute notion du temps), l'esprit divague et les sensations corporelles s'estompent.

Avantage, et pas des moindres, après l'hypnose la phase de réveil est raccourcie et bien plus agréable comparée aux effets de la chirurgie classique caractérisée par une sensation comateuse liée aux anesthésiants.

 

La volonté, clé de la réussite

La volonté du patient est une condition indispensable à l'efficacité de l'hypnose. En effet, « le lâcher prise mental et la confiance dans le praticien n'interviennent que lorsque le malade est déjà dans une démarche d'adhésion », note Caroline Legere-Vendeix. « En aucun cas l'hypnose ne peut être imposée tant elle fait appel aux propres ressources psychologique et physiologiques du patient ».

Mais existe-t-il des contre-indications ? « Elles sont rares mais en effet les maladies mentales altérant la conscience, la connexion avec le monde réel et la stabilité des capacités cognitives comme la dépression ou la schizophrénie empêchent la pratique de l'hypnose. »

 

Un peu d'histoire

Aujourd'hui, l'hypnose en chirurgie est si répandue que les formations - universitaires comme privées - se développent dans toute la France. Et les pratiques sont diverses : certains spécialistes privilégient des séances de préparation en amont de l'intervention afin de cibler la personnalité du patient.

Alors que d'autres préfèrent miser sur une prise en charge juste avant l'opération, lors de l'accueil au bloc opératoire. « Dans ce cas le patient n'a pas le temps de tergiverser sur tel ou tel univers, la spontanéité fait bien les choses », souligne Caroline Legere-Vendeix. Reflet de ce manque de consensus, la Haute Autorité de Santé (HAS) affirme aujourd'hui ne disposer d'aucune recommandation officielle associée à la pratique de l'hypnose pendant une opération.

A noter : avant de servir l'art de la chirurgie, cette technique était employée pour apaiser les douleurs. Dans ce même objectif palliatif, l'hypnose intervient aujourd'hui dans la prise en charge des maladies chroniques.

*examen permettant de visualiser la cavité utérine

 

Source : entretien avec le Pr Eric Mirallié, chirurgien au centre hospitalier universitaire (CHU) de Nantes, et Caroline Legere-Vendeix, infirmière spécialisée en hypnose au CHU de Nantes, le vendredi 17 mars 2017

(Destination santé ©)

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