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Hémochromatose : le transport du fer aussi important que son taux

[ Publié le 28 mars 2017 ]

Le taux de ferritine, la protéine qui stocke le fer dans les cellules, constitue actuellement le principal indicateur de la surcharge en fer chez les patients atteints d'hémochromatose. Or selon une équipe de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), le niveau de saturation de la transferrine, molécule de transport du fer dans l'organisme, pourrait être aussi important. Une découverte qui pourrait modifier la prise en charge de cette maladie génétique.

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L'hémochromatose est une maladie génétique caractérisée par une hyper absorption intestinale du fer. Celui-ci passe alors dans le sang où il est capté et transporté par la transferrine jusque dans les cellules où il est stocké par la ferritine. Cet excès de fer entraîne des symptômes généraux de type fatigue et perte de la libido, mais également plus spécifiques comme des douleurs articulaires.

Actuellement le traitement de l’hémochromatose repose sur des saignées réalisées tous les trois à six mois. Elles permettent de réduire la concentration de fer dans le sang et de réduire les stocks. Leur rythme se fonde sur la concentration de ferritine, l'objectif étant d'atteindre un taux inférieur à 50 μg/l.

Mais chez certains patients, les symptômes persistent voire s'aggravent malgré le bon contrôle de ce facteur. Et si la transferrine y était pour quelque chose ?

 

Une hypothèse alternative

Pour en savoir plus, des chercheurs de l'unité 1241 Inserm/Université de Rennes ont souhaité « voir si [la] saturation de la transferrine pouvait être un autre indicateur de l'état de santé des malades, indépendamment du taux de ferritine ». En effet, « il est tout à fait possible que les stocks de fer ne soient pas démesurés, mais que le trafic du fer dans l'organisme soit quant à lui très important et associé à des symptômes », explique Edouard Bardou-Jacquet, responsable des travaux.

Pour le vérifier, les auteurs ont récupéré toutes les données biologiques concernant 66 patients recrutés dans un centre à Rennes grâce à des prises de sang effectuées environ tous les six mois. En parallèle, ils ont demandé aux patients de remplir un questionnaire d'évaluation de leurs symptômes : capacité sportive, aptitude au travail, libido, présence et nature de douleurs articulaires...

Résultat, « le niveau de saturation de la transferrine est bien corrélé à une aggravation des symptômes. Ceux-ci apparaissent après six ans d'exposition à des niveaux élevés, indépendamment du niveau de ferritine ».

Par conséquent, « la saturation de la transferrine semble être un indicateur supplémentaire à prendre en compte pour le traitement des patients », notent les auteurs. « Chez les sujets concernés, il faudrait probablement augmenter le rythme des saignées. C'est ce que nous allons maintenant vérifier dans le cadre d'une étude clinique », concluent-ils.

 

Source : Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), 7 mars 2017

(Destination santé ©)

Mot-clef : Hémopathie

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