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Parfums d'ambiance : les effets sur la santé

[ Publié le 23 décembre 2016 ]

La mode est à l’ambiance parfumée dans nos foyers. Les diffuseurs ont pris le relais des sprays d’intérieur et des bâtons d’encens. Or, ces dispositifs contiennent, eux aussi, des substances chimiques qui ne sont pas sans risque pour notre santé.

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Les Français aiment les parfums d’intérieur. En 2009, une enquête du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc) montrait que la moitié d’entre eux en utilisait, et pour 9 % des personnes interrogées, jusqu’à au moins une fois par jour. Derniers venus sur le marché : les diffuseurs d’ambiance, censés créer une atmosphère purifiante et apaisante. Ils sont de deux sortes : il s’agit soit de diffuseurs électriques, dans lesquels on glisse une capsule de cire prête à l’emploi ou de l’eau mêlée à des huiles essentielles, soit de diffuseurs automatiques, délivrant régulièrement des « pschitt » dans l’air. Dans les deux cas, le résultat est le même : ces dispositifs destinés à masquer les mauvaises odeurs se révèlent néfastes pour la santé. « Dès lors qu’il y a un parfum, cela signifie que ces produits libèrent des composés organiques volatils (COV), dont on sait que certains sont potentiellement irritants, voire nocifs pour la santé », explique Laurence Vaton, docteur en chimie et consultante en santé environnementale.

 

Selon une étude parue en 2016, 77 % des Français pensent que la qualité de leur air intérieur est bonne (1). En réalité, il est 2 à 8 fois plus pollué que l’air extérieur. « Quand on parfume son intérieur, on augmente encore la teneur en COV, ce qui revient à polluer le foyer, souligne la consultante. Il faut donc utiliser ces parfums d’intérieur avec parcimonie et les choisir avec précaution si vraiment on tient à en avoir chez soi. » Mis en avant pour leur ambiance délicate, les diffuseurs ne vaudraient finalement pas beaucoup mieux que les sprays d’intérieur, l’encens, les bougies parfumées ou le papier d’Arménie, dont les émissions de substances chimiques nocives ont été démontrées.

 

Des risques à long terme

L’impact sur la santé dépend cependant des types de composés organiques volatils libérés par ces diffuseurs. Les polluants tels que le benzène (présent notamment dans les senteurs vanille et caramel) et le formaldéhyde sont tous deux des substances toxiques reconnues comme cancérigènes par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). De même, certaines personnes sont plus sensibles que d’autres. « Les personnes allergiques, asthmatiques, les femmes enceintes, les enfants, les personnes âgées et, de manière générale, tous ceux qui ont des problèmes respiratoires ou pulmonaires sont clairement plus vulnérables », énumère Laurence Vaton.

 

Crise d’asthme, toux, irritations oculaires ou cutanées sont les premiers effets susceptibles d’être observés lors d’une utilisation répétée. Autant le savoir : à long terme, un usage régulier peut entraîner allergies, modifications du système endocrinien, leucémies, lymphomes ou encore cancers des voies respiratoires (notamment du nasopharynx).
« L’exposition chronique augmente les risques de maladies à long terme, confirme Laurence Vaton. Le problème, c’est que ces particules se déposent sur les textiles, les objets… de la même manière que la fumée de cigarette. Elles se mêlent à la peinture, aux produits d’entretien : la pollution dure donc bien plus longtemps qu’on ne l’imagine si l’on n’aère pas. »
Même les huiles essentielles, dont les vertus sont pourtant avérées, deviennent nocives en mélange et dès qu’il y a combustion. « Dès que l’on fait brûler une matière, la combustion est incomplète : on crée des particules fines et du formaldéhyde est libéré, décrit la spécialiste. Les huiles essentielles sont comme les champignons : ce n’est pas parce que c’est naturel qu’il n’y a pas d’impact sur la santé. »

 

Un seul réflexe : aérer 

Pour maintenir un intérieur sain, une seule règle : aérer. Ouvrir les fenêtres dix minutes minimum chaque jour, de préférence le matin, en créant des courants d’air, est l’unique moyen de renouveler l’air intérieur et d’éliminer la concentration de polluants. « C’est le marketing qui nous fait croire que pour être bien chez soi, il faut que ça sente bon. En réalité, le propre n’a pas d’odeur ! » relève Laurence Vaton. Et si l’on souhaite se faire plaisir avec un diffuseur, il vaut mieux privilégier les dispositifs en résine ou bois naturel, dont la diffusion est à doser soi-même (et non automatique) ; choisir plutôt des capsules de cire 100 % végétale, si possible sans parfum exacerbé, en fuyant les références bon marché (muscs trop chimiques) ; et ne pas en faire un usage quotidien, surtout dans la chambre à coucher.

 

« L’idéal est de choisir un diffuseur sans combustion (chauffe-parfum à fuir !). Si vraiment on tient à ajouter des huiles essentielles, il faut n’en mettre qu’une ou deux. Pas plus, car le mélange n’est jamais anodin. Les produits rassemblant 20 ou 40 huiles essentielles augmentent la présence de substances allergènes. » Enfin, il convient de ne pas exposer les enfants (attention notamment à ne pas placer un bébé à proximité de ces dispositifs !). Leur système de détoxification est en effet encore immature. Résultat, les petits sont non seulement davantage en contact avec les polluants, mais les éliminent de surcroît moins facilement que les adultes.

 

Ariane Langlois (Tribune Santé)

 


(1) Selon un sondage mené par Rowenta (décembre 2016). Où l’on peut lire aussi que 8 Français sur 10 ne savent pas ce qu’est le formaldéhyde. Pour tout savoir sur cette substance chimique, rendez-vous sur le site de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail 

 

Pic de pollution : faut-il oui ou non aérer ?

La question est toujours délicate. Mais oui, même en cas de pic de pollution, il faut continuer d’aérer son intérieur au moins dix minutes par jour. Le Conseil supérieur d'hygiène publique de France recommande ainsi de ne pas modifier ses habitudes, en privilégiant toutefois les heures « fraîches » : c'est-à-dire tôt le matin ou le soir. « L’idéal, notamment en été, est d’aérer avant la formation d'ozone due aux réactions chimiques des substances émises par les voitures sous les UV », précise Laurence Vaton.

 

En savoir plus : Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP)

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