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Actualités santé

L'accouchement à domicile

[ Publié le 18 août 2016 ]

Beaucoup plus rare en France que dans d’autres pays d’Europe, l’accouchement à domicile (AAD) ne fait pas encourir plus de risques à la mère et à l’enfant s’il est pratiqué dans certaines conditions et permet de se réapproprier ce moment clé de la vie.

accouchement-maison

90 % des femmes dans le monde accouchent chez elles. Il y a quelques décennies il en allait de même en France, mais le taux des accouchements à domicile (AAD) est tombé à moins de 1%. Cette médicalisation a répondu à la volonté d’améliorer la sécurité de la mère et de l’enfant sur un postulat largement partagé par les gynécologues-obstétriciens français que l’accouchement fait encourir des risques imprévisibles pour lesquels il faut une intervention immédiate sous peine de dommages irréparables. Mais ce postulat n’est pas universel : au Pays-Bas, on estime que peuvent être distinguées situations normales et situations pathologiques ou à risques ; plus de 30 % des femmes accouchent chez elles, avec des taux de mortalité et de morbidité identiques à ceux de l’Hexagone. Au Québec, dans les pays nordiques, en Allemagne et en Grande-Bretagne, l’accouchement à domicile se développe.

 

Motivations et avantages de l’accouchement à domicile (AAD)

Diminuer le stress en demeurant dans un cadre familier, entourée des siens, est la principale motivation des femmes qui accouchent à domicile. Mais d’autres éléments entrent en ligne de compte : participer plus activement à la naissance, ne pas se voir imposer d’accoucher allongée sur le dos (une position qui convient mieux au corps médical qu’à la parturiente), éviter les gestes médicaux très largement pratiqués en maternité (péridurale, monitoring, perfusion d’hormones pour accélérer la naissance, épisiotomie, etc.), permettre au père de trouver sa place, épargner au nouveau-né des gestes invasifs (aspirations gastriques, test de perméabilité anale, test dit de la seringue, etc.), échapper au sentiment de manque de confiance en soi, voire d’abandon, vécu parfois au retour à la maison après avoir été « infantilisée » à la maternité. Les dépressions post-partum seraient moins fréquentes lors d’un accouchement à domicile.

 

Un accouchement sous conditions

Condition fondamentale, ce type d’accouchement est réservé aux grossesses dites « physiologiques », c’est-à-dire ne présentant pas de risques. Si la mère souffre de diabète ou d’hypertension, en cas de placenta praevia (localisation anormale), si le bébé se présente par le siège ou s’il s’agit de jumeaux, l’accouchement doit impérativement avoir lieu dans une maternité. Même en cas de grossesse « idéale », il faut constituer un dossier dans une maternité classique, c’est-à-dire effectuer au moins les deux dernières visites mensuelles et la consultation pré-anesthésie, afin d’avoir une solution en cas de besoin le jour de l’accouchement.

 

L’accompagnement d’une sage-femme

Accoucher à la maison nécessite l’accompagnement par une sage-femme avec qui, tôt dans la grossesse, on prépare ce moment et on décide sur-mesure de l’organisation (présence ou non des autres enfants, choix de la pièce, musique ou silence, lumière tamisée, etc.) afin d’arriver sereine au Jour J. La sage-femme vient au domicile équipée de kits de réanimation pour la mère et l’enfant, d’un appareil de monitoring pour le suivi cardiaque du bébé et de produits de perfusion permettant de faire face à des complications. Mais les risques ne sont pas plus élevés qu’en maternité. Reste qu’il faut trouver la sage-femme qui pourra assurer ce suivi et être présente à l’accouchement. Le site de l’Association nationale des sages-femmes libérales recense les membres de la profession qui assument cette belle mission. 

 

Corinne Renou-Nativel           

Mot-clef : Grossesse

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