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Sexe : comment réagir après un comportement à risque ?

[ Publié le 25 juillet 2016 ]

Sida, syphilis, blennorragie, grossesse non désirée… Les comportements sexuels à risque peuvent avoir des conséquences fâcheuses, voire très graves. Comment réagir après un rapport non protégé ? Les conseils de Sonia Lebreuilly, socio-sexologue.

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Qu'appelle-t-on un comportement sexuel à risque ?

Cela concerne l'ensemble des situations dans lesquelles deux personnes ont été exposées à un risque d'infection sexuellement transmissible (IST) ou de grossesse après un rapport ou des jeux sexuels. Soit ces personnes ne se sont pas posé la question du dépistage en amont et ont eu des relations non protégées, soit la protection a été défaillante (comme un préservatif qui se déchire). Les risques existent même sans pénétration ou éjaculation, les échanges de sécrétions lors de frottements peuvent suffire à contaminer un(e) partenaire.

 

De quels risques parle-t-on ?

Cela s’apparente à ce que l’on appelait autrefois les maladies sexuellement transmissibles (MST). On préfère maintenant parler d'infections plutôt que de maladies pour souligner qu'il n'y a pas forcément de symptômes visibles. Autrement dit, on peut être infecté sans le savoir, sans forcément être atteint de rougeurs ou de démangeaisons. D'où l'importance d'un dépistage régulier et d'une protection efficace. D'autant que toutes les IST peuvent être dépistées par le biais de prises de sang ou de prélèvements, et traitées. Outre le virus du sida (VIH), les IST incluent les infections à Chlamydia, à gonocoques (les blennorragies), la syphilis, les hépatites, l'herpès génital, les papillomavirus et les lymphogranulomatoses vénériennes rectales.

 

On assiste, depuis quelques années, à une augmentation du nombre de nouveaux cas de VIH, syphilis, blennorragies et infections à Chlamydia. Pourquoi une telle recrudescence ?

Il y a plusieurs raisons à cela. D’abord, elles sont probablement mieux détectées. Certaines de ces infections peuvent être dépistées systématiquement lors d'une prescription pour la contraception, par exemple. Parallèlement, il existe une méconnaissance des pratiques à risque et des pathologies qui peuvent en découler, malgré les campagnes de prévention. Si l'on se protège souvent à l’occasion des rapports avec pénétration vaginale ou anale, on constate, par exemple, que c'est beaucoup moins le cas en ce qui concerne les rapports bucco-génitaux. Or les IST, comme l'herpès, la syphilis ou les gonorrhées, peuvent se transmettre par ces pratiques et, dans de plus petites proportions, la contamination reste possible en cas de petite lésion dans la bouche et de contact avec des sécrétions sexuelles.

 

Que faut-il faire après un comportement à risque ?

Il faut immédiatement limiter le risque de contamination au VIH. Il est conseillé de se rendre dans un Centre Gratuit d'Information, de Dépistage et de Diagnostic (CeGIDD, ils remplacent les Centres de dépistage anonyme et gratuit ou CDAG depuis janvier 2016) ou dans un service VIH à l’hôpital (accessible aux heures ouvrées) ou, mieux encore, dans un service d'urgences. Si vous choisissez les urgences, précisez dès votre arrivée que vous venez pour un risque de contamination par le VIH. Vous serez reçu rapidement par un médecin qui évaluera le risque et décidera, le cas échéant, de vous délivrer un traitement post-exposition. Le traitement d'urgence est une trithérapie à visée prophylactique qui fonctionne d'autant mieux qu'elle est administrée hâtivement après la conduite à risque.

 

Il faut donc réagir vite…

Le délai maximal est de 48 heures après l'exposition, mais devrait idéalement être inférieur à 4 heures. Par ailleurs, si c’est possible, faites-vous accompagner par votre partenaire sexuel : des tests de dépistage rapides permettent de connaître sa sérologie en quelques minutes. Ces tests sont, en revanche, incapables de déterminer si vous venez d'être contaminé : il faut attendre au moins trois semaines après la contamination pour qu'apparaissent les premiers anticorps détectés.

 

Que se passe-t-il après cette consultation d'urgence ?

Le traitement post-exposition est d'abord prescrit pour une durée de 2 ou 3 jours. Ensuite, le patient est à nouveau reçu, généralement dans le service des maladies infectieuses de l'hôpital. Le médecin décide alors de modifier le traitement (en évaluant la tolérance du patient aux médicaments prescrits, par exemple), de l'interrompre ou de le poursuivre. S'il opte pour cette dernière solution, la trithérapie devra être prolongée pendant un mois, avec un respect scrupuleux des prescriptions. Ce type de traitement diminue la probabilité d'être contaminé par le VIH, mais il ne la réduit pas à zéro. D’où la nécessité d’une observance rigoureuse. Un suivi médical régulier est également nécessaire pendant la durée du traitement. C'est seulement 3 mois après l'exposition que l'on pourra s’assurer ou non de l’absence de contamination, grâce à un test sanguin.

 

Face au risque de grossesse quelle réaction doit-on tenir ?

En cas de rapport non protégé ou suite à un accident de préservatif, la solution consiste à prendre une pilule d'urgence. Cette terminologie est préférable à celle de « pilule du lendemain » qui semble suggérer que l’on peut attendre une journée avant le traitement. En réalité, plus elle est prise rapidement, plus elle est efficace. Mon conseil : faites-vous prescrire cette pilule et gardez-la avec vous ! Cela évite de courir la chercher dans une pharmacie après un rapport à risque. Dans tous les cas, ce médicament peut être délivré sans ordonnance et même de façon gratuite et anonyme pour les mineurs. C'est seulement 3 semaines plus tard qu'il faudra confirmer l'efficacité de la pilule avec un test de grossesse. Autre méthode, la pose d'un stérilet dans les 5 jours qui suivent le rapport sexuel. Il s'agit d'une technique totalement efficace, même si certains médecins n'y sont pas favorables. Reste enfin, en dernier recours, l'interruption volontaire de grossesse (IVG) à laquelle on peut avoir recours jusqu'à 14 semaines après le premier jour des dernières règles.

 

Une appli contre les IST

Elle s'appelle MSTRisk et transforme les smartphones en outils pédagogiques. Créée à l'initiative du Syndicat national des dermatologues-vénérologues, cette appli qui tourne sur les téléphones Apple et Android vise à sensibiliser le grand public aux IST. Elle décrit ainsi les 12 symptômes des principales infections et présente à la fois les méthodes de dépistage et les traitements existants.

 


Vincent Delfau (Tribune Santé)

 

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