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Actualités santé

Frelon asiatique : ce qu'il faut savoir

[ Publié le 27 juillet 2016 ]

Débarqué en France métropolitaine en 2004, le frelon asiatique a conquis les trois quarts du pays. Face à la menace qu'il représente pour l'homme et pour la survie des abeilles, la vigilance et la réactivité s'imposent.

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Vespa velutina nigrithorax se plaît en France. Depuis son arrivée dans le Lot-et-Garonne, en 2004, dans un lot d'importation de poteries chinoises, le frelon asiatique ne cesse de conquérir notre territoire.

 

Il ne lui a fallu qu’une dizaine d’années pour s’installer dans la plupart des régions, n'épargnant l'an dernier que quinze départements. Même les environnements très urbanisés ne l'inquiètent pas : la présence de l'insecte a été signalée à plusieurs reprises aux portes de Paris et les spécialistes estiment qu'il pourrait envahir la capitale courant 2016.


Cette propagation fulgurante s'explique par la vitesse à laquelle l'hyménoptère est capable de se reproduire. Les nids dits « secondaires », souvent perchés à la cime des arbres, peuvent abriter jusqu'à 45 000 individus au cours de l'année. Sur cette population, les ouvrières restent dans le nid et vont finir par mourir à l’arrivée du froid, alors que plus de 500 femelles fondatrices - les reines - quittent le nid pour aller se cacher et hiberner durant l’hiver.

A leur réveil, au mois de mars, elles bâtissent leurs propres nids dits « primaires » dans un endroit protégé des intempéries, pour y fonder leurs colonies d'où s’envoleront de jeunes reines. Elles construiront un nid beaucoup plus gros, le nid secondaire, à partir du mois août. Même si toutes les femelles fondatrices ne survivent pas, la prolifération du frelon asiatique est qualifiée d'exponentielle.

« La présence d'un nid dans une commune laisse présager la survenue d'une dizaine d'autres nids l'année suivante », prévient Étienne Calais, vétérinaire, apiculteur et président de la Fédération régionale des organisations sanitaires apicoles d'Ile-de-France (Frosaif).

Frelons asiatiques et européens : pareils ou différents ?

Le frelon asiatique est légèrement plus petit que son cousin européen (vespa crabro) : le premier mesure en moyenne 3 cm (les ouvrières chargées des réserves peuvent atteindre 4,5 cm), contre 4 cm pour le second. Les quatre segments du thorax de vespa velutina (l’asiatique) sont noirs avec un liseré jaune-orangé entre les deux premiers et un dernier segment orange, alors que son cousin arbore une robe à dominance jaune barrée de bandes noires. Autre différence, la couleur des pattes : jaunes à leur extrémité chez le frelon asiatique, noires et brunes-rouges chez son parent européen.

 

Une menace pour les abeilles et l’Homme

Cette progression ne poserait pas de problème si elle n'induisait un double risque. D'abord, pour les abeilles que le frelon asiatique attaque et tue pour se nourrir. Déjà menacées par la toxicité des produits phytosanitaires, les abeilles ne disposent d'aucune parade pour se défendre contre vespa velutina. Ensuite, pour l'Homme qui fait l’objet d'attaques groupées synonymes de graves envenimations. Elles surviennent généralement quand la victime s'approche à moins d'un mètre d'un nid ou quand les frelons qui s'y trouvent perçoivent des mouvements intempestifs ou des vibrations. Leurs assauts sont fulgurants et répétés, car l'insecte ne perd pas son long dard (6 mm) après avoir piqué. Une cinquantaine de piqûres simultanées peuvent être fatales. Et une seule suffit en cas d'allergie. Plusieurs épisodes d'attaques mortelles ont déjà été rapportés dans l’Hexagone depuis l'arrivée du frelon asiatique. Même les apiculteurs, pourtant protégés par leur combinaison, ne sont pas à l'abri. L'insecte arrive si vite sur sa cible que son abdomen comprime sa poche à venin. Conséquence : une projection corrosive peut traverser la grille du masque et provoquer des brûlures oculaires.

 

Face à ces dangers, une note de service de la Direction générale de l'alimentation datant de mai 2013 prévoit la mise en place de plans régionaux de lutte contre le frelon asiatique par les apiculteurs. Des plans qui comprennent, entre autres mesures, une surveillance de la propagation du frelon ainsi qu'une sensibilisation des collectivités et de la population, souvent peu consciente des risques. En Ile-de-France, ce plan a été élaboré par la Frosaif, en partenariat avec la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (Fredon). Il prévoit notamment la désignation de référents dans chaque département, chargés d'assister les communes dans la mise en place de mesures de sécurité. Il intègre également une charte destinée à être signée par les désinsectiseurs, permettant de recenser ceux qui respectent les bonnes pratiques en matière d'éradication.

 

Piégeage et destruction

Pour endiguer la prolifération du frelon asiatique, plusieurs actions doivent être menées de front, à commencer par des mesures préventives de piégeage des femelles fondatrices de la mi-mars (quand elles sortent de l’hibernation) à la mi-mai. Il convient ensuite de procéder à la destruction systématique des nids primaires, jusqu'au début du mois d'août, pour endiguer la construction de nids secondaires - une recommandation pas suffisamment respectée, notamment chez les particuliers. Quand ces nids existent, ils doivent eux aussi être détruits jusqu'à la mi-novembre avant le départ des reines fécondées. En cas de découverte d'un nid secondaire, un appel au référent départemental puis à la mairie de la localité suffit à être informé des dispositions à prendre. Après confirmation par un agent sanitaire de la présence de vespa velutina, la destruction s'impose. Si le nid est installé chez un particulier, celui-ci doit s'adresser à une société privée de désinsectisation. L'intervention sera alors à sa charge. En revanche, si les frelons ont élu domicile sur la voie publique ou à proximité d'une école, ce sont les pompiers qui interviendront.

Détruire les nids primaires : une priorité

La destruction des nids primaires est essentielle : en limitant l’essaimage des nids secondaires (beaucoup plus gros et difficiles à atteindre), elle prévient la prolifération des frelons asiatiques.
Les nids primaires se situent souvent à hauteur d’homme (haie, local à vélo, toit d'un auvent etc.) et ils constituent un réel danger.
En effet les frelons attaquent à la moindre vibration ressentie et, notamment si on s’approche trop près du nid.

Quoi qu’il en soit, les sites d'intervention doivent être protégés en raison de l'agressivité manifestée par les insectes lors de ces opérations de destruction. Ces précautions s'appliquent également au voisinage qui doit rester confiné le jour de l'opération ainsi que les journées suivantes. Idéalement, la procédure de destruction d'un nid prévoit une intervention en deux temps : d'abord la destruction proprement dite puis,
48 heures plus tard, le retrait du nid. Nombreux sont malheureusement encore les professionnels qui rechignent à revenir.
Pour un nid secondaire, il est recommandé d'utiliser une perche de 22 m dont l'extrémité est équipée d'une bombe projetant de l'insecticide dans le nid et d'une lame visant à le réduire en morceaux 30 à 45 minutes plus tard

Vincent Delfau (Tribune Santé)

 

Sources : d'après le dossier sur le frelon asiatique réalisé par le Dr Martine ANDRE, journaliste scientifique, pour la FROSAIF (Fédération régionale des organisations Sanitaires Apicoles d'Ile de France) et la FREDON (Fédération Régionale de défense contre les organismes nuisibles)

 

Pour en savoir plus :

Groupement de défense sanitaire apicole d’Ile-de-France : www.gdsaif.fr

Fédérations régionales de défense contre les organismes nuisibles : www.fredon.fr

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