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Actualités santé

Addiction aux jeux en ligne : du pistage au dépistage

[ Publié le 5 juillet 2016 ]

Pour lutter contre la dépendance aux jeux en ligne, des chercheurs français proposent une intervention personnalisée. Le principe : un outil permettant de d'identifier les joueurs les plus à risque afin de les inciter à se faire aider.

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Sur les sites de paris en ligne, des messages de prévention informent du risque d'addiction. Pour autant, "rien ne permet de distinguer les joueurs qui développent une dépendance", prévient l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Aucun filtre ne les empêche donc de se connecter.

Analyser les profils des joueurs

Pour pallier ce manque, les chercheurs ont mis au point un outil d'analyse automatique des données en ligne. Objectif : repérer les comportements à risque en dressant le profil du joueur.

Prédire l'addiction

Le modèle statistique permettant de repérer les joueurs à risque a été mis au point en deux temps sur un site de poker en ligne. Tout d'abord un repérage des comportements problématiques a été effectué via 170.063 questionnaires médicaux et scientifiquement validés. Remplis en ligne, ces derniers contenaient chacun 9 questions évaluant le degré de dépendance. "Au total, 18% des répondants présentaient une addiction probable", révèle l'équipe du Pr Amandine Luquiens*.

Recouper les informations des joueurs

Ensuite, les chercheurs analysé la base de données du site web sur ses joueurs. Une technique possible et légale via l'exploitation de la base de données de l'Autorité de régulation des jeux en ligne (ARJEL). Cette autorité dispose en effet "des mouvements financiers effectués en ligne, (...) potentiellement exploitables à des fins de prévention". "Nous avons construit et validé un modèle prédictif, qui permet d'identifier les personnes dont le comportement de jeu est problématique, sur la base de leurs données et de leur comportement en ligne", se félicite Amandine Luquiens.

Dépister pour soigner ?

Les scientifiques ont pu dresser le profil du joueur à risque : "un homme de moins de 28 ans déposant de l'argent dès son inscription en ligne. [Il perd] en moyenne 1,70 euro par session et participe à plus de 60 sessions par mois". Contrairement aux idées reçues, "l'addiction n'est pas corrélée à la somme dépensée", constate le Pr Luquiens. D'ailleurs, seul un tiers des sujets dépendants sont confrontés à des difficultés financières. Les plus forts niveaux de dépendance sont relevés lorsque le quotidien s'organise autour du jeu. On parle alors d'envahissement temporel. En détectant les sujets à risque, ce dispositif pourrait faciliter la prise en charge. Les autorités de régulation pourraient par exemple envoyer "des e-mails de sensibilisation ciblés ou une modération en ligne auprès de joueurs dépistés", déclarent les scientifiques de l'INSERM. L'idée est simple : "proposer un accompagnement sans que les joueurs n'aient à faire de démarche(...). Une façon de protéger les utilisateurs et de favoriser le recours aux soins, souvent tardif chez les personnes dépendantes". A l'avenir, cet outil pourrait être développé pour d'autres types de jeux en ligne.

*unité 1178 INSERM /Université Paris Sud, « Santé mentale et Santé publique »

Source : INSERM, le 30 juin 2016

 

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