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Le travail de nuit dangereux pour la santé

[ Publié le 22 juin 2016 ]

Selon un rapport publié ce 22 juin par l'Agence nationale de Sécurité sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES), le travail de nuit induit des effets délétères sur la santé, notamment un risque de cancer. Une occasion de repenser l'organisation du travail ?

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Le rapport publié par l'ANSES confirme l'existence de risques avérés de troubles du sommeil et de troubles métaboliques, liés au travail de nuit. Les experts évoquent également les maladies cardiovasculaires et les cancers.

Le travail de nuit correspond à un emploi exercé entre 21h et 6h (à horaires fixes et alternants). En 2012, 3,5 millions de Français étaient concernés, soit 15,4% des salariés. "Ces derniers sont généralement soumis à des facteurs de pénibilité physique plus nombreux, une pression temporelle plus forte, des tensions avec leurs collègues ou le public plus fréquentes", indique l'ANSES.

 

Un risque probable de cancer

 

Le travail de nuit est ainsi susceptible de générer des effets sur la santé des travailleurs, notamment en raison des perturbations des rythmes biologiques. "Il se produit une désynchronisation entre les rythmes circadiens calés sur un horaire de jour et le nouveau cycle activité-repos/veille-sommeil imposé par le travail de nuit", précise l'ANSES. "Cette désynchronisation est aussi favorisée par des conditions environnementales peu propices au sommeil : lumière du jour pendant le repos, température en journée plus élevée que la nuit, niveau de bruit plus élevé dans la journée, rythme social et obligations familiales".

Les résultats de l'expertise mettent en évidence :

  • "Des effets avérés" sur la somnolence, la qualité de sommeil et la réduction du temps de sommeil total, et le syndrome métabolique ;
  • "Des effets probables" sur la santé psychique, les performances cognitives, l'obésité et la prise de poids, le diabète de type 2 et les maladies coronariennes;
  • "Des effets possibles" sur les dyslipidémies, l'hypertension artérielle et les accidents vasculaires cérébraux

Quant au risque de cancer, l’ANSES évoque un effet probable du travail de nuit : "Il existe notamment des éléments en faveur d'un excès de risque de cancer du sein associé au travail de nuit qui serait dû aux perturbations des cycles biologiques."

 

Repenser l'organisation du travail ?

 

Dans ses conclusions, l'Agence estime "que le recours au travail de nuit peut se justifier pour des situations nécessitant d'assurer les services d'utilité sociale ou la continuité de l'activité économique". Elle préconise cependant "l'optimisation des modes d'organisation du travail de nuit, afin d'en minimiser les impacts sur la vie professionnelle et personnelle des salariés." Elle souligne que tout ce qui réduit la désynchronisation des rythmes biologiques et la dette de sommeil est a priori favorable mais à ce jour, aucune recommandation précise sur les nouveaux modes d'organisation n'est formulée par l'ANSES qui estime nécessaire de mener des études "dans les instances de dialogue social appropriées".

 

Source : ANSES, 21 juin 2016

 

Mot-clef : Santé travail

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