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Encéphalite herpétique : une course contre la montre

[ Publié le 29 juin 2016 ]

Le traitement précoce de cette maladie inflammatoire de l’encéphale permet de réduire le taux de mortalité de 70 à 19%. Encore faut-il savoir la reconnaître…

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Derrière son regard clair et son sourire franc, Alain C. cache bien son trouble. Un mois après avoir été soigné pour une encéphalite herpétique, ce plombier niçois de 35 ans  a pu reprendre son travail. « Mais j’ai encore du mal à m’exprimer correctement, confesse-t-il en fronçant les sourcils. J’ai des blancs. Je pense à des mots précis que je n’arrive pas à prononcer. J’oublie des noms, des prénoms, etc. »


Le jeune homme suit des séances de rééducation pour « faire travailler (ses) méninges ». Il est inquiet : «  J’en ai encore pour trois mois. Après, on saura si j’ai complètement récupéré ou si je vais garder des séquelles à vie. »

L’encéphalite herpétique est une maladie infectieuse provoquée par le virus de l’herpès. Elle entraîne une inflammation de l’encéphale — cet ensemble composé du cerveau, du cervelet et du tronc cérébral — et peut gravement l’endommager.


L’infection s’attrape par contagion, lors d’un contact avec une personne porteuse du virus. Elle peut aussi se déclencher après une forte poussée d’herpès. Elle frappe indifféremment les hommes et les femmes, les enfants et les adultes, mais elle se développe plus facilement chez les sujets affaiblis ou immunodéprimés.



Premiers signes en moins de 48 heures


En l’absence de soins, la maladie est mortelle dans 70% des cas. Un traitement précoce permet, toutefois, de réduire ce taux à 19%. Il est donc important de savoir reconnaître les symptômes et d’agir sans perdre un instant !


Les premiers signes apparaissent en moins de 48 heures : fièvre, maux de tête qui peuvent faire penser à une grippe. Puis d’autres surviennent, plus spécifiques : confusion, diminution de la vigilance, somnolence, difficulté à énoncer des mots…


Certains examens sont alors requis pour confirmer le diagnostic : une ponction lombaire pour déceler une quantité anormale de globules blancs, un scanner cérébral pour évaluer les dégâts causés par l’inflammation, un électroencéphalogramme pour contrôler l’activité électrique du cerveau.


Si le soupçon d’encéphalite herpétique est avéré, le patient est immédiatement traité avec un médicament antiviral (aciclovir). Des corticoïdes peuvent être prescrits pour réduire l’inflammation. D’autres médicaments sont utilisés, au cas par cas, pour lutter contre un éventuel œdème cérébral ou faire tomber la fièvre.
Les séquelles de cette pathologie sont variables d’une personne à l’autre. Certaines cellules nerveuses, si elles sont détruites, ne peuvent être remplacées : on parle de « lésions cérébrales acquises ». Les capacités du cerveau sont alors irrémédiablement altérées – de façon plus ou moins grave. Ces lésions sont parfois à l’origine de crises d’épilepsie.


Comment se prémunir de ce risque ? Si on est soi-même porteur du virus, on peut anticiper sur les prochaines poussées d’herpès et éviter de transmettre la maladie. Si on n’est pas soi-même porteur du virus, il faut éviter de l’attraper en bannissant tout contact avec des personnes atteintes.


Des pistes, ouvrant la voie à un vaccin, sont actuellement à l’étude.


Cédric Portal

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