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Cosmétiques : savoir les choisir

[ Publié le 9 juin 2016 ]

Shampoing, lingettes ou mascara : pensez à jeter un œil aux ingrédients qui composent vos produits cosmétiques avant de les glisser dans votre panier. L'objectif : traquer les ingrédients ennemis de votre santé.

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Louis n'a que 2 ans et n'est pas encore propre. Pour se simplifier la vie, sa mère lui nettoie les fesses avec des lingettes. Pratique et rapide. Sauf qu'à chaque change, elle dépose sans le savoir du phénoxyéthanol sur la peau de son enfant. Comme elle ne prête pas attention aux étiquettes, elle na pas non plus remarqué qu'elle s'est acheté un dentifrice qui contient du triclosan. Et quand elle se prépare, là encore, elle s'expose à des substances dont elle ne soupçonne pas l’existence : parabène dans sa crème antirides, benzophénone dans son vernis à ongles, cyclopentasiloxane dans son mascara, méthylisothiazolinone (MIT) dans sa coloration capillaire…

Tous ces ingrédients aux noms imprononçables sont autorisés dans la fabrication des cosmétiques. Sont-ils pour autant inoffensifs ? Pas exactement. Ils sont d’ailleurs dans le collimateur de la communauté scientifique : perturbateurs endocriniens, agents irritants ou allergisants, leur présence n'est pas souhaitable dans des produits destinés à être appliqués sur la peau. Pourtant, elle n'est pas rare.

 

Un effet cocktail

Début 2016, l'enquête menée par le magazine UFC-Que Choisir a permis de trouver des substances préoccupantes dans 185 produits cosmétiques courants. Parmi eux, 55 contiennent un ingrédient (la méthylisothiazolinone-MIT) suspecté « de provoquer une vague d'allergie en Europe », souligne Laurence Wittner, cofondatrice et rédactrice en chef de l'Observatoire des cosmétiques. La substance est d'autant plus répandue qu'elle a remplacé les parabènes, aujourd’hui largement boudés par les consommateurs et, donc, délaissés par les industriels.

Parmi les produits passés au crible par l'association de consommateurs, plus de cent renferment des perturbateurs endocriniens qui menacent le bon fonctionnement du système hormonal. Problème, ils sont partout : environnement, alimentation, emballages… Si l’on ajoute, de surcroît, les perturbateurs endocriniens que renferment les cosmétiques directement appliqués sur la peau, « on s'expose à un effet cocktail dont les conséquences peuvent être sérieuses, indique le Dr Pierre-Michel Périnaud, président de l'association Alerte médecins sur les pesticides, qui travaille notamment sur les perturbateurs endocriniens. Il existe un consensus de la communauté scientifique sur les effets de ces substances : troubles de la fertilité, retards de croissance intra-utérine, déformations génitales chez l'enfant, troubles neurocomportementaux, risque majoré de cancers hormonaux-dépendants… »

 

Les ingrédients à bannir

Un bon indice de départ : plus la liste des composants est courte, moins le risque d'y trouver des substances toxiques est élevé. Pour le reste, proscrivez :

  •  Le triclosan, un conservateur bactéricide suspecté d'être un perturbateur endocrinien et d'induire des résistances bactériennes.
  •  La méthylisothiazolinone (MIT) et la méthylchloroisothiazolinone. Ces conservateurs, souvent associés, risquent de déclencher des allergies.
  •  Le phénoxyéthanol. Les dernières données scientifiques semblent innocenter cet autre conservateur, longtemps accusé d’entraîner des dommages hépatiques. Les experts de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) continuent néanmoins de recommander de ne pas l'utiliser dans des produits destinés au siège des enfants de moins de 3 ans.
  •  L’éthylhexyl-méthoxycinnamate, le butylphenyl-methylpropional et le cyclopentasiloxane, des perturbateurs endocriniens.
  •  L’hydroxyisohexyl 3-cyclohexene carboxaldehyde, des parfums au pouvoir très allergisant.
  •  Le sodium (ou ammonium) lauryl sulfate qui peut se montrer irritant.

Parmi les personnes les plus exposées figurent les femmes enceintes et les nouveau-nés, dont la peau est particulièrement perméable. Dès lors, prenez soin de bien choisir vos produits . Dans tous les cas, il est conseillé de redoubler de vigilance vis-à-vis des cosmétiques sans rinçage (lingettes, crèmes de jour et de nuit…). Enfin, apprenez à hiérarchiser : mieux vaut, par exemple, privilégier un fond de teint le plus « naturel » possible plutôt qu’une crème solaire sans conservateurs suspects. Le premier est d’usage quotidien, le second très ponctuel.  

 

Les cosmétiques en 5 questions

1 - Faut-il faire la chasse aux parabènes ?

Les consommateurs s’en sont chargés, en boudant les produits qui en contiennent. Conséquence, les industriels ont dû faire évoluer leurs formules. Ces ingrédients, souvent présentés comme de probables perturbateurs endocriniens, n’ont toutefois pas complètement disparu. En réalité, il faut distinguer les parabènes à longue chaîne carbonée et ceux dont la chaîne est courte. Les premiers sont à proscrire (butyl et propylparaben), les autres peuvent être utilisés sans risque (methyl et ethylparaben).

 

2 - La mention « Testé dermatologiquement » est-elle fiable ?

La réponse est non. « Les tests sont souvent faits à la va-vite, sur de petits échantillons de patients et n'ont pas de valeur statistique, explique le Dr Nina Roos, dermatologue. Ils ne garantissent pas que le produit soit dénué d'effets indésirables. » Même constat en ce qui concerne la mention « hypoallergénique » qui peut être apposée quand les principales substances allergènes sont absentes de la liste des ingrédients ou quand un test de sensibilisation a été réalisé sur un panel d'utilisateurs. « Dans les deux cas, les consommateurs restent exposés à un risque allergique, car ces précautions sont incapables d'assurer l'absence de substance allergisante », souligne Laurence Wittner, de l’Observatoire des cosmétiques.

 

3 - Grande surface ou pharmacie ?

Peu importe. Il y a davantage de produits de dermo-cosmétique en pharmacie, et de références meilleur marché en grande surface. Mais impossible d'en tirer des généralités. « On trouve de très bons cosmétiques en grande surface et d'autres moins recommandables en officine, indique Laurence Wittner. La seule règle à rappeler consiste à systématiquement regarder la liste des ingrédients. »

 

4 - Doit-on faire davantage confiance aux grandes marques ?

Pas si sûr. Elles ne mettent certainement pas le consommateur à l'abri d'ingrédients indésirables. L'enquête d’UFC-Que Choisir montre ainsi que plusieurs grandes marques de lingettes pour bébé renferment du phénoxyéthanol, et que plusieurs produits de référence contiennent des parabènes à longue chaîne.

 

5 - Les labels « bio » sont-ils une garantie contre les risques sanitaires ?

Non, mais ils les limitent. Leur cahier des charges impose de proscrire les principales substances dont la toxicité est prouvée ou suspectée. « En les utilisant, on évite très largement les risques liés aux perturbateurs endocriniens, assure Laurence Wittner. Mais on n'évite pas systématiquement les ingrédients les plus allergisants tels que les huiles essentielles, ni les tensio-actifs comme le lauryl sulfate, qui peuvent être très irritants. » EcoCert, Cosmebio, Nature et Progrès, Nature… Les labels bio sont nombreux et offrent des socles de garanties à peu près équivalents, selon notre experte.

 

 

Vincent Delfau (Tribune Santé)

 

En savoir plus

Alerte des médecins sur les pesticides

Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM)

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