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Actualités santé

Audition, un capital à préserver

[ Publié le 18 avril 2016 ]

Attention, oreilles fragiles ! Si beaucoup de seniors deviennent presbytes, nombreux sont également ceux concernés par la presbyacousie. Passé 60 ans, notre audition, à l'instar de notre vue, décline progressivement. La faute à nos cellules ciliées qui s'éteignent petit à petit, obérant du même coup notre acuité auditive. Mais les jeunes aussi peuvent voir leur audition décliner, par négligence ou méconnaissance des risques encourus à exposer ses oreilles au bruit. En clair, c'est tout au long de la vie qu'il faut en prendre soin, nous rappelle le Dr Didier Bouccara, médecin ORL à Paris.

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C'est à l'âge adulte qu'apparaissent souvent les premiers troubles auditifs. En quoi est-ce important de veiller aussi à l'audition des enfants ?

Dr Didier Bouccara - Il est important d'éviter d'exposer les jeunes oreilles à toutes les sources de stress auditif susceptibles d’entamer peu à peu leur capital auditif. Cela commence par une attention portée aux infections de la sphère ORL, comme les rhinopharyngites compliquées d'otites qui, mal soignées, peuvent se répéter et entraîner des petites pertes auditives. Celles-ci sont d'autant plus gênantes que les enfants sont en pleine acquisition du langage.


Autre élément à prendre en compte : l'exposition au bruit. Les jeunes enfants ne sont pas en mesure d'exprimer leur inconfort, ou même leur douleur, c'est donc à leur entourage de veiller à prendre quelques mesures de bon sens et à ne pas les exposer à des niveaux sonores déjà élevés pour un adulte.

 

L’écoute de musique avec un casque est de plus en plus répandue chez les enfants. Y a-t-il des risques pour leur audition ?

D.B. - L’écoute au casque nécessite des précautions. Près de 15 % des enfants de moins de 2 ans s’y adonneraient pour s'endormir ou agrémenter un long trajet. Outre les éventuels méfaits, ils prennent ainsi très tôt l’habitude d’avoir une source sonore directement dans les oreilles. Les parents doivent garder à l'esprit que les oreilles des enfants sont aussi fragiles que les leurs, voire peut-être davantage. Quel que soit l'âge, l'écoute au casque doit se faire à un volume raisonnable, avec des pauses en milieu calme, par exemple dix minutes toutes les quarante cinq minutes.  

 

Quels tests auditifs sont-ils recommandés chez les enfants ?

D.B. - Depuis quelques années, le dépistage de la surdité dès les premiers jours de vie est de plus en plus systématique dans les maternités. Environ 1 enfant sur 1000 présente des troubles de l'audition à la naissance. Par la suite, d'autres tests sont pratiqués par la médecine scolaire. En dehors de ces cas, quand l'enfant semble rencontrer des difficultés pour développer son langage, il faut s'adresser à un médecin qui décidera de l’opportunité de réaliser des tests adaptés à l’âge de l’enfant.

 

Quelles précautions doit-on prendre à l'âge adulte ?

D.B. - Les traumatismes auditifs peuvent être induits par l'environnement de travail, surtout en milieu industriel (machines très bruyantes…). La médecine du travail est très sensible à ce problème et multiplie les mesures de dépistage et de prévention, notamment par le port de protections auditives. C’est particulièrement le cas dans les grands entreprises, peut-être moins dans les plus petites. Quoi qu’il en soit, les travailleurs exposés au bruit doivent porter des dispositifs de protection adaptés. Mais les loisirs apportent aussi leur lot de traumatismes, notamment avec la chasse ou le bricolage. Casque antibruit obligatoire !

 

Attention aussi aux salles de concert ou aux discothèques où le niveau sonore dépasse régulièrement les limites réglementaires. Tenez-vous éloigné des enceintes, sortez prendre l'air régulièrement et adoptez des bouchons d'oreilles atténuateurs de bruit, souvent proposés par les organisateurs de concerts.

 

 

Quels sont les troubles auditifs les plus fréquents chez les seniors ?

D.B. - L'âge fait le lit de la presbyacousie. Cette diminution de l'acuité auditive varie d'une personne à l'autre en fonction de facteurs génétiques (dans certaines familles, la perte auditive s'installe plus tard) ou environnementaux : l'exposition au bruit tout au long de la vie, par exemple. Insidieuse, elle frappe d'abord les fréquences aiguës, non conversationnelles. Conséquence, la perte auditive peut passer inaperçue pendant une longue période, d'autant que, dans le même temps, le cerveau met en place des mécanismes pour la compenser. Mieux vaut agir avant que la perte auditive soit importante.

 

De quelle façon ?

D.B. - Quand arrive la soixantaine, il est raisonnable d'effectuer un bilan chez un ORL. En fonction du mode de vie, des activités et de la perte auditive, un appareillage pourra être conseillé, parfois associé à des séances de rééducation orthophoniques. Il est d’autant plus essentiel de réagir tôt que les troubles de l'audition comptent aussi parmi les facteurs de risque des troubles de la mémoire. Enfin, c’est la garantie de ne pas s’isoler socialement.  

 

Propos recueillis par Vincent Delfau (Tribune Santé)


Un traumatisme ? Réagissez sans attendre

Après une soirée au concert ou en boîte de nuit, vos oreilles sifflent, bourdonnent. Pire, vous avez la sensation d'entendre moins bien. Si ces symptômes gênants persistent après quelques heures de repos, n'attendez pas que la situation s'améliore spontanément. Seule une prise en charge rapide et l'administration d'un traitement précoce pourront limiter les conséquences d'un traumatisme aigu. Contactez votre médecin traitant qui vous orientera vers un ORL. Une audiométrie permettra de mesurer votre acuité auditive et de détecter les éventuelles séquelles. Le cas échéant, des médicaments vasodilatateurs ou à base de cortisone vous seront prescrits.

 

La cochlée, là où tout se joue

C'est au cœur de l'oreille interne que se cache la cochlée, un petit organe en forme d'escargot, essentiel à notre audition. La cochlée est tapissée de cellules ciliées. Or ces cellules réceptrices remplissent une mission de premier ordre : elles transforment les fréquences des sources sonores en signaux nerveux qui sont ensuite transmis au cerveau via le nerf auditif. A notre naissance, nous disposons d'environ 15 000 de ces précieuses cellules qui souffrent de deux handicaps majeurs : elles sont fragiles et ne se renouvellent pas. Confrontées à un bruit intense, elles risquent d'être altérées, voire détruites. Et ainsi de diminuer notre capital auditif.

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