Mon compte

Pas encore de compte ?  Créer un compte

Accueil > Actualités santé > Guillain-Barré : un syndrome qui met les nerfs à bout

Actualités santé

Guillain-Barré : un syndrome qui met les nerfs à bout

[ Publié le 15 mars 2016 ]

Le virus Zika favorise l’apparition de cette maladie très invalidante qui, depuis un siècle, interroge la médecine. Si on ignore toujours comment elle apparaît, on connaît désormais son mode d’action et les traitements possibles.

guillain-barre-nerfs

Un siècle après sa découverte par trois médecins français, le syndrome de Guillain-Barré s’est trouvé un nouveau vecteur : le virus Zika. Ce lien, établi par l’équipe du Pr Arnaud Fontanet de l’Institut Pasteur, remet crûment en lumière une affection qui frappe chaque année entre 1700 et 1800 personnes en France.

Cette maladie détraque notre système immunitaire : les lymphocytes, habituellement chargés de neutraliser virus et bactéries, se retournent contre notre propre organisme. Les cellules attaquent la myéline — une « gaine » servant à isoler les fibres nerveuses qui transmettent aux muscles les ordres du cerveau.

Si l’influx nerveux est seulement ralenti, les symptômes restent relativement bénins (fourmillements, perte de sensibilité, tachycardie, maux de tête…). Mais s’il est interrompu, les signes de faiblesse musculaire peuvent aller jusqu’à la tétraplégie.

 

« Pour moi, ça a commencé par des vomissements intensifs en octobre 2014 », témoigne Sarah Vescovi, âgée de 20 ans. « J’ai pensé qu’il s’agissait d’une gastro. Mais au bout d’une semaine, je ne tenais plus debout. Mon visage a commencé à se paralyser du côté gauche. Après avoir écarté l’hypothèse d’un AVC ou d’une tumeur au cerveau, les médecins ont diagnostiqué un Guillain-Barré. »

 

La jeune femme développe une forme sévère de la maladie : après quelques jours, elle ne peut plus ni bouger, ni parler, ni même déglutir.

 

«  Après deux mois en réanimation, j’ai pu de nouveau m’exprimer », raconte-t-elle. « Je croyais voir le bout du tunnel… mais j’ai fait une rechute ! Il m’a fallu une année complète de rééducation pour sortir la tête de l’eau. »

 

Une maladie mal connue

Jusqu’à présent, les experts n’ont pu déterminer pourquoi tel ou tel patient est touché. Mais il est établi que la maladie, diagnostiquée par ponction lombaire ou électromyogramme, est précédée deux fois sur trois par une infection virale ou bactérienne des voies respiratoires ou gastro-intestinales.

 

Bien avant le virus Zika, une grippe, une hépatite ou une rougeole étaient donc considérées comme des facteurs de risque. Tout comme la vaccination — mais dans une moindre mesure : le risque de Guillain-Barré est estimé à 1 cas pour 800 000 vaccinés, contre 4 à 7 pour 100 000 grippés.

 

Généralement, la paralysie est réversible : la myéline se régénère et les muscles fonctionnent à nouveau, même s’il faut une longue période de rééducation. Toutefois, un patient sur dix garde des séquelles motrices et 5% décèdent.

 

Deux traitements, quasi-équivalents, permettent de diminuer ou stopper l’inflammation des nerfs : l’immunoglobuline intraveineuse (on injecte des anticorps sains) et la plasmaphérèse (on remplace le plasma du malade).

 

« J’ai reçu également des antidépresseurs, confie Sarah Vescovi. Il ne faut pas hésiter à en réclamer, ça m’a aidé dans les moments difficiles. J’ai aussi eu la chance d’être entourée par mes amis et ma famille. »

 

Elle conclut dans un sourire : « L’essentiel, c’est d’essayer de toujours garder le moral. Le mental est peut-être le plus important. »

 

Cédric Portal

Pour en savoir plus : Orphanet, le portail des maladies rares et des médicaments orphelins

Avec votre code Mutuelle, accédez en plus aux blogs santé réservés

S'INFORMER

CHOISIR