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Déficience intellectuelle : une fragilité mal connue

[ Publié le 3 mars 2016 ]

En France comme dans le monde, la déficience intellectuelle (DI) touche 1% à 2% de la population. Mais que sait-on sur les origines de ce trouble et les méthodes de soutien qui existent ? Une équipe de l'INSERM apporte des réponses.

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Selon les termes de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), la déficience intellectuelle est définie comme "une capacité sensiblement réduite de comprendre une information nouvelle ou complexe, d'apprendre et d'appliquer de nouvelles compétences". Des limites du fonctionnement adaptatif sont aussi repérées. Pour en savoir plus, des chercheurs de l'INSERM ont compilé 2.500 données issues d'études internationales. Résultat, en France, l'incidence de la déficience intellectuelle est de 4 pour 1.000 habitants. Contre 10 à 20 pour 1.000 habitants dans sa forme légère.

Les hommes plus touchés

Dans 40% des cas, la survenue de la déficience intellectuelle ne trouve aucune explication. Mais certains facteurs de risque sont aujourd'hui connus : "la prévalence de la déficience intellectuelle légère est plus faible dans les milieux favorisés." Le sexe a aussi une incidence sur le taux de déficience intellectuelle : la population masculine est en effet majoritairement impactée. La prématurité, les retards de croissance intra-utérin et une forte exposition prénatale du fœtus à l'alcool exposent aussi l'enfant à cette diminution des capacités intellectuelles. Enfin, la piste génétique est envisagée.

Un dépistage insuffisant

En France, les méthodes de dépistage de la déficience intellectuelle sont insuffisantes. "Les questionnaires parentaux et échelles de développement précoce restent peu utilisés en pédiatrie pratique et en médecine générale", soulignent les chercheurs de l'INSERM. Conséquence : des failles dans le diagnostic, phase clé pour mettre en place l'accompagnement nécessaire. Pourtant, "les besoins de soins médicaux des personnes avec déficience intellectuelle sont nettement supérieurs à ceux de la population générale. Les problèmes de santé courants (bucco-dentaires, troubles de la vision, de l'audition) sont plus fréquents mais moins dépistés et soignés chez ces patients".

Pour un meilleur dépistage et plus de soutien, les chercheurs préconisent de renforcer la coordination des soins et la formation des professionnels. Des méthodes aujourd'hui déployées dans la prise en charge du cancer et de la maladie d'Alzheimer.

Renforcer l'accompagnement

Au quotidien, pallier la déficience intellectuelle s'accompagne d'une meilleure prise en charge avec des bilans de santé annuels et une responsabilisation du patient. Les parents doivent être intégrés à la prise en charge pour "qu'ils parviennent à voir leur enfant comme un individu en développement et pas seulement comme un enfant handicapé".

Pendant l'enfance et l'adolescence, la scolarisation dite "inclusive » (en milieu ordinaire) stimule l'apprentissage. Dans ce cas, un programme personnalisé est mis en place. L'objectif : s'adapter à la déficience du jeune, sans pour autant le marginaliser. Et faciliter ses capacités d'adaptation, essentielles lors de la transition entre l'école et le marché du travail.

A tout âge, une personne diagnostiquée pour une déficience intellectuelle peut progresser. Enfin, les dispositifs de prévention doivent permettre de détecter les situations à risque : les patients atteints de déficience intellectuelle sont "4 fois plus exposés aux risques de maltraitance".

Source : INSERM, le 1er mars 2016.

Mot-clef : Handicap mental

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