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Actualités santé

Le retour de la syphilis

[ Publié le 29 janvier 2016 ]

Associée à un passé lointain pour le grand public, la syphilis est une maladie sexuellement transmissible qui connaît une progression importante depuis plusieurs années en raison d’une diminution de l’emploi du préservatif.

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François 1er, Casanova, Dostoïevski, Baudelaire, Flaubert, Verlaine, Maupassant qui en est mort... La liste est longue des personnalités illustres atteintes par la syphilis. Si elle a fait des ravages à partir du XVIe siècle jusqu’à probablement toucher au XIXe siècle une personne sur cinq en Europe, elle a rapidement reculé dans les années 1940 avec l’usage de la pénicilline. Depuis elle est perçue dans le grand public comme une maladie du passé. En France, elle a fait l’objet d’une déclaration obligatoire jusqu'en juillet 2000, date à laquelle celle-ci a été supprimée en raison de sa quasi-disparition. Or, c’est pourtant au début des années 2000 qu’une recrudescence a été observée en Amérique du Nord et en Europe. Fin 2003, sur la côte ouest du Canada, apparaissent en quelques mois plus de cas qu’en vingt ans dans toute l’Amérique du Nord. En France, elle s’étend dans les grandes métropoles et touche depuis quelques temps les villes moyennes, au point qu’un médecin spécialiste des maladies infectieuses au Centre hospitalier de Brive (Corrèze), le Dr Bruno Abraham, a parlé récemment d’une « explosion » de la syphilis, avec une quarantaine de cas diagnostiqués dans la ville en 2015 contre une moyenne de deux cas par an précédemment.

 

Son dépistage est facilement réalisé par un test sanguin ou un frottis de la lésion, prescrit par un médecin, mais elle reste parfois longtemps insoupçonnée. Autrefois surnommée « la grande simulatrice », la syphilis est une infection sexuellement transmissible (IST) due à une bactérie (Treponema pallidum) qui peut en effet évoluer au stade primaire sans signe apparent. Généralement un chancre, c’est-à-dire une ulcération de la muqueuse ou de la peau, au niveau de la zone de contamination (région génitale, buccale ou anale), peut apparaître trois semaines après la contagion. La syphilis peut être transmise également par voie sanguine et placentaire, passant de la mère à l’enfant pendant la grossesse. Cette lésion, souvent indolore, disparaît fréquemment avant le deuxième stade qui survient trois à dix semaines après le chancre et se traduit par des éruptions cutanées sur le tronc, le visage, les mains, etc. Là encore ces lésions peuvent se résorber spontanément, mais en l’absence de traitement la maladie continue de progresser dans l’organisme. Trois à quinze ans après la contamination, une partie des patients présente des complications articulaires, nerveuses et cardio-vasculaires, parfois mortelles.

 

Extrêmement contagieuse, la syphilis est néanmoins simple à traiter. Aux deux premiers stades, une injection de pénicilline suffit à stopper la maladie, d’autant plus facilement qu’aucun cas de résistance aux antibiotiques n’a été constaté. Au stade tertiaire, très rare dans les pays occidentaux, plusieurs injections sont nécessaires. La recrudescence de la syphilis est liée à une baisse de l’usage du préservatif, elle-même associée à l’existence de traitements antiviraux pour le VIH qui réduit de façon importante le risque de transmission. Les hommes homosexuels et bisexuels représentent plus des trois quarts de la population touchée, mais la maladie peut concerner toute personne ayant des rapports sexuels non protégés.

Corinne Renou-Nativel  

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