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Actualités santé

Maisons de naissance : le "oui" du gouvernement

[ Publié le 30 novembre 2015 ]

Les sages-femmes viennent d'obtenir l'ouverture, en France, de neuf maisons de naissance à titre expérimental. Intime, convivial, familial, la maison de naissance offre la possibilité du non-médical. Explications.

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Le combat a porté ses fruits. Après plusieurs années de revendication, le Conseil National de l'Ordre des sages-femmes vient d'obtenir l'aval du gouvernement pour l'ouverture - à titre expérimental - de neuf maisons de naissance. Ces structures donneront la possibilité aux futures mamans d'accoucher sans assistance médicale. Le fruit d'un combat de longue haleine pour les sages-femmes et maïeuticiens (nom donné aux hommes exerçant ce métier).

Uniquement pour des maternités sans complication
Depuis plusieurs années, de nombreux professionnels de santé militaient pour donner aux femmes enceintes à bas risque le choix d'accoucher dans un cadre non médicalisé. Au total, neuf des 11 projets présentés en France métropolitaine et outre-mer ont été retenus. Cette expérimentation va durer cinq ans, et ne pourra concerner que les femmes sans complication au cours des 9 mois de grossesse, de l'accouchement et du suivi post partum.
Au cours de ces cinq ans de test, aucune autre maison de naissance ne pourra ouvrir ses portes. Après deux années de fonctionnement, chacune des 9 structures retenues sera pilotée par l'Agence Régionale de santé (ARS) compétente.

Diversifier l'offre périnatale
"Les femmes admises seront au préalable sélectionnées et ne devront présenter aucune pathologie et aucun risque avéré", détaille Marie Josée Keller, présidente du Conseil National de l'Ordre des sages-femmes. Pendant toute sa grossesse, la future maman bénéficiera d'un suivi personnalisé par une sage-femme référente. "Le jour de l'accouchement, la sage-femme connaît ainsi parfaitement le dossier médical de sa patiente, (...) une garantie supplémentaire de sécurité".
Si tout se passe bien, "après l'accouchement, les femmes ne sont pas hospitalisées. Elles rentrent chez elles quelques heures après la naissance, la sage-femme venant ensuite à leur domicile". Mais dès la moindre complication survenant au cours de la grossesse, la maman réintègre la prise en charge classique. En adossant ces maisons de naissance à des pôles médicaux, la maman et son enfant sont immédiatement transférés vers le service d'obstétrique en cas de problème pendant l'accouchement.

La France en retard
A l'étranger (Allemagne, Belgique, Etats-Unis, Québec, Suisse...), les maisons de naissance existent déjà depuis plusieurs années. Dans l'Hexagone, le combat a été long. "La France est un pays ou l'hospitalo-centrisme est très marqué. Il faut du temps pour que ce système évolue et que l'on puisse concevoir la naissance hors de la maternité", précise Marie Josée Keller.
Mais cet arrêté ne remet pas en question le caractère médical de la profession. En maternité aujourd'hui, le mode de prise en charge ne repose pas toujours sur le tout médical. "La patiente ne voit un médecin qu'en cas de complication". Preuve que l'accouchement "au naturel" et personnalisé a toute sa place. D'autant que les principales intéressées demandent elles-mêmes à être placées au cœur des décisions. Ainsi, en 2012, le Collectif interassociatif autour de la naissance (CIANE) a mené l'enquête auprès de jeunes mamans ayant formulé des souhaits sur le déroulement de leur accouchement. Résultat, 37% d'entre elles estimaient que "leurs demandes (accompagnement de la douleur...) n'avaient pas été respectées".

Source : Conseil National de l'Ordre des sages-femmes.

Mots-clefs : Grossesse , Naissance

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