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Actualités santé

La souffrance psychique au travail gagne du terrain

[ Publié le 24 juin 2015 ]

La part des salariés victimes de souffrances psychiques causées ou aggravées par le travail est en hausse constante depuis 2007, selon une étude de l'InVS. Et les femmes seraient deux fois plus concernées que les hommes.

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Les souffrances psychiques liées au travail ne cessent d'augmenter. Problème : il n'existe pas à ce jour de tableau de maladie professionnelle permettant sa réparation au sein des différents régimes de sécurité sociale. C'est ce qui ressort du dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), publié ce 23 juin par l'Institut de Veille sanitaire (InVS). Après les affections de l'appareil locomoteur (troubles musculo-squelettiques...), la souffrance psychique causée ou aggravée par le travail est le 2e groupe pathologique le plus souvent signalé.

La souffrance psychique au travail ne se limite pas au très médiatisé burn-out, ou syndrome d'épuisement professionnel. La réalité inclut des épisodes dépressifs (légers ou sévères), des troubles du sommeil, des conduites addictives... Dans ce contexte, sa surveillance épidémiologique apparaît primordiale.

Les cadres et les femmes plus touchés

Les auteurs du BEH ont ainsi mené, sur la période 2007-2012, une analyse, à partir d'un système de surveillance des maladies à caractère professionnel (MCP), mis en place par l'InVS et l'Inspection médicale du travail. Résultat, le taux de prévalence de la souffrance psychique liée au travail (c'est-à-dire la proportion de la population atteinte) est 2 fois plus élevé chez les femmes que chez les hommes (3,1% chez les femmes, contre 1,4% chez les hommes en 2012). L'épisode dépressif léger était, pour les hommes comme pour les femmes, le trouble le plus souvent rapporté par les médecins du travail jusqu'en 2010, avec plus d'un tiers des situations.

À partir de 2011, les troubles anxieux étaient les plus fréquents pour les deux sexes. En parallèle, les taux (moins élevés) du burnout et des états de stress post-traumatique ont augmenté continuellement sur la période et la part du "stress lié à l'emploi" a considérablement chuté. Les auteurs étayent l'hypothèse selon laquelle les salariés des catégories sociales élevées, principalement les cadres, seraient plus concernés que les autres catégories sociales.

Les chercheurs expliquent "qu'environ 480.000 salariés seraient touchés par ce phénomène. Il faut rappeler que la souffrance mentale liée au travail ne figure dans aucun tableau de maladie professionnelle et qu'en 2013, moins de 250 salariés présentant cette pathologie ont été indemnisés."

Source : BEH n°23, InVS.

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