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Actualités santé

Chirurgie de l'obésité : renforcer le suivi post-opératoire

[ Publié le 12 mars 2015 ]

Selon l'Académie nationale de chirurgie, le suivi des patients opérés dans le cadre d'un traitement de l'obésité serait insuffisant.

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A ce jour, 200.000 Français atteints d'obésité ont pu bénéficier de la chirurgie bariatrique. En plein essor, cette pratique réduit le risque de maladies chroniques associées à l'obésité. Résultat, le quotidien des patients est amélioré dans la majorité des cas. Des bénéfices notoires donc, mais selon l'Académie nationale de chirurgie, le suivi post-opératoire serait encore trop fragile.

Effets secondaires de la chirurgie bariatrique
La chirurgie bariatrique est en plein développement en France. Ainsi 40.000 opérations ont-elles été pratiquées auprès de patients présentant une obésité sévère, en 2014. C'est quatre fois plus qu'en Allemagne ou au Royaume-Uni. L'efficacité de cette technique est aujourd'hui bien démontrée. Cependant, comme pour tout traitement, les bénéfices peuvent s'estomper avec le temps et être associés à des effets secondaires. C'est donc en ces termes que l'Académie nationale de chirurgie dénonce le manque de rigueur dans le suivi. En fait, une fois l'intervention réalisée, beaucoup de patients sortent du parcours de soin, faute de consultations régulières programmées en post-opératoires. En 2009, la Haute Autorité de santé (HAS) avait pourtant publié ses recommandations en la matière.

Rester dans le parcours de soin
"Rares sont les centres qui suivent encore plus de la moitié de leurs patients au-delà de la deuxième année post-opératoire", décrit l'Académie. Laquelle s'est réunie le 30 janvier 2015, avec la Société française et francophone de chirurgie de l'obésité et des maladies métaboliques (SOFFCO-MM) pour identifier les obstacles aux soins.

Manque de temps et de formation
Les médecins spécialistes (endocrinologues, nutritionnistes...) "sont occupés par la prise en charge d'autres patients relevant de leur spécialité, et peu disponibles pour suivre les opérés pédiatriques", note l'Académie. La précarité fréquemment associée à l'obésité sévère constitue un facteur aggravant. En effet, aujourd'hui l'Assurance maladie ne prend pas en charge les consultations paramédicales (psychologues, diététiciennes, éducateurs médicosportifs). De nombreux malades ne peuvent accéder à ces soins et risquent en conséquence de reprendre du poids. "Contrairement à d'autres pays, il n'existe en France aucun moyen de contraindre un patient à être suivi", rappelle l'Académie. Pour autant, des pistes existent pour pallier ces difficultés. Ainsi l'Académie encourage-t-elle à une meilleure couverture de ces actes. Afin d'éviter que le patient ne sorte du système de soin, elle recommande par ailleurs aux professionnels de favoriser le travail en équipe. Enfin, l'action des associations de patients et les avancées de la recherche constituent des leviers essentiels pour renforcer ce suivi post-opératoire.

Source : Académie nationale de chirurgie, le 5 mars 2015

(Destination santé ©)

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