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Actualités santé

Ebola : tout ce qu'il faut savoir

[ Publié le 17 octobre 2014 ]

Avec un taux de létalité allant jusqu’à 90 %, la fièvre hémorragique Ebola est l’une des plus graves maladies virales chez l’homme. Alors que l’Afrique de l’Ouest est durement frappée par l’épidémie, les pays occidentaux cèdent, à leur tour, à la panique. Cette crainte est-elle légitime ? On fait le point.

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Comment l’attrape-t-on ?

Le virus Ebola se transmet à l’homme à partir des animaux sauvages malades (chauves-souris, singes, antilopes des bois, porcs-épics…) et se propage ensuite par transmission interhumaine. Comment ? Par contact direct avec tous les liquides biologiques : le sang essentiellement, mais aussi la sueur, les vomissements, le sperme, le lait maternel, les matières fécales, l’urine, etc. En Afrique, les rites funéraires, au cours desquels la population manipule directement le corps du défunt, jouent un rôle important dans la propagation du virus.

« Ce qu’il faut bien noter, c’est qu’il n’y a pas de transmission aérienne comme pour la grippe ou la rougeole, souligne le Pr Olivier Bouchaud, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Avicenne, à Bobigny. En clair, on ne peut pas contracter le virus en se trouvant simplement à côté d’une personne infectée. Un contact direct avec des sécrétions corporelles est nécessaire. »

La durée d’incubation de la maladie varie entre deux et vingt-et-un jours, avec une moyenne qui s’établit autour de dix jours. Tant qu’elle ne présente pas de symptômes, la personne n’est pas contagieuse.

 

Quels signes doivent alerter ?

Une fièvre élevée et brutale, des troubles digestifs (douleurs abdominales, nausées, vomissements, diarrhée), des douleurs musculaires et une grande fatigue sont les premiers symptômes. « Actuellement, la fièvre à virus Ebola est assez peu hémorragique. Seulement 1/5e des patients présentent une hémorragie, laquelle survient de façon tardive au cours de l’évolution de la maladie, ce n’est donc pas le signe d’alerte principal », explique le Pr Bouchaud.

La maladie se caractérise surtout par une très grande fatigue, la personne infectée n’a plus aucune force. « L’idée selon laquelle on pourrait être atteint de la fièvre Ebola sans s’en rendre compte n’a pas de sens, observe le Pr Bouchaud. En pratique, les patients sont déjà alités au moment où la contagion a le plus de risques de se faire. »

 

Peut-on en guérir ?

Même si une guérison spontanée (parfois avec des séquelles) est possible, il n’existe pas de traitement spécifique du virus Ebola. Quelques essais cliniques sont, cependant, en cours, avec trois types de traitements : par perfusion de sérum de convalescents, par anticorps monoclonaux ou par anti-protéases, ces derniers bloquant le développement du virus. « A ce jour, nous n’avons aucune preuve de l’efficacité de ces traitements potentiels », constate le Pr Bouchaud. Tout comme nous ignorons tout de leurs éventuels effets indésirables.

Toutefois, les patients qui peuvent être pris en charge sur le plan symptomatique ont des chances de guérir. « En premier lieu, il faut réhydrater le patient, indique le Pr Bouchaud. Parfois, on est aussi obligé de recourir à une transfusion ou une dialyse. Ces mesures de réanimation, même légères, permettent de faire varier le taux de mortalité. De 50 à 70 %, il pourrait passer à 40, voire 20 %. »


Comment s’en protéger ?

Les professionnels de santé qui sont en contact direct avec les patients doivent se protéger en portant des gants, des lunettes, un masque et une combinaison destinés à éviter toute projection sur la peau et les muqueuses. L’hygiène des mains (lavage systématique, désinfection avec des solutions hydro-alcooliques...) reste, par ailleurs, une mesure simple mais qui doit être rigoureusement appliquée. Toutes les surfaces souillées doivent être scrupuleusement nettoyées et désinfectées. De même, gants et vêtements de protection sont recommandés en cas de manipulation d’animaux infectés ou lors des rites funéraires.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il convient d’éviter de consommer la viande de brousse, a fortiori si elle est crue. En outre, les personnes résidant dans des zones où le virus est endémique, et présentant des symptômes de l'infection, doivent être mises en quarantaine. Enfin, les individus ayant eu des contacts avec les patients, dont l’infection a été confirmée, doivent être identifiés et placés sous surveillance pendant trois semaines.  

 

L’Europe est-elle menacée ?

Si la peur de l’épidémie est naturelle, elle n’est pas pour autant justifiée. « Ce grand fantasme, issu des épidémies de peste et de choléra, est profondément ancré dans la mémoire collective. Mais il n’y a aucun danger qu’une épidémie d’ampleur se déclenche aujourd’hui en Europe et dans les pays industrialisés », insiste le Pr Bouchaud.

En France, douze hôpitaux équipés de services spécialisés en infectiologie sont susceptibles d'accueillir des personnes contaminées par le virus Ebola. Formé, le personnel est prêt à faire face. « Au pire, on pourrait voir une micro-épidémie se développer autour d’un cas qui parviendrait à passer tous les filtres. Mais vu le niveau d’alerte en cours et les moyens dont nous disposons, la personne serait immédiatement identifiée et prise en charge, assure le Pr Olivier Bouchaud. Le risque qu’il y ait une diffusion auprès d’une part importante de la population est vraiment extrêmement peu probable. »

Pour plus d’informations sur Ebola, le ministère de la Santé et des Affaires sociales a mis à la disposition du public un n° vert, le 0 800 13 00 00 (appel gratuit), disponible 7j/7.  

Ariane Langlois (Tribune Santé)


Ebola, d’hier à aujourd’hui

Le virus Ebola est apparu pour la première fois en 1976 à Yambuku, une ville du Zaïre (actuelle République démocratique du Congo), située près de la rivière Ebola. L’équipe internationale, dirigée par le médecin belge Peter Piot, identifie un virus géant ressemblant à un ver et parvient à stopper sa propagation. Cette première épidémie fait 318 morts au Zaïre et 284 victimes à Nzara, dans le sud du Soudan, où un second foyer d'infection est également découvert. L’épidémie qui sévit aujourd’hui dans trois pays d’Afrique de l’Ouest (Liberia, Guinée et Sierra-Leone) est la plus grave et la plus complexe depuis la découverte du virus. Elle a d’ores et déjà fait plus de victimes que toutes les précédentes réunies.

Mots-clefs : Fièvre , Système immunitaire

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