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Actualités santé

La chirurgie du genou de plus en plus rapide

[ Publié le 26 septembre 2014 ]

Une rupture du ligament croisé antérieur (genou) nécessite une rééducation. La chirurgie n'est véritablement recommandée que chez les jeunes, surtout les sportifs. Il est même désormais possible de se faire opérer en ambulatoire, même si cette prise en charge ne peut pas être généralisée à tous.

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Une rotation trop brutale avec un appui mal équilibré, une réception malheureuse après un saut mal calculé... Et c'est la rupture du ligament croisé antérieur (LCA) du genou. Aigüe, la douleur s'accompagne d'un craquement bruyant. Tel est le ressenti qu'en a souvent la victime suivi, très rapidement, d'un important gonflement du genou affecté. Le diagnostic sera confirmé à l'IRM.

Mais, si la rupture du LCA s'accompagne d'une entorse par, ça fait mal! Allez-vous "passer sur le billard"? Serez-vous immobilisé longtemps? Ce n'est pas sûr du tout. Et même lorsque l'option chirurgicale est retenue, l'hospitalisation peut ne durer que quelques heures.

Le recours à la chirurgie n'est pas systématique
En avant-première des Journées internationales de médecine du sport (Ile Maurice, novembre 2014), nous avons interviewé le Dr Matthieu Meyer. Comme nous l'a expliqué ce jeune chirurgien orthopédiste (Clinique Paris V), après une rupture du ligament croisé antérieur (LCA), le recours à la chirurgie n'est pas du tout systématique. Les médecins considèrent souvent qu'une bonne rééducation permet de renforcer la musculature du genou et de reprendre une activité sportive privilégiant les sports dits "de décharge", comme la natation ou le vélo.

Mais "à la suite d'une rupture du LCA, même lorsque le genou reste stable, les ménisques sont davantage soumis à contribution et peuvent s'user plus rapidement avec un risque d'arthrose précoce", poursuit-il. "Pour l'éviter, le recours à la chirurgie est plus volontiers recommandé chez le jeune, surtout s'il est sportif. Cela permet de préserver le capital méniscal." Chez les patients plus âgés, le recours chirurgical sera réservé à ceux chez lesquels des accidents liés à l'instabilité du genou continuent de se produire, en dépit d'une rééducation sérieusement menée.

De 3 jours à 1 jour d'hospitalisation désormais...
Il y a quelques années encore, trois jours d'hospitalisation étaient généralement nécessaires après opération d'un LCA. Parfois même jusqu'à une semaine. "Il est aujourd'hui fréquent que les patients quittent le milieu hospitalier dès le lendemain de l'intervention", souligne Matthieu Meyer. "Et depuis le début de l'année 2014 nous pratiquons même cette chirurgie en ambulatoire, donc sans hospitalisation." La technique chirurgicale est rigoureusement inchangée. "Ce qui a évolué, c'est la prise en charge de la douleur post-opératoire, et l'organisation de la rééducation."

Des suites opératoires inchangées, en ambulatoire
Introduite depuis quelques mois seulement, la chirurgie ambulatoire du LCA représente aujourd'hui moins de 10% des interventions pratiquées. Le recul est encore insuffisant pour en tirer des conclusions très tranchées. Matthieu Meyer concède que cette approche "est réaliste et semble donner des résultats comparables à ceux de la chirurgie conventionnelle. Les suites opératoires sont inchangées, et la récupération fonctionnelle aussi bonne dans un cas que dans l'autre." S'il ne s'agit pas d'une révolution technique, cette évolution est bien dans l'air du temps.

La chirurgie ambulatoire intéresse beaucoup la société civile. Car elle évite "tous les frais inhérents au suivi post-opératoire durant la nuit." Une économie encore toute théorique, puisque l'Assurance maladie et les complémentaires accordent la même prise en charge, que le patient soit opéré en ambulatoire ou non. Si demain les organismes de financement décidaient par exemple de ne plus prendre en charge de la même façon l'hospitalisation post-opératoire, des évolutions rapides pourraient être observées!

Prendre en charge la douleur
Pourtant cette approche, si intéressante soit-elle, ne pourra être généralisée. D'une part, "la chirurgie du LCA est assez invalidante sur le plan fonctionnel durant les premiers jours suivant l'intervention." Elle ne sera donc pas applicable à des patients isolés, ou vivant dans des conditions de confort précaire (absence d'ascenseur par exemple). D'autre part, "si le recours à la chirurgie ambulatoire était élargi demain, nous devrions résoudre un certain nombre de problèmes d'organisation : pour qu'un patient puisse être opéré en ambulatoire, l'intervention doit être pratiquée le matin. L'après-midi est en effet consacré à la prise en charge de la douleur post-opératoire et à l'organisation de la rééducation. Que ferions-nous alors pour les patients opérés l'après-midi?"

Technique prometteuse donc, qui offre des résultats de haut niveau tout en optimisant les dépenses. Mais elle laisse bien des questions ? techniques, logistiques - en suspens. Elle fera l'objet d'une présentation aux prochaines Journées internationales de médecine du sport (JIMS), organisées à l'Ile Maurice, les 23-28 novembre 2014. Des médecins du sport, mais aussi des sportifs de haut niveau, y donneront des points de vue fondés sur leurs expériences de cliniciens... et de patients.

Source : Interview du Dr Matthieu Meyer, 8 septembre 2014.
(Destination santé ©)

Mot-clef : Hospitalisation

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