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Stress au travail : attention danger !

[ Publié le 10 avril 2014 ]
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Le stress est un moteur. A petites doses, il nous aide à franchir des périodes de travail chargées ou difficiles. Mais sur la durée, le stress peut provoquer des affections graves, et notamment cardiovasculaires. En cas de surmenage, n’hésitez pas à en parler.

Il est notre « pire ami ». De fait, le stress présente deux visages. S’il s’agit, au départ, d’une réaction naturelle destinée à répondre à une situation donnée, ce réflexe d’adaptation doit rester ponctuel. Car si le phénomène s’installe dans le temps, il peut entraîner des risques pour l’organisme. Or, selon l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS), plus de 1 salarié européen sur 5 déclare ressentir des symptômes liés au stress au travail. (1)

           



Les principaux signes

Les manifestations du stress sont nombreuses. « Les personnes soumises au stress sur la durée deviennent irritables, peuvent rencontrer des problèmes de sommeil, développer des comportements addictifs envers des aliments ou des excitants comme le café ou le tabac, détaille le Dr Patrick Légeron, psychiatre et attaché de consultation à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris. A cela s'ajoute aussi le risque de dépression. » Aucune alerte ne doit d’ailleurs être négligée. « Le risque d’accident cardiovasculaire est multiplié par deux chez une personne stressée », prévient le Dr Pierre Setbon, cardiologue. Palpitations, tremblements, sueurs, bouffées de chaleur… Autant de signes qui doivent vous amener à consulter.      

 

Certes, le contexte socio-économique et les nouveaux outils de communication contribuent à entretenir cet état permanent de stress. Pour autant, ils ne sont pas les seuls en cause. Il faut également tenir compte de l’effet pervers du stress. « Les situations de stress déclenchent la libération d’hormones, dont l’adrénaline, décrit le Dr Setbon. Ce qui explique que, dans un premier temps, il y ait une sorte d’émulation. On se sent bien et on en redemande. » Il faut donc apprendre à dire « stop », avant que l’organisme ne s’en charge… à vos dépens. Si l’on en croit une enquête publiée début 2014, plus de 3 millions d’actifs présentent, en France, un risque élevé « burn-out », autrement dit, sont au bord de l’épuisement professionnel. (2)

 

Les bons réflexes

Mais comment réagir ? Tout d'abord, évitez de vous jeter sur les substances addictives, à commencer par le tabac. « A chaque bouffée, la cigarette multiplie par trois la sécrétion d’adrénaline, celle-là même qui est responsable de notre stress », avertit Pierre Setbon. Et ce qui vaut pour la cigarette est également vrai pour l’alcool. En cas de stress, il faut au contraire apprendre à ménager son corps et à se dépenser. L’action antistress de l’activité physique est en effet avérée : il suffit parfois seulement de changer ses habitudes pour faire baisser son niveau de stress. « Aller travailler à pieds, descendre une station de bus ou de métro plus tôt, monter les marches, c'est déjà efficace », affirme le Dr Légeron. Dans le même ordre d’idées, pensez à pratiquer quelques exercices de relaxation et de respiration (notamment ventrale), y compris au bureau.

 

Mais le plus important est d’en parler autour de vous. « Toutes les études montrent que l’isolement est dangereux. ». Si vous vous sentez isolé, n’hésitez pas à vous tourner vers le médecin du travail, le Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) ou les délégués du personnel. Encore faut-il pour cela admettre qu’être surmené n’est pas une faiblesse : il n’y a aucune honte à le reconnaître, moins encore à une époque où de plus en plus de personnes sont concernées.

 

« En France, nous attendons du travail bien plus qu’un salaire à la fin du mois, observe le Dr Légeron. Il doit apporter reconnaissance, épanouissement, etc. Résultat, nous surinvestissons le domaine professionnel. Or personne ne placerait tout son capital sur une même action. C’est la même chose dans la vie, il faut diversifier les sources d’intérêt. » Ce qui s’appelle prendre du recul. Les études sur le sujet montrent d’ailleurs que les actifs ayant d’autres « passions » (hobby, famille, amis…) souffrent moins du stress.

 

Pas de médicament miracle

En revanche, ne vous fiez pas aux molécules chimiques. « Il n’existe aucun médicament contre le stress à proprement parler, seulement contre les effets du stress, à l’instar des somnifères, antidépresseurs, tranquillisants, etc. », prévient le psychiatre. Pour sa part, le Dr Pierre Setbon leur préfère les bêtabloquants, habituellement prescrits en cardiologie pour bloquer l’action, entre autres, de l’adrénaline. « La bonne tolérance et l’efficacité sur les symptômes du stress de ces médicaments en font, selon moi, une bonne alternative aux psychotropes. C’est très répandu chez les artistes pour lutter contre le trac, mais nous n’avons pas encore l’habitude de prescrire ce type de médicament à des personnes stressées. » Quoi qu’il en soit, précise-t-il, pas d’utilisation sans consultation préalable. « Il faut savoir qu’il s’agit d’une transition. Une fois le patient moins stressé, il faut envisager la fin du traitement. »

 

Eviter le stress passe surtout par des aménagements au quotidien, voire une remise en question de son mode de vie. Et mieux vaut agir vite : une récente étude finlandaise révèle que plus les personnes ont été soumises au stress pendant leur vie, plus elles risquent d'être hospitalisées après 65 ans. Dès 1999, un rapport sur le stress réalisé pour le compte de la Commission européenne annonçait la couleur. Son titre ? Le stress : piment de la vie ou baiser de la mort. (3)

Ariane Griessel (Tribune Santé)



(1) www.inrs.fr/accueil/risques/psychosociaux/stress.html

(2) www.technologia.fr/blog/wp-content/uploads/2014/01/Burn-out-Etude-clinique-et-organisationnelle-janvier-2014.pdf

(3) https://osha.europa.eu/data/links/guidance-on-work-related-stress

 

Le syndrome général d’adaptation

 

Mis en évidence en 1936 par l’endocrinologue Hans Selye (1907-1982), un pionnier des études sur le stress, le syndrome général d'adaptation régit notre comportement face à une situation de stress selon trois phases :

 

  • Alarme : le corps se prépare à réagir. La tension artérielle augmente, tout comme la vigilance.

  • Résistance : l’organisme sécrète des hormones qui doivent nous aider à nous défendre sur la durée.

  • Epuisement : la situation de stress perdure, le corps continue à sécréter des hormones, mais l'organisme n’arrive plus à faire face.

 

En savoir plus

  • Le stress au travail, Patrick Légeron, éd. Odile Jacob, 2003 (poche 2006).

  • Ma Médecine antistress, Pierre Setbon, éd. du Moment, 2014.

 

Mots-clefs : Psychologie , Santé travail , Stress

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