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Cancer colorectal : un dépistage plus efficace

[ Publié le 2 avril 2014 ]
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Généralisé en 2009, le dépistage du cancer colorectal pourrait connaître un nouvel élan avec l’arrivée du test immunologique en novembre 2014. Objectif, favoriser une meilleure adhésion des 50-74 ans. Actuellement, le taux de participation dépasse à peine les 30 %. Or ce cancer tue près de 18 000 personnes chaque année.

 

« Le test immunologique marque une étape importante dans la politique de dépistage, car il est plus fiable et plus simple d’utilisation que le test Hemoccult utilisé à l’heure actuelle », avance Frédéric de Bels, docteur en pharmacie et responsable du département dépistage au sein de l’Institut national du cancer (INCa).

 

Selon les études disponibles, ce test de nouvelle génération permet de détecter 3 à 4 fois plus d’adénomes et 2,5 fois plus de cancers. L’équation est simple : ce sont 5 400 décès par an qui seront évités contre 2 500 avec le test Hemoccult. Cette différence tient à la technique employée. Le test immunologique utilise des anticorps à même de reconnaître de manière spécifique l’hémoglobine dans les selles, d’où sa plus grande performance comparée au test en vigueur aujourd’hui qui, lui, réagit de façon moins sélective.

 

Outre sa fiabilité, le test immunologique sera également plus simple à manipuler. Un seul prélèvement de matières fécales suffira, contre six au total sur trois selles différentes avec le test Hemoccult. « Selon les études publiées, le taux de participation au dépistage organisé devrait progresser de 10 à 15 %, ce qui permettrait d’approcher un taux de 45 % environ contre 32 % aujourd’hui, se réjouit Frédéric de Bels. En attendant, le test Hemoccult reste bien sûr toujours recommandé. Il peut permettre de gagner quelques mois, ce qui n’est pas négligeable lorsqu’on a effectivement un cancer. »

 

90 % de guérison en cas de diagnostic précoce

 

Lorsqu’il est diagnostiqué suffisamment tôt, le cancer colorectal se soigne bien : le taux de guérison atteint 90 %. Comment expliquer, dès lors, que ce cancer soit l’un des plus fréquents (42 000 nouveaux cas chaque année) et, surtout, l’un des plus meurtriers ? Avec quelque 18 000 décès par an, il se situe juste derrière le cancer du poumon.

 

L’une des explications tient au fait que le cancer colorectal mobilise peu. Témoin, le faible retentissement du dépistage organisé et gratuit qui est proposé tous les deux ans aux personnes âgées de 50 à 74 ans. Le nouveau test, attendu pour le quatrième trimestre 2014, réussira-t-il à modifier la perception de ce dépistage auprès de la population ? C’est en tout cas l’espoir des gastro-entérologues et, au-delà, des autorités de santé qui ont décidé, dans le cadre troisième plan Cancer (2014-2019), de mettre précisément l’accent sur le renforcement du dépistage systématique.      

 

Dépistage, mode d’emploi

 

Si des progrès sont attendus avec le test immunologique, la marche à suivre demeure, elle, inchangée. « Dans les faits, l’arrivée de ce nouveau test ne va pas changer fondamentalement le déroulement du programme de dépistage », confirme Frédéric de Bels.

 

En pratique, dès 50 ans, les hommes et les femmes reçoivent un courrier à leur domicile les incitant à consulter leur médecin traitant. Celui-ci commence par évaluer le niveau de risque du patient et, en l’absence de facteur de risque particulier, lui remet le test après en avoir expliqué le mode d’emploi.

 

Dans près de 98 % des cas, le résultat est négatif. Et même si, dans 2 à 3 % des cas, un saignement est détecté, cela ne signifie pas forcément la présence d’un cancer. Une coloscopie est toutefois nécessaire. Pratiqué sous anesthésie générale, cet examen permet de visualiser l’intérieur des intestins et d’enlever d’éventuels polypes avant qu’ils ne se transforment en tumeurs malignes.

 

Le dépistage doit être renouvelé tous les deux ans jusqu’à l’âge de 74 ans. « En effet, si un premier test est passé à côté d’un cancer à un stade très peu évolué (il arrive que certains cancers débutants ne saignent pas, ndlr), le test suivant pourra le détecter à un stade encore peu avancé et, donc, encore facile à soigner », indique Frédéric de Bels.

 

Entre deux tests, le patient est invité à rester vigilant : tout signe anormal (saignements dans les selles, amaigrissement inexpliqué, douleurs abdominales ou troubles du transit récents et persistants) doit amener à consulter pour en chercher la cause. Gageons que la prochaine mise à disposition du test immunologique permettra de lever le tabou qui entoure ce dépistage.   

 

Sophie Pensa (Tribune Santé)

En savoir plus : www.e-cancer.fr/


La prévention passe aussi par l’hygiène de vie

 

Une bonne hygiène de vie limite les risques de développer un cancer colorectal. Voici les principales recommandations :

  • Ne pas fumer.
  • Pratiquer une activité physique quotidienne (au minimum trente minutes de marche par jour).
  • Limiter sa consommation d’alcool (ne pas dépasser 2 à 3 verres par jour pour les hommes et 1 à 2 verres pour les femmes).
  • Consommer beaucoup d’aliments riches en fibres (céréales et légumineuses, fruits et légumes).
  • Limiter sa consommation de viande rouge et de charcuteries à environ 300 g par semaine.
  • Diversifier ses sources de protéines (viandes blanches, œuf, poisson, protéines végétales).

 

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