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La France toujours en manque d'IRM

[ Publié le 6 février 2014 ]

Les délais d'attente pour un examen d'imagerie par résonance magnétique sont très longs en France. Un problème qui dure et que les pouvoirs publics ne sont pour l'instant pas parvenus à résoudre.

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Le 3e Plan cancer présenté par François Hollande le 4 février devrait mettre l'accent sur la réduction des inégalités face au cancer. Et en réalité, c'est d'une révolution dont la France a besoin pour relever ce défi. Le (très) faible niveau d'équipement en imagerie par résonance magnétique (IRM) s'avère extrêmement préjudiciable pour la santé des Français. Une perte de chance que les précédents Plans cancer devaient pourtant résorber.

Les objectifs ne sont pas atteints
Dans son rapport sur le 3e Plan cancer, Jean-Paul Vernant, professeur d'hématologie à l'Université Pierre et Marie Curie (Paris) avait mis l'accent sur les inégalités liées au cancer. Il avait particulièrement insisté sur les problèmes d'accès à l'imagerie médicale. Et ce malgré les objectifs définis par les deux premiers Plans cancer. Les effets d'annonce étant restés au point mort. Résultat, en 2011, le délai moyen d'accès à un examen d'IRM pour les cancers du sein, de l'utérus et de la prostate s'établissait à 27,4 jours ! Aucun des objectifs fixés par le 2e Plan cancer n'a été atteint :
- Dix machines IRM/million d'habitants dans chaque région en mars 2011. 
- Augmenter le parc d'IRM à 12 machines/million d'habitants d'ici à 2013, dans les dix régions ayant la mortalité la plus élevée par cancers. 
- Parvenir à des délais d'attente pour les examens en cancérologie de 15 jours en moyenne dans les régions les plus touchées par le cancer.
Selon le collectif Imagerie santé avenir (ISA) qui a réalisé une étude sur le sujet au mois de mai 2013, "force est de constater que seulement trois régions sur dix, à risque élevé sur le plan oncologique ont atteint l'objectif du taux d'équipement (le Nord-Pas-de-Calais, l'Ile-de-France et Champagne-Ardenne). A l'inverse certaines demeurent très en deçà de cet objectif (la Bourgogne continue à avoir un taux d'équipements inférieur à 7 IRM/million d'habitants par exemple). En ce qui concerne les douze autres régions métropolitaines, une seule (Aquitaine) présente début 2013 un taux d'équipement supérieur à 11 IRM/million d'habitants".

Trois fois plus d'IRM par habitant en Allemagne
Concernant le délai d'attente, il reste à un niveau deux fois plus élevé que les objectifs définis (15 jours). Selon l'ISA, "en 2013, il est à nouveau supérieur à 30 jours. Certaines régions se caractérisent par des délais atteignant presque 50 jours." C'est le cas dans la région Basse-Normandie, où vous devez en moyenne attendre près de 50 jours ! Ces résultats sont plus qu'inquiétants, voire navrants. "Cette situation n'est pas acceptable d'un point de vue de santé publique", indique l'ISA. Les malades sont en effet contraints à attendre de longues semaines dans une incertitude angoissante par rapport à leur état de santé. Espérons que les annonces présidentielles de ce jour seront enfin suivies d'effet. Sans un accès de tous aux IRM dans un délai respectant au moins les objectifs du 2e Plan cancer, il est illusoire de faire reculer le fardeau de cette maladie. Comme le soulignait le Pr Vernant, "c'est essentiel pour le dépistage, le diagnostic, le bilan d'extension, le traitement et la surveillance de nombreux cancers". Pour rappel, le taux d'équipement national en métropole se situe aujourd'hui à 10,1 IRM/million d'habitants, contre 23 IRM/million d'habitants en Allemagne.

Sources : Pr Jean-Paul Vernant, Recommandations pour le troisième Plan cancer, juillet 2013. ISA France, décembre-mai 2013.

(Destination santé ©)

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