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Sida : la pandémie enfin contrôlée ?

[ Publié le 2 décembre 2013 ]
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Trente ans après la découverte du VIH, on ne guérit toujours pas du sida. Pourtant, les avancées thérapeutiques ont été spectaculaires au cours des trois dernières décennies. Et, plus que jamais, il semble possible de parvenir à contrôler la pandémie… En attendant un prochain vaccin ?

Trente ans après la découverte du VIH, on ne guérit toujours pas du sida. Pourtant, les avancées thérapeutiques ont été spectaculaires au cours des trois dernières décennies. Et, plus que jamais, il semble possible de parvenir à contrôler la pandémie… En attendant un prochain vaccin ?

 

Janvier 1983 : une équipe française de l’Institut Pasteur isole le LAV – qui sera plus tard appelé VIH –, le virus responsable du sida. Trente ans et plus de trente millions de victimes plus tard, le sida est passé du stade de pathologie émergente à celui de pandémie. Trois décennies au cours desquelles la recherche n’a pourtant cessé d’avancer avec l’apparition, dès 1987, de l’AZT, le premier médicament efficace dans le traitement de la maladie.

 

 

Cet antirétroviral est rapidement suivi par d’autres classes de molécules, jusqu’au « grand tournant de 1996, une année marquée par l’apparition des inhibiteurs de protéase », rappelle le Pr François Bricaire, chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. « Combinés à d’autres médicaments dans des trithérapies, ils permettent de constater une restauration de l’immunité des malades et, parallèlement, un net décrochage de la mortalité. »

 

Le virus inhibé

Aujourd’hui, la famille des antirétroviraux s’est encore enrichie de nouvelles molécules pour former des multi-thérapies toujours plus efficaces. Avec, pour résultat, des progrès considérables tant sur le plan thérapeutique que sur la qualité de vie des patients.

 

« On dispose désormais d’un traitement beaucoup plus léger, entraînant moins d’effets indésirables, capable de restaurer une immunité normale, d’inhiber le virus et de le rendre indétectable, explique le Pr Jean-Michel Molina, chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Saint-Louis, à Paris. Finalement, quand la charge virale est correctement contrôlée, l’espérance de vie des personnes séropositives est la même que celle de l’ensemble de la population. »

 

A condition toutefois qu’elles aient bénéficié le plus tôt possible d'un traitement. « Il faut combattre le virus avant qu'il ait eu le temps de faire des dégâts, résume le Pr Bricaire. C’est bénéfique non seulement pour le patient séropositif, mais également pour l’ensemble de la population. En diminuant le plus tôt possible la charge virale des personnes contaminées, on réduit les risques de transmission de la maladie. »

 

C’est dans cette logique que l’antirétroviral Truvada a été récemment autorisé à titre prophylactique aux Etats-Unis, et qu’il fait l’objet d’un essai en France, baptisé « Ipergay ». « L’objectif est de regarder si les personnes séronégatives qui ont des conduites à risque peuvent éviter la contamination grâce à ce traitement, décrypte le Pr Molina. Si cela fonctionne, nous serons peut-être en mesure de contrôler l’épidémie en agissant à deux niveaux : celui de la prise en charge des personnes à risque et celui du traitement des individus infectés. » (1)

 

Bientôt des autotests

 

Traiter sans délai induit un dépistage précoce. Avec le temps, celui-ci est devenu beaucoup plus accessible. Outre les tests réalisés en laboratoire, des structures associatives proposent, depuis 2010, des tests d’orientation et de dépistage rapide (Trod), dont les résultats sont lisibles en trente minutes. Et en 2014, des autotests devraient être commercialisés, permettant ainsi d’atteindre des personnes qui ne se dépistent jamais. « S’il faut être prudent sur la façon dont ils seront interprétés, ces tests ont assurément le mérite de permettre aux personnes séropositives de se protéger et de protéger leur entourage », indique le Pr Molina.

 

Vincent Delfau (Tribune Santé)

 


(1) Les premiers résultats de l’essai Ipergay ne sont pas attendus avant 2016.

Quid du vaccin contre le VIH ?

Promesses, annonces… Le vaccin contre le sida est sans cesse repoussé. Question : existera-t-il un jour ? « La recherche continue de faire de grands progrès, mais il est très improbable qu’un vaccin voie le jour dans les cinq prochaines années », indique le Pr Molina. Pour l’heure, les travaux s’articulent autour de deux axes : les vaccins thérapeutique et préventif. Le premier « vise à renforcer les capacités du système immunitaire pour qu’il soit capable de se débarrasser du virus ». Quant au second, il cible un public plus large, qu’il mettrait à l’abri de la contamination. En théorie, du moins. « Il est à craindre qu’un tel traitement ne soit jamais aussi efficace que les autres vaccins préventifs existants. Le virus du sida est d’une variabilité extrême et, à ce titre, se modifie en permanence. Un tel vaccin ne pourra sans doute avoir qu’une efficacité partielle », prévient le Pr Molina. Le préservatif reste donc, selon son expression, « la pierre angulaire de la prévention ». Comme il y a trente ans.

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