Mon compte

Pas encore de compte ?  Créer un compte

Accueil > Actualités santé > Décès périnatal : prendre le temps de faire son deuil

Actualités santé

Décès périnatal : prendre le temps de faire son deuil

[ Publié le 27 décembre 2013 ]

La mort d'un bébé, avant ou au moment de sa naissance, est un événement très traumatisant pour les parents. Leur reconstruction demande d'autant plus de temps que, dans un tiers des cas, les médecins ne sont pas en mesure d'expliquer le décès. Dans ce cas, comment aider les familles à faire leur deuil ? Le point avec Ingrid Lacaze, psychologue au Réseau psychiatrie périnatale, à l'hôpital Charles Perrens de Bordeaux.

img-actu-deuil-perinatal-271213-psm

Avec 9,2 enfants "mort-nés" sur 1.000 grossesses, la France enregistre le taux de mortinatalité le plus élevé de l'Union européenne. Comment l'expliquer ? Quelle aide est proposée aux couples (pendant et après l'accouchement) pour traverser l'épreuve du deuil ?

30% de morts inexplicables
Le décès avant la naissance peut s'expliquer par une malformation congénitale, un retard de croissance du fœtus ou des troubles vasculaires contractés par la mère. Mais dans environ 30% des interruptions médicales de la grossesse (IMG), ou de mort fœtale intra utérine (MFIU), les médecins restent incapables d'en expliquer la cause. "Cette situation rend difficile l'accompagnement des parents", explique Ingrid Lacaze, psychologue au Réseau psychiatrie périnatale, à l'hôpital Charles Perrens de Bordeaux.

"Traumatisés psychologiquement, certains se comportent comme si leur enfant était encore vivant. Et sont parfois amenés à le chercher pendant plusieurs mois. Les avancées scientifiques, notamment en matière de Procréation médicalement assistée (PMA) confèrent à la médecine une illusion de toute puissance, qui ne permet pas d'envisager une mortalité infantile périnatale", poursuit la psychologue.

Atténuer l'état de choc
Selon le rapport Euro-Peristat 2013, un couple sur quatre éprouve des difficultés émotionnelles majeures dans les deux ans qui suivent la perte de l'enfant. Si le processus de deuil et le temps de la reconstruction dépendent de chacun, les stades caractéristiques du deuil, (le choc, le manque, l'abattement et la projection dans l'avenir), permettent aux soignants d'aider le couple.
Dans les semaines suivant le décès, des séances de partage (en couple ou collectives) peuvent être organisées au sein de l'hôpital. "Le suivi comprend en moyenne 12 à 16 consultations d'une heure chacune", indique Ingrid Lacaze.

Combattre les idées reçues
La psychologue tient toutefois à revenir sur certaines idées reçues qui persistent autour du deuil périnatal.

  • La perte de l'enfant est plus difficile si la grossesse est plus avancée.
    "Non, à partir du moment où un projet parental est envisagé par le couple, le désir d'enfant est là. Et ce quel que soit le terme de la grossesse" 
  • Ne pas voir l'enfant réduit le traumatisme.
    "La encore ce n'est pas tout à fait vrai. Cela peut paraître difficile mais voir l'enfant est une trace de plus dans le temps partagé avec lui. Les preuves de l'existence réelle du bébé facilite la séparation avec lui, le chemin du deuil. Concrétiser à la fois la grossesse et le décès constitue une étape indispensable pour se projeter dans l'avenir"
  • Faire un autre enfant rapidement aide à faire son deuil.
    "Même si la grossesse se déroule médicalement bien, elle vient réactiver le vécu traumatique. Un délai est d'ailleurs bénéfique avant d'envisager une nouvelle grossesse. Il faut laisser du temps s'écouler pour distinguer le deuil et le projet d'un autre enfant".

Sources : Rapport Euro-Peristat, 27 mai 2013. Article Elisabeth Glatigny Dallay, "Le deuil périnatal de l'enfant né sans vie", Annales Médico-Psychologiques 171 (2013) 182/188. Interview du Dr Ingrid Lacaze, psychologue au Réseau Psychiatrie Périnatale, à l'Hôpital Charles Perrens de Bordeaux - 4 décembre 2013.

(Destination santé ©)

>

Mots-clefs : Deuil , Grossesse

Avec votre code Mutuelle, accédez en plus aux blogs santé réservés

S'INFORMER