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Actualités santé

Une plainte contre le vaccin Gardasil®

[ Publié le 26 novembre 2013 ]

Une patiente française accuse le vaccin Gardasil® d'être à l'origine de sa maladie du système nerveux central. Le lien de cause à effet n'est pourtant pas établi par les études scientifiques.

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Attention, sujet brûlant. Une plainte a été déposée vendredi 22 novembre à Bordeaux par une patiente souffrant d'une affection du système nerveux central. Quelques semaines avant la survenue des premiers symptômes, elle a été vaccinée contre certains papillomavirus humain (HPV) par Gardasil®. Soutenue par un cabinet d'avocats, elle accuse le vaccin d'être à l'origine de sa maladie. Les scientifiques plaident en faveur d'une "coïncidence temporelle".

Un vaccin contre le cancer du col de l'utérus
Gardasil® est indiqué en prévention du cancer du col de l'utérus dû à certaines infections à papillomavirus humains (HPV) de type 6, 11, 16 et 18. Lesquelles sont responsables de la majorité des cancers du col de l'utérus. Commercialisé en France depuis 2007, il est désormais recommandé chez les jeunes filles de 11 à 14 ans. Jusqu'à l'an passé, il était indiqué à partir de 14 ans.

Maladie du système nerveux central
Dans le Journal du dimanche et le quotidien Sud-Ouest qui révèlent conjointement cette affaire, une jeune bordelaise de 18 ans, Océane Bourguignon, raconte avoir reçu une première dose de Gardasil® le 11 octobre 2010. Dans les mois qui ont suivi, elle a déclaré une maladie du système nerveux central. Trois ans après, le diagnostic n'est toujours pas posé. "C'est soit une sclérose en plaques (Sep) soit une encéphalomyélite", précise son avocat, maître Jean-Christophe Coubris. Quant à la plainte, elle vise le laboratoire Sanofi Pasteur MSD et l'Agence nationale de sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé (ANSM). De nouvelles pourraient suivre dans les jours qui viennent.

Pas de données scientifiques
La jeune femme s'appuie également sur une décision administrative, celle de la commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CRCI) de Bordeaux. Selon Sud-Ouest, elle a établi un "lien de causalité avec la première injection de Gardasil® et la survenue d'une réaction inflammatoire aiguë du système nerveux central". Les données scientifiques viennent-elles appuyer cette décision administrative ? La réponse prend la forme d'un grand non. "Quelques cas de maladies auto-immunes (démyélinisations aiguës centrales, arthrites et thrombopénies) ont été signalés dans les suites d'une vaccination, sans établir un lien de causalité", soulignent les représentants de l'Association française de pédiatrie ambulatoire (Afpa). Ils ajoutent : "l'expérience de pays comme l'Australie ayant vacciné leurs jeunes filles avec des couvertures vaccinales de plus de 80 % a confirmé l'excellente efficacité (dont un effet indirect bénéficiant aux garçons) et l'excellente tolérance de ces vaccins. Les Australiens ont décidé à la suite de ces résultats de vacciner aussi les garçons." Par ailleurs, le suivi de 189.629 femmes vaccinées en Californie entre 2006 et 2008 n'a identifié aucune association entre vaccination Gardasil® et maladie auto-immune.

Pas davantage de maladies auto-immunes
Pédiatre et président du Comité technique des vaccinations (CTV), le Pr Daniel Floret confirme : "en France, des études de pharmacovigilance ont été mises en place dès la commercialisation du vaccin en 2007. Elles montrent qu'il n'y a pas plus de maladies auto-immunes chez les vaccinées que chez les non-vaccinées." Dans ces conditions, comment expliquer le cas de la jeune bordelaise ? Le Pr Floret répond : "coïncidence temporelle à une période de la vie où se révèlent les maladies auto-immunes". Il ajoute : "une étude a montré que si l'on injectait un placebo à 100.000 adolescents, on aurait un cas de Sep, dans les huit semaines qui suivent la vaccination. Par le simple fait du hasard."

Sources : Interview du Pr Daniel Floret, 25 novembre 2013. Le Journal du dimanche, 24 novembre 2013. Sud-Ouest, 24 novembre 2013- The Pediatric Infectious Disease Journal, 2007. Suivi national des effets indésirables du vaccin papillomavirus humain Gardasil®. Commission nationale de pharmacovigilance 22 novembre 2011. Early effect of the HPV vaccination programme on cervical abnormalities in Victoria, Australia: an ecological study, Lancet.

(Destination santé ©)

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Mots-clefs : Cancer utérus , Médicament , Vaccin

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