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Actualités santé

Davantage de risques avec les nouveaux anticoagulants oraux

[ Publié le 24 septembre 2013 ]

Les médicaments anticoagulants oraux plus récents que les anti-vitamines K comporteraient un risque hémorragique plus important. Le Syndicat des jeunes biologistes libéraux tire la sonnette d'alarme.

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"Les Naco, le nouveau Mediator ?" Le Syndicat des jeunes biologistes libéraux (SJBM) a trouvé un titre choc pour alerter l'opinion sur les risques associés aux nouveaux anticoagulants oraux (Naco). Des risques, faut-il le préciser, jusque-là signalés par les autorités sanitaires, la Haute Autorité de santé (HAS) et l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

4.000 morts par an sous AVK
D'une manière générale, les anticoagulants sont des médicaments utilisés pour fluidifier le sang et prévenir la formation d'un caillot, diminuant notamment le risque d'accident vasculaire cérébral (AVC). Auparavant, les médecins ne disposaient que des anti-vitamines K (AVK), la vitamine K étant un facteur de coagulation. Ces médicaments ont largement démontré leur efficacité, mais ils sont extrêmement difficiles à manier. Et pour cause, chez un même patient, le niveau de coagulation peut varier d'un jour à l'autre dans des proportions importantes. Pour le surveiller, le patient doit une à deux fois par mois, se rendre dans un laboratoire d'analyse de biologie médicale pour une prise de sang. Faute de traitements parfaitement stabilisés, il est exposé à un risque hémorragique important : les accidents sous AVK viennent au premier rang des accidents iatrogènes, avec 13 % des hospitalisations pour effets indésirables médicamenteux, soit environ 17.000 hospitalisations par an. Et près de 4.000 morts !

Plus besoin de prises de sang
Dans ces conditions, l'arrivée de nouveaux anticoagulants plus simple à manier, n'exigeant pas de prises de sang régulières était attendue par les médecins comme par les patients. Actuellement trois molécules sont disponibles sur le marché : Eliquis® (apixaban), Pradaxa® (dabigatran étexilate) et Xarelto® (rivaroxaban). Elles sont particulièrement puissantes si bien que les autorités sanitaires ont progressivement restreint les indications et développé les recommandations d'usage.
Elles seraient toutefois confrontées à un excès de prescriptions hors-autorisation de mise sur le marché (AMM). Le 9 septembre dernier, dans une lettre aux professionnels de santé, l'ANSM rappelait que : "les signalements rapportés après la mise sur le marché de ces spécialités indiquent que tous les prescripteurs ne sont pas suffisamment informés de la prise en charge des risques hémorragiques. Telle que recommandée dans les résumés des caractéristiques du produit (RCP)."

Pas d'antidote en cas d'urgence
L'ANSM indiquait également qu'il n'existe pas d'antidote spécifique disponible pour ces trois molécules. Autrement dit, les médecins n'ont pas de produit qui permette de neutraliser l'effet anticoagulant en quelques heures. Par exemple chez un patient qui souffre d'une hémorragie (liée à une chute par exemple). Ou qui doit bénéficier d'une prise en charge chirurgicale en urgence. Avec les AVK, dans pareilles situations, l'antidote est tout simplement la vitamine K. Elle permet d'annuler l'effet anticoagulant en quelques heures. Pour toutes ces raisons, la HAS a rappelé fin août que "les AVK demeurent dans la plupart des cas le traitement de référence de la fibrillation. Et il n'existe à l'heure actuelle aucun argument pour remplacer un traitement par AVK efficace et bien toléré par un autre anticoagulant oral".
De son côté dans un rapport publié en juillet, l'Assurance maladie souligne que le "principe de précaution doit conduire à mieux encadrer la prescription de ces nouveaux médicaments (...). Il est nécessaire de s'engager en France dans une démarche de régulation de la prescription de ces produits". Lesquels sont de plus en plus prescrits.

Sources : Assurance maladie, juillet 2013. ANSM, septembre 2013, HAS, août 2013. Haute Autorité de santé, Synthèse des Recommandations professionnelles, avril 2008.

(Destination santé ©)

Mot-clef : Médicament

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