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Actualités santé

Véronique Séhier : « Les idées reçues sur la sexualité ont la vie dure »

[ Publié le 28 juin 2013 ]

L’adolescence est l’âge des premières expériences, et parfois des conduites à risques. Ce qui concerne aussi la sexualité. Véronique Séhier, co-présidente du Planning Familial, revient sur les comportements à risque des adolescents et sur les moyens de les prévenir.

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Quels sont les comportements à risques les plus fréquents chez les adolescents ?

Véronique Séhier : L’adolescence est une période de la vie caractérisée par des transformations, physiques et psychologiques, ce qui peut générer des angoisses, comme la peur de ne pas être normal. C’est pourquoi le groupe est si important : il a un côté rassurant, il représente une forme de solidarité. C’est aussi souvent le moment de prise de distance vis-à-vis des parents, de besoin de reconnaissance qui peut s’accompagner de prises de risques, de transgression, voire de passage à l’acte… tester son corps, ses limites ou les rapports non protégés en font partie.


Les idées reçues ont la vie dure : certains jeunes pensent à tord qu’il est impossible de d’être enceinte au premier rapport ou s’il n’y a pas pénétration (si si c’est possible !), que la pilule ou l’implant protège des IST ou du VIH-Sida.


Parfois, l’intention de se protéger se heurte à la difficulté de trouver des préservatifs ? à qui s’adresser ou que faire si l’on n’ose pas ? Il est possible de s’en procurer gratuitement dans les CPEF (Centres de Planification et d'Education Familiale), dans les centres de dépistage et dans les associations de lutte contre le VIH.Comment prendre une contraception si je suis mineure et que j’ai peur d’en parler aux parents ? Elle est gratuite et confidentielle en centres de planification !(1)

Et puis enfin, il n’est pas si simple de dire non, de peur qu’il ou elle me « largue » parce que « tout le monde l’a déjà fait »...  

Y a-t-il des moyens de prévenir les conduites dangereuses ?

Véronique Séhier : Il est essentiel de donner des informations claires et précises, de faire connaître les lieux et les personnes à même de rassurer et de déculpabiliser les jeunes. Des espaces de parole sur la sexualité sont indispensables. Selon la loi, chaque jeune devrait avoir bénéficié au cours de sa scolarité d’au moins trois séances par an d’éducation à la sexualité. Dans la réalité, on en est loin !

 

Mais l’information ne suffit pas, et c’est à une approche globale de la sexualité qu’il faut travailler. Filles et garçons sont confrontés aux normes qui régissent la sexualité et les rapports sociaux, à l’hégémonie de l’hétérosexualité, au contrôle de la sexualité des filles (certaines sont « bien » et d’autres « faciles »). Il est capital de déconstruire avec eux tous ces stéréotypes, et d’aborder les rôles du masculin et du féminin, la notion du choix et d’identifier les comportements sexistes (homophobes, lesbophobes…), encore trop banalisés.

 

Quelles sont les erreurs à éviter ?

Véronique Séhier : Les questions liées au sexe sont trop souvent abordées sous l’angle unique des risques (grossesse, IST, sida…). Or, il faut aussi en parler de façon positive, à travers la relation à l’autre, le plaisir. Mais surtout, il ne faut pas stigmatiser des comportements jugés à risques. Il y a un droit à l’erreur !

 

En réalité, la sexualité des adolescents reste un sujet tabou pour les adultes, qui ont du mal à la reconnaître. Notre responsabilité collective est de les aider à vivre une sexualité choisie, alliant bien-être et plaisir, au lieu d’édicter de nouvelles injonctions en matière de sexualité. D’autant que sans cette éducation à la sexualité, l’égalité entre les femmes et les hommes ne progressera pas.

 

(1) Toutes les adresses sont disponibles sur www.planning-familial.org

 

Propos recueillis par Cerise Maréchaud (Tribune Santé)

Le Planning Familial, plus de 50 ans d’écoute

Le Planning Familial (ou Mouvement Français pour le Planning Familial) a été créé en 1960, quand l’avortement était encore illégal. Son principe ? Considérer que la libre sexualité est un vecteur d’émancipation citoyenne. Le Planning Familial, qui défend le droit à l’éducation à la sexualité, à la contraception et à l’IVG, a pour objectif de combattre les risques (IST, sida…) et les violences, discriminations et inégalités liés à la sexualité. Réparti dans toute la France et les départements d’outre-mer (DOM) à travers 75 associations départementales, le Planning Familial et ses bénévoles proposent à plus de 750 000 personnes par an un espace de parole confidentiel, des consultations gratuites, de l’information et de l’accompagnement.

 

 

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