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Actualités santé

Corinne Audinet : "Les infections sexuellement transmissibles doivent être dépistées et traitées pour éviter toute complication"

[ Publié le 25 juin 2013 ]

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Chlamydioses, condylomes, herpès… On sait que le taux d’infections sexuellement transmissibles (IST) augmente en France depuis les années 1990, sans que les chiffres exacts ne soient toujours connus. Corinne Audinet, sage-femme et sexologue, décrit les plus fréquentes et rappelle les règles de base pour s'en protéger.

 



Quelles sont les infections sexuellement transmissibles (IST) les plus courantes ?

Corinne Audinet : Il existe une bonne trentaine d'IST. Les chlamydioses, ou infections à bactérie Chlamydiae, font partie des plus répandues. Elles concernent surtout les jeunes femmes. En 2006, les infections à Chlamydiae trachomatis touchaient plus de 3 % des Françaises de 18 à 24 ans, selon l’Institut national de veille sanitaire. Depuis le début des années 2000, ces infections sont en forte recrudescence. La blennoragie gonococcique ou "chaude-pisse" est une autre IST fréquente, également due à une bactérie appelée Neisseria gonorrhoeae. Cette infection peut toucher les hommes comme les femmes. On estime qu’elle est en forte augmentation puisqu'entre 2007 et 2010, le nombre moyen de gonocoques isolés par laboratoire a doublé.

Toutefois, les bactéries ne sont pas les seules responsables d'IST. Des virus tels que les papillomavirus sont également très répandus. On en entend souvent parler car ils peuvent être à l'origine du cancer du col de l'utérus, mais il faut savoir qu'ils provoquent aussi très couramment des lésions appelées "condylomes". L'herpès génital est par ailleurs une autre IST virale, qui évolue par poussées après la première infection.
Par ailleurs, le nombre de cas de syphilis, que l’on croyait presque disparue, augmente en France.

 

Quels sont les symptômes de ces IST ?

Corinne Audinet : Les IST les plus courantes ne sont pas les plus graves mais leurs manifestations sont à surveiller attentivement pour éviter toute complication.

La contamination par Chlamydiae passe souvent inaperçue et évolue lentement. Il se peut toutefois que 2 ou 3 semaines après l'infection, des brûlures ou un écoulement par le vagin, la verge, ou l'anus soit constaté. Une fièvre et des douleurs dans le bas-ventre peuvent aussi apparaître.

La blennoragie gonococcique ne provoque le plus souvent pas ou peu de symptômes. Elle peut toutefois entrainer des signes similaires à ceux d'une Chlamydia de deux à sept jours après la contamination. Chez l'homme elle peut provoquer une urétrite qui donne l'impression d'uriner des "lames de rasoirs". Ces infections ne sont pas à prendre à la légère puisque chlamydioses et blennoragies gonococciques non dépistées et non traitées peuvent entrainer à long terme une stérilité et des grossesses extra-utérines.

Quant aux papillomavirus, ils peuvent provoquer dans les 8 semaines après la contamination des sortes de petites verrues appelées condylomes sur les organes génitaux ou l'anus. Pas toujours visible, l’infection peut évoluer après plusieurs dizaines d’années en cancer du col de l'utérus.

L'herpès génital peut lui aussi rester silencieux durant plusieurs années après la contamination. Lorsqu’elles surviennent, ses poussées se présentent sous forme de petits boutons douloureux en bulles sur les organes génitaux, l'anus ou la bouche, et sont accompagnées de brûlures. Non traitées, les poussées d'herpès ont de fortes chances de récidiver. Lorsqu'une poussée intervient avant une naissance, l'équipe obstétricale s'oriente vers une césarienne afin d'éviter une contamination du bébé.
Enfin, toutes ces infections entrainent des douleurs lors des rapports sexuels.

 

Comment s’en prémunir ?

Corinne Audinet : Les IST se transmettant entre les partenaires au cours des rapports sexuels, la seule façon de s’en prémunir est le port du préservatif, et ce d'autant plus si la personne a plusieurs partenaires. Il permet aussi de se protéger du sida, pour lequel il n’existe pas de traitement définitif à ce jour. Par ailleurs, un vaccin existe contre plusieurs types de papillomavirus susceptibles de provoquer un cancer du col de l'utérus à long terme. Il est recommandé aux jeunes filles à partir de 11 et jusqu'à 25 ans, avant la vie sexuelle.

Pour les adultes en général, les IST n’étant pas toujours visibles, il est important de se faire dépister régulièrement. Chez les femmes, un suivi gynécologique régulier est indispensable (frottis cervico-vaginal). Et il ne faut pas hésiter à consulter le médecin traitant ou le gynécologue en cas de symptôme inhabituel touchant les organes génitaux. Les IST les plus courantes sont heureusement traitables et le plus souvent bénignes lorsqu'elles sont dépistées tôt.

 

 

Propos recueillis par Lucie Pehlivanian / ©Citizen Press.

 

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