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Actualités santé

Sida : les séropositifs qui s'ignorent, une épidémie cachée

[ Publié le 29 avril 2013 ]

De nombreux Français seraient atteints du sida sans le savoir et auraient besoin d'un traitement. Un meilleur accès au dépistage permettrait d'améliorer leur prise en charge.

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Actuellement en France, 30.000 personnes ignorent leur séropositivité au virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Une véritable "épidémie cachée", selon l'Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS) et un chiffre confirmé dans une étude réalisée par une équipe de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm, Paris) et de l'Université Pierre et Marie Curie (Paris).

Certaines populations davantage touchées
"Sur les 150.000 personnes qui vivent actuellement avec le VIH en France, environ 20 % ne savent pas qu'elles sont infectées", indique Virginie Supervie de l'unité "Epidémiologie, stratégies thérapeutiques et virologie clinique dans l'infection à VIH" U943 de l'Inserm et Université Pierre et Marie Curie, à Paris.
Les deux tiers sont des hommes. Mais la prévalence est nettement supérieure dans certaines populations. C'est le cas des hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes, pour lesquels elle s'élève à 288 pour 10.000. Parmi les usagers de drogues par voie intraveineuse, la prévalence est de 62 pour 10.000. Chez les hétérosexuels nés à l'étranger, le chiffre est de 36 pour 10.000. Quant aux hétérosexuels français, il chute à 3 pour 10.000.

Dépistage et traitement
Parmi les séropositifs ignorant leur condition, 59 % ont un nombre de lymphocytes CD4 inférieur à 500/mm3. Il s'agit des cellules du système immunitaires constituant la cible principale du VIH. Plus le chiffre est faible et plus la charge virale est élevée. "Par conséquent près de 6 personnes sur 10 victimes de cette épidémie cachée devraient dès à présent recevoir un traitement contre le VIH", estiment les auteurs. Sans antirétroviraux, ces séropositifs risquent de développer le sida et de mourir.
Par ailleurs, dans près de 30 % des cas, l'infection est récente, datant d'un an au maximum. Cette étude met en lumière l'intérêt de favoriser l'accès au dépistage par tous les moyens possibles et de multiplier les occasions de connaître son statut sérologique. "L'avis favorable donné récemment par le ministère de la Santé à la mise à disposition d'autotests de dépistage du VIH s'inscrit dans cette nécessité d'élargir les occasions de dépistage, en complément des dispositifs existants", se réjouit l'ANRS.

Source : ANRS, 24 avril 2013. Séminaire de recherche "Prévention et prise en charge du VIH/sida : vers des approches personnalisées ?", organisé par l'ANRS les 25 et 26 avril 2013, à Paris.

(Destination santé ©)

Mot-clef : VIH Sida

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