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Distilbène® : une étude donne la parole aux victimes

[ Publié le 12 mars 2013 ]

Les familles victimes du Distilbène®(DES), un médicament aujourd’hui interdit mais prescrit jusqu'à la fin des années 1970 aux femmes enceintes, doivent continuer à bénéficier d'un suivi médical approprié. Les recherches se poursuivent sur les effets de ce produit. Une étude vient d'être lancée par l’association Réseau D.E.S. France

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On les appelle les « mères DES ». Elles se sont vu prescrire du Distilbène® – appelé DES selon la dénomination commune internationale – pendant leur grossesse. Leurs enfants ont été baptisés “filles DES” et “fils DES”. Des dizaines de milliers de familles victimes sur plusieurs générations d'une erreur médicale de grande ampleur. Une étude lancée en mars 2013 devrait permettre d’en savoir plus sur les effets de ce médicament.

 Le DES est un œstrogène de synthèse découvert en 1938 par un médecin et chimiste anglais. En France, il a été commercialisé sous les marques Distilbène® et Stilboestrol-Borne® et prescrit à partir de 1948 aux femmes enceintes pour prévenir les fausses couches et d'autres complications de grossesse. “Le pic de prescription va de 1966 à 1972, précise le Pr Michel Tournaire, ancien chef de service à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, à Paris.

 

Augmentation inquiétante de cas de cancer

Malheureusement, le DES ne prévient nullement les fausses couches. Pire, il est même nocif pour les futures mamans et leurs enfants. En 1971, aux Etats-Unis, un lien est établi entre l'augmentation inquiétante de cas de cancers du vagin ou du col utérin chez des jeunes femmes âgées de 14 à 22 ans et leur exposition in utero au  DES. Les autorités sanitaires américaines déconseillent alors aux médecins de prescrire ce médicament aux femmes enceintes. Mais en France, il faudra attendre six ans avant que le DES soit contre-indiqué pendant la grossesse. On estime que dans l'Hexagone 160 000 bébés ont été exposés au DES dans le ventre de leur mère. Aujourd'hui, on sait que les femmes qui ont pris du DES pendant leur grossesse ont un risque un peu plus élevé de développer un cancer du sein plus tard. Les retentissements pour leurs filles sont encore plus importants : anomalies génitales, problèmes d'infertilité, grossesses extra-utérines, fausses couches, accouchements prématurés... Elles peuvent même être touchées par un adénocarcinome à cellules claires du vagin ou du col utérin, cancer particulier très rare cependant après 30 ans.

 

Une surveillance médicale appropriée

L’association Réseau D.E.S. France, qui a pour mission d’informer et de soutenir les victimes et de les faire bénéficier d'une surveillance médicale appropriée tout au long de leur vie, lance une étude pour connaître plus précisément les conséquences de l'exposition au DES pour les trois générations de victimes.

Il s'agit, entre autres, d'évaluer le risque de cancer du sein chez les “filles DES”. Aux Etats-Unis, une étude de 2006 a démontré qu'il était multiplié par deux. Cette augmentation n'a cependant pas été retrouvée dans une étude menée aux Pays-Bas en 2010. Les doses prescrites en France étaient clairement moins importantes qu'aux Etats-Unis, rassure le Pr Tournaire. Nous avons un espoir qu'il y ait moins de cancers du sein en France, mais ce n'est qu'un espoir. D'où l'intérêt de cette étude.”

Source : Sandra Jégu - France-Mutualité

Distilbène® Etude 3 générations: manifestez-vous !

 

L'association Réseau D.E.S. France lance une vaste étude financée par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et soutenue par la Mutualité Française. Il s'agit de collecter et d'analyser des autodéclarations des effets indésirables de l'exposition au DES sur trois générations. Toutes les familles victimes du DES sont appelées à répondre à un questionnaire anonyme par écrit ou en ligne.

L'association recherche également des femmes de 36 à 63 ans (nées entre 1950 et 77) non concernées par le DES pour constituer un groupe de comparaison.

 

Renseignements :

Site Internet : des-etude3generations.org

Tél. : 05 58 75 50 04

Adresse postale : Distilbène Etude 3 générations, 1052 rue de la Ferme de Carboué, 40000 Mont-de-Marsan.
Mots-clefs : Cancer , Grossesse , Médicament

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