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Actualités santé

Alain Tamborini : "La prescription de la pilule ne doit être ni banalisée, ni diabolisée"

[ Publié le 1 mars 2013 ]

En France, 60% des femmes sous contraception prennent la pilule. Une proportion importante alors que l’arsenal contraceptif disponible est très varié : stérilet, implant, préservatifs… Le Dr Alain Tamborini, gynécologue à l’Hôpital européen George Pompidou, nous explique pourquoi la pilule est autant prescrite en France.

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Comment expliquer que la pilule soit autant prescrite en France ?
Alain Tamborini
 – L’utilisation de la pilule est davantage ancrée dans la culture latine que dans les pays scandinaves ou anglo-saxons. En France, il s’agit du premier moyen de contraception chez les femmes de moins de 40 ans. D’ailleurs, la plupart des femmes qui souhaitent une contraception, demandent à leur médecin ou leur gynécologue de leur prescrire la pilule car elles veulent être sûre de leur moyen de contraception. Dans beaucoup de cas, ce sont aussi des femmes actives qui ne veulent pas être gênées par leurs règles. Elles apprécient le confort que la pilule leur procure dans leur vie intime.

 

Quels sont les avantages de la pilule ?
Alain Tamborini – Avec la pilule, une femme peut décider de la date de ses règles qui sont moins abondantes,  peu ou pas douloureuses et surviennent à dates fixes et prévisibles. Par ailleurs, l’action habituellement bénéfique de la pilule sur la peau est très appréciée, surtout des jeunes. Enfin, quand il est pris correctement, ce moyen de contraception est efficace à 100%. Mais attention, il faut garder à l’esprit que la pilule est un médicament, avec des indications, des contre-indications et des effets indésirables tels que des risques de phlébite et d’embolies pulmonaires. Ces risques sont faibles individuellement (de 2 à 4 cas pour 10.000 femmes, en fonction de la génération de la pilule) mais comme la pilule est très utilisée, nous devons être particulièrement vigilants et tout faire pour les éviter. La prescription de pilule nécessite une consultation médicale avec, en particulier, un interrogatoire recherchant des facteurs de risque vasculaire personnels et familiaux, un examen clinique et gynécologique complet et un bilan biologique. Cette contraception nécessite un suivi régulier et une surveillance, en particulier de la tension artérielle. Une douleur dans le mollet ou l’apparition soudaine de maux de tête doivent alerter. Enfin, après 35 ans, la pilule ne doit plus être prescrite chez une femme qui fume.

 

La pilule est-elle adaptée à toutes les femmes?
Alain Tamborini – Il n’existe pas de méthode contraceptive idéale car la contraception va évoluer tout au long de la vie d’une femme. C’est pour cela que nous disposons d’un vaste “arsenal contraceptif”. Pour choisir la meilleure contraception, il faut consulter son médecin et faire le point avec lui  sur ses envies, ses besoins, son activité sexuelle. Il est vrai que, dans la majorité des cas, le médecin propose une pilule de seconde génération en première intention, surtout aux jeunes femmes. Si elle est mal tolérée, des contraceptifs de troisième ou de quatrième génération pourront être envisagés. Leur prescription doit rester très limitée. Elle devra être justifiée et accompagnée d’une information sur leurs risques. Pour connaître la génération d’une pilule, il suffit de regarder le progestatif qu’elle contient : norgestrel ou levonorgestrel, pour les 2ème génération. Desogestel, gestodene ou drospirenone, pour les pilules dites de dernières générations. Par ailleurs, il existe d’autres solutions contraceptives. L’implant ou les pilules exclusivement progestatives qui n’ont pas les mêmes risques thromboemboliques que les pilules oestroprogestatives. Le stérilet, deuxième méthode contraceptive prescrite en France, est très utilisée par les femmes qui ont eu des enfants et après 40 ans, même s’il peut être posé à des jeunes femmes sans enfant.

Propos recueillis par Béatrice Bochet.

Mot-clef : Contraception

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