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Actualités santé

Laurent Karila : "Les jeunes boivent et fument de plus en plus tôt"

[ Publié le 18 février 2013 ]

Tabac, cannabis, alcool et, plus récemment, cocaïne, les jeunes sont très souvent tentés par de nouvelles expériences. Pour aider les parents à gérer cette période souvent délicate, Laurent Karila psychiatre et addictologue à Villejuif fait le point sur les risques encourus par les adolescents.

addiction

Quelles sont les substances addictives les plus importantes chez les jeunes ?

Laurent Karila : D’abord le tabac, puis l’alcool et enfin le cannabis. En ce qui concerne le cannabis (résine ou herbe), les Français figurent parmi les plus gros consommateurs d’Europe.>41,5% des jeunes de 17 ans en ont déjà fumé et 6,5% sont des fumeurs réguliers. Pour toutes ces substances, l’âge des premières expériences avance : 17-18 ans dans les années 70, 14-15 ans dans les années 90, 12-14 ans aujourd’hui.
Les modes de consommation évoluent aussi. Les adolescents d’aujourd’hui pratiquent, en groupe, le “binge drinking”, surtout entre 15 et 20 ans. Ils boivent beaucoup d’alcool en peu de temps de façon à être ivres le plus rapidement possible. Le risque de développer une dépendance à l’alcool est moindre mais il existe d’autres conséquences : coma éthylique, comportements dangereux, effets à long terme sur le cerveau… Enfin, la cocaïne, moins chère et plus facile à trouver qu'auparavant, a fait son apparition chez les lycéens entre 15 et 17 ans.

 

Comment expliquer que l’adolescence soit aussi propice à ces expériences ?

Laurent Karila : L’adolescence est la période des changements et des expériences. Il ne faut pas négliger l’effet de groupe. Les jeunes cherchent à être acceptés et font comme leurs amis.
Des raisons plus personnelles, psychologiques, entrent également en ligne de compte. S’il est mal dans sa peau, s’il a du mal à dormir, s’il n’a pas de repères, l’adolescent consommera ces substances pour se sentir mieux.
Les habitudes familiales permettent d’expliquer certaines pratiques. L’adolescent qui a toujours vu ses parents fumer du tabac ou du cannabis à la maison, n’aura pas la même approche de ces produits que celui dont les proches sont non consommateurs. Il en va de même pour le rapport à l’alcool : si la consommation reste occasionnelle à la maison, ou s’il y a du vin ou de la bière à chaque repas …
Enfin, il y a l’opportunité. Ainsi, la cocaïne est de plus en plus accessible aux lycéens, ils en consomment donc plus.

 

Comment les parents peuvent-ils prévenir ces comportements ?

Laurent Karila : De manière générale, les parents ne parlent pas de drogue avec leurs enfants. Ils engagent le dialogue uniquement quand ils constatent une baisse des résultats scolaires, un changement d’attitude ou des dépenses anormales. Néanmoins, ils peuvent tenter de prévenir certains comportements en commençant à évoquer le sujet vers 12/13 ans. Pas avant, car le jeune ne se sentira pas concerné. Au contraire, cela pourrait le rendre curieux et lui donner envie d’essayer. Les parents peuvent aborder le sujet en évoquant les risques physiques et psychiques des drogues, mais aussi l’impact sur leurs relations sociales. Par exemple, expliquer que fumer une cigarette n’est pas sans conséquences, est un argument qui fonctionne bien. Cependant, les messages passent globalement mieux hors du cadre de la famille. À l’école ou lors de réunion d’information ou de sensibilisation sur les conduites à risques par exemple.

 

Propos recueillis par Béatrice Bochet.


http://www.drogues-info-service.fr/?Cannabis,269

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