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Actualités santé

Les pilules contraceptives de 3ème génération. Qu'en est-il exactement ?

[ Publié le 21 janvier 2013 ]

A partir du 31 mars 2013, les pilules dites de 3ème génération seront déremboursées.

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Depuis l'annonce de ce déremboursement, les débats font rage entre les médecins qui défendent ce moyen de contraception et ceux qui sont favorables à leur déremboursement.

Mais que sont exactement ces pilules ? Quels sont leurs risques ? Quelles sont les alternatives ?
Laure Lechertier, Responsable du département Politique des produits de santé de la Mutualité Française répond en 7 questions.

 


Que sont les pilules de 3ème génération ?

Il existe aujourd'hui deux grandes catégories de pilules contraceptives :

  • les « minipilules » qui ne contiennent qu'un progestatif ;
  • les « combinées » ou « oestroprogestatives » qui contiennent une hormone oestrogénique, l'éthinylestradiol, associée à une hormone progestative.

Ces pilules « combinées » sont entre autre caractérisées par le dosage d'œstrogène et de progestatif.

Progressivement, des pilules combinées contenant un progestatif plus actif et des doses moindres d'éthinylestradiol ont été développées. Ceci explique le classement en trois générations.

Composants des pilules de la première à la troisième génération

Générations

Hormone Oestrogénique

Hormone progestative

1ère

éthinylestradiol

noréthistérone

2ème

éthinylestradiol

lévonorgestrel

ou norgestrel

3ème

éthinylestradiol

désogestrel,

ou gestodène

ou norgestimate

Le terme « génération » est utilisé pour différencier les pilules oestroprogestatives selon le progestatif qu'elles contiennent. Cette classification ne préjuge en rien des avantages ou inconvénients d'une « génération » par rapport aux autres.

Il n'existe aucune preuve scientifique ayant démontré une diminution des effets indésirables des pilules de 3ème génération par rapport aux 1ère et 2ème génération comme par exemple l'acné, la prise de poids, les nausées…

 

Pourquoi le gouvernement ne veut plus les rembourser ?

En juin 2012, la Commission de transparences de la Haute autorité de santé a réalisé, à la demande de la Direction générale de la santé, une nouvelle évaluation de ces pilules. Elle a conclu qu'elles présentaient un service médical rendu (SMR) insuffisant, du fait d'une part, du sur-risque d'événements thromboemboliques veineux et d'autre part de l'absence d'avantage en terme de tolérance par rapport aux contraceptifs de 1er et 2nde génération.

L'avis de la commission est donc défavorable au maintien du remboursement de ces pilules par l'assurance maladie.

En septembre 2012, la ministre de la santé, Marisol Touraine, a annoncé leur déremboursement en septembre 2013.

Depuis cette annonce 3 faits sont intervenus :

  • la Haute autorité de santé a publié une « fiche de Bon usage du médicament » qui préconise de « préférer les pilules de 1ere et 2nd génération » ;
  • une jeune femme a porté plainte contre le laboratoire Bayer suite à un AVC qui l'a laissée handicapée et qui serait dû à la pilule de 3ème génération qu'elle prenait ;
  • l'agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a publié une mise en garde à destination des médecins prescripteurs en leur demandant de privilégier les pilules de 1ere et 2nd génération.

Ainsi, le ministère a annoncé début janvier que le déremboursement interviendrait 6 mois plus tôt que prévu, soit le 31 mars.

 

Les pilules de 1ère et 2ème génération sont-elles remboursées ?

Oui, toutes les pilules oestroprogestatives de 1ère et 2ème génération sont prises en charge par la Sécurité sociale sur présentation au pharmacien de la prescription.

 

Qu'est ce qu'une thrombose veineuse ?

La thrombose veineuse, aussi appeléê phlébite, est une affection qui est due à la formation d'un caillot sanguin dans une veine ce qui entraîne un blocage partiel ou total de la circulation sanguine.

Elle apparaît le plus souvent dans une veine des jambes mais peut toucher toutes les veines, comme celles du bras ou du cerveau. Elle peut être superficielle ou profonde. Il est souvent impossible de déterminer une cause précise, mais rester immobile longtemps favorise son apparition.

Les symptômes de la thrombose sont une douleur dans la jambe et une rougeur.

La thrombose peut être suivie par une complication aiguë : l'embolie pulmonaire qui est un blocage total ou partiel du réseau des artères qui irriguent les poumons par un ou plusieurs caillot(s) de sang. En effet, la migration du caillot dans le réseau veineux va atteindre le cœur, puis le caillot sera éjecté dans l'artère pulmonaire suite à la contraction du cœur.

L'embolie pulmonaire est une urgence vitale car elle peut entrainer la mort par asphyxie.

Toutes les pilules oestroprogestatives présentent un risque thromboembolique, mais il est 2 fois plus élevé pour les pilules de 3è génération (3 à 4 pour 10 000 patients) que pour les pilules de 2ème génération (2 pour 10 000 patientes).

Le Docteur Hervé Gallois, cardiologue vous en dit plus dans un billet de blog : Que penser des pilules de 3e génération ?

 

Si c'est dangereux, pourquoi on ne retire tout simplement pas ces pilules du marché ?

La ministre de la santé à répondu a cette question lors d'une conférence le 11 janvier.

« Je rappelle que les pilules de 3ème et 4ème génération sont autorisées dans tous les pays […]. Je constate que, comme en France, les agences publiques de certains pays ont choisi de renforcer l'information sur les sur-risques liés à la prise de ces contraceptifs oraux et c'est donc la même démarche que celle qui est engagée ici.

Par ailleurs, il faut redire que certaines femmes ne supportent pas physiquement les pilules de 1ère et 2ème génération. Pour elles, il est donc nécessaire d'utiliser d'autres moyens contraceptifs, parmi lesquels peuvent figurer des pilules de 3ème et 4ème génération. […] Ces dernières sont des traitements de deuxième intention et doivent toujours faire l'objet d'une vérification d'éventuelles contre-indications : cette indication doit absolument être appliquée. » Pour lire l'intégralité de son discours, rendez-vous sur le site du ministère

Néanmoins, le déremboursement de ces pilules, qui intervient pour des raisons de santé publique, pose tout de même la question d'une réévaluation du rapport bénéfice/risque des pilules de 3ème génération. Dans quelle mesure est-on prêt à accepter un risque supplémentaire sans avantage associé, sachant qu'il existe des alternatives équivalentes en termes d'efficacité et de tolérance mais moins risquées ?

 

Comment savoir si ma pilule est concernée ?

Vous pourrez retrouver la liste de toutes les pilules classées selon leur génération sur le site de la Haute autorité de santé, dans le fiche de bon usage du médicament : contraceptifs oraux estroprogestatifs : préférez les «pilules» de 1re ou 2e génération

 

Que dois-je faire si je prends une pilule de 3ème génération ?

En cas de doute sur votre pilule, il est conseillé de voir votre médecin traitant, ou votre gynécologue, qui fera notamment le point sur vos facteurs de risques (tabagisme, anomalie de la coagulation, antécédents familiaux, âge…). Dans tous les cas, ne l'arrêtez pas sans avis médical, au risque d'une grossesse non désirée. Il existe suffisamment d'alternatives contraceptives efficaces pour trouver celle qui vous convient le mieux. Vous pourrez en savoir plus en lisant notre dossier sur les différents moyens de contraception.

 

Source :

Mot-clef : Contraception

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